Le maire du Canton d'Orford Jean-Pierre Adam, la directrice de CinéVue Vanessa-Tatjana Beerli et le comédien et Estrien d'adoption Rémy Girard ont assisté jeudi à une projection du Déclin de l'empire américain dans le cadre du festival CinéVue.

Souvenirs du Déclin avec Rémy Girard

Sans Le déclin de l'empire américain, non seulement l'acteur Rémy Girard aurait eu une carrière différente de celle qu'il a eue... mais peut-être qu'il n'habiterait pas non plus les Cantons-de-l'Est aujourd'hui.
Le long métrage avait en effet été filmé en bonne partie dans un décor estrien, sur les rives du Memphrémagog. « C'est de cette façon que j'ai découvert la région et je l'habite maintenant depuis 21 ans », mentionne le célèbre résident de North Hatley, qui assistait jeudi à une projection spéciale de l'oeuvre de Denys Arcand, au Cinéma Magog, pour la dernière journée de l'événement CinéVue.
« On savait en lisant le scénario que ça passait ou ça cassait, car le sujet était un peu délicat et que c'était un film très bavard. Mais jamais on ne s'attendait à ce qu'il ait cette portée sociale à travers le monde entier. Le film a été projeté dans 75 pays. Et moi, je dis toujours que, dans ma vie d'acteur, il y a l'avant et l'après du Déclin de l'empire américain », explique celui qui a multiplié les projets cinématographiques, télévisuels et théâtraux depuis 1986, année où le film culte de Denys Arcand a pris l'affiche pour la première fois.
« Le film a même été projeté six années continues dans un cinéma parisien », souligne Rémy Girard.
Le comédien n'a pas l'habitude de revisionner les films dans lesquels il joue. « Les fois où j'ai revu Le déclin se comptent sur les doigts d'une main. La dernière, c'était en 2011, pour les célébrations entourant le 25e anniversaire du film. Ça va me faire drôle de me revoir jeune. J'ai hâte de voir si le film a bien vieilli, mais je pense que oui, car le propos est toujours d'actualité », a expliqué Rémy Girard avant que les lumières se ferment.
Lorsque le comédien s'était revu dans son personnage de professeur d'histoire à l'université en 2011, il était critique de son jeu.
« On trouve toujours des choses à critiquer. Quand j'ai refait mon personnage dans Les invasions barbares, 17 ans plus tard, je l'ai abordé différemment, avec plus de maturité. C'est normal, on prend de la maturité dans la vie, mais aussi dans le jeu. Je crois qu'il y a plus de vérité aujourd'hui dans ma façon de jouer », relate celui qui a remporté le Prix Génie du meilleur acteur pour son rôle dans Les invasions barbares.
Ensemble mais seuls
Nommé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, Le déclin de l'empire américain comporte des scènes qui ont marqué Rémy Girard. « Celle de soir sur le quai de Georgeville, c'était magnifique. Et le plan-séquence de huit minutes dans la cuisine où les gars parlent de filles. Ce sont des scènes mémorables », confie le comédien qui aura 67 ans le 10 août.
Le maire d'Orford, présent pour la projection, se souvient de la première fois qu'il a vu le grand classique du cinéma québécois.
« D'abord le titre m'intriguait. On pensait tout de suite au déclin de l'Empire romain et on se demandait s'il y aurait une dimension politique. Finalement, on découvrait une dimension sociale très dense. On voyait des personnages à la fois ensemble et seuls. Je me suis dit que c'était peut-être ça, le déclin de l'empire américain : souffrir de solitude alors qu'on est de plus en plus de monde », explique Jean-Pierre Adam.
Au cours de cette deuxième édition de CinéVue, près de 30 films ont été projetés dans six lieux inusités de la région Memphrémagog, dont deux séances Ciné Playa à la pointe Merry, une séance Ciné Spa dans les bains du Spa Bolton, une séance Ciné Vino au vignoble d'Orford ainsi que trois au Cinéma Magog, dont le Ciné Personnalités de jeudi.
La directrice de CinéVue, Vanessa-Tatjana Beerli, est satisfaite du déroulement de l'événement et prédit qu'il y aura une troisième édition en 2018.