France Ménard était présente pour parler de sa compagnie France De Roy.

Sortir son art de l’atelier

France Ménard travaille l’impression végétale, ce qui n’est pas très commun. Considérant la complexité de son art, il est souvent nécessaire d’expliquer sa technique aux visiteurs du Salon des métiers d’art de l’Estrie, auquel elle participe depuis cinq ans déjà. Échanger avec les curieux, c’est justement sa partie préférée de l’événement.

« Les gens se promènent, ils regardent et disent que c’est des foulards, c’est de la peinture sur soie... on leur dit “ non, non, venez nous voir! ” On leur explique et les gens sont vraiment impressionnés, c’est plaisant de voir les réactions », souligne l’artiste qui habite le Canton de Hatley.

En fait, la coloration végétale existe depuis des milliers d’années et l’impression végétale a été développée par plusieurs artistes avec le temps, dont une Australienne qui a inspiré le travail de Mme Ménard.

« Elle, elle a vraiment fait des recherches. J’ai lu tous les articles et écrits qu’elle a faits. Ç’a été un coup de cœur. J’habite en campagne, je ne voulais pas utiliser des produits industriels qui pourraient endommager l’environnement. Je travaille avec la nature, je vais utiliser des plantes que je vais aller chercher dans mon jardin, ce sont toutes des plantes de la région. Avec la chaleur, je vais aller chercher les pigments des plantes qui vont laisser leurs empreintes sur les tissus. Je travaille avec le lin, la laine, la soie. Ce sont toutes des créations uniques et originales », exprime

L’artiste songe d’ailleurs à donner quelques ateliers d’introduction à cet art peu connu. Nombreux sont les curieux qui communiquent avec elle pour en savoir plus et ils pourront bientôt avoir des réponses et faire leurs propres morceaux. Il est possible de lui écrire au francederoy19@gmail.com.

Une autre belle édition

La directrice générale de la Corporation des métiers d’arts de l’Estrie, Lyne Montmeny, est satisfaite de ce 29e salon. Il est certain que la météo en ouverture de salon, mercredi dernier, a refroidi quelques visiteurs. Somme toute, quelque 6000 personnes sont venues visiter les 61 exposants.

« Le salon, c’est une tradition bien implantée dans la région, un salon de découvertes et de rencontres entre les créateurs et les visiteurs. Cette année, le salon mettait l’emphase sur la décoration intérieure. On a donc exploité le design intérieur, autant dans bois, le verre, le métal et les différents produits au salon », commente la directrice.

Le salon s’efforce aussi chaque année de présenter des créateurs nouveaux. C’est pourquoi le tiers des exposants de 2018 en était à une première participation.

« Pour beaucoup d’artistes, c’est le rendez-vous annuel, c’est important de présenter leur travail. C’est un salon chouchou. On essaie d’aller chercher le plus d’artistes originaux différents. Tous les artistes font des gestes millénaires avec la matière, mais réinventent les façons de faire et les matériaux, ils utilisent des techniques modernes », précise Mme Montmeny.

La moitié des exposants sont estriens. Les artisans venus d’ailleurs proposent des œuvres qu’on ne retrouve pas ici. 

Souci écolo

Mme Montmeny est elle-même artisane et travaille dans l’organisation du salon depuis 20 ans. Elle remarque un réel engouement pour l’achat local et l’utilisation de matériaux recyclés.

« Beaucoup de gens nous en parlent, les thématiques de cadeaux de Noël vont être par exemple d’acheter des objets de matières recyclées. Les gens sont soucieux d’acheter du fait main au Québec, on commence à avoir cette conscience-là de plus en plus. C’est quelque chose qui s’est développé au fil des années. Les visiteurs sont très respectueux, aiment comprendre, toucher et rencontrer les artistes », se réjouit-elle.

Il y aussi les artisans qui peuvent s’en réjouir, ce sujet alimente d’ailleurs leurs échanges avec les visiteurs.

« Les artistes ont toujours été des gens sensibles et soucieux de l’environnement, amoureux de leur matière, ils ne veulent pas la perdre. Les consommateurs recherchent ça, ils sont très heureux de voir le souci environnemental des artistes », termine la directrice générale.