Pour plusieurs, Simon Leblanc semble sorti de nulle part il y a trois ans.

Sorties culturelles de l’hiver 2018

D’aucuns — surtout ceux qui détestent la présente saison — s’en réjouiront : l’hiver 2018 en Estrie se passera surtout sous le signe du rire. Plusieurs humoristes, certains au long cours mais aussi plusieurs jeunes figures, viendront présenter leur nouveau bébé, patiemment rodé en 2017 (souvent dans la région). Ils et elles n’attendent que les foules pour les faire fondre. Au milieu de cette avalanche de rigolade, chanson, théâtre et danse réussissent quand même à se déblayer un espace pour prodiguer eux aussi leurs soirées calorifères. Malheureusement, plusieurs incontournables (Jean-Michel Anctil, Fred Pellerin, Bobby Bazini, Charlotte Cardin) affichent déjà complet (surveillez leur prochain passage), mais il reste suffisamment de bons morceaux pour s’offrir un hiver plein d’ardeur.

HUMOUR

Dominic et Martin
Vieux Clocher de Magog
10 février
Salle Maurice-O’Bready
17 février

C’est vrai : il y a beaucoup d’humoristes au Québec. Mais comptez le nombre de duos comiques... Vous ne dépasserez pas les doigts d’une main. Voilà pourquoi Dominic et Martin ont de quoi être fiers de leurs 25 ans de carrière, qu’ils soulignent avec leur cinquième spectacle, baptisé Juste Dominic et Martin parce que le tandem y livre une prestation à 100 pour cent stand up comic, en 90 minutes, sans entracte. Avec eux, se laisser rattraper par le quotidien est généralement drôle.

Martin Matte
Salle Maurice-O’Bready
3, 4 et 5 avril

Sept ans que Martin Matte n’avait pas foulé une scène, le temps de concrétiser ses Beaux malaises couronnés de succès. Gageons que cette nouvelle réussite dans le curriculum vitae de l’humoriste n’est pas étrangère à la folie qui s’empare des billetteries en ce moment (déjà 100 000 vendus avant même le début officiel de la tournée). Les thèmes annoncés (couple, famille, maladie, mort) ne sont pas forcément les plus joyeux au premier abord, mais l’humoriste a fait le pari d’arriver à en rire. Manifestement, la majorité n’en doute pas.

Simon Leblanc
Salle Maurice-O’Bready
13 et 14 avril

Pour plusieurs, Simon Leblanc semble sorti de nulle part il y a trois ans.

Pour plusieurs, Simon Leblanc semble sorti de nulle part il y a trois ans. Son année 2017, ce grand blond aux yeux bleus l’a passée à roder son nouveau spectacle, tout en poursuivant la tournée du premier, Tout court (qui n’est pas encore terminé, soit dit en passant). Aujourd’hui, l’Olivier de l’auteur de l’année est capable de s’offrir deux fois de suite les 1500 sièges du CCUS, déjà presque à guichets fermés. La clef de son succès : autodérision, gestuelles comiques, quelques moments en bas de la ceinture et une habileté à se dépêcher de rire des choses avant d’en pleurer. Le spectacle s’appelle Malade, mais Simon Leblanc y guérit tout le monde de ses petits maux.

Katherine Levac
Salle Maurice-O’Bready
20 avril

Même si elle est actuellement en rodage, Katherine Levac fait déjà salle comble partout où elle passe, dont six fois au Vieux Clocher de Magog depuis l’automne dernier.

Rarement a-t-on vu le public attendre aussi impatiemment une nouvelle artiste sur scène. Même si elle est actuellement en rodage, Katherine Levac fait déjà salle comble partout où elle passe, dont six fois au Vieux Clocher de Magog depuis l’automne dernier. Sans doute qu’elle sera le phénomène de l’hiver 2018, mais pour découvrir son Velours, il faudra vraisemblablement attendre son retour au Vieux Clocher pour cinq soirs en août prochain : au moment d’écrire ces lignes, il reste un seul siège vide pour la représentation du 20 avril. À qui la chance?

Louis-José Houde
Salle Maurice-O’Bready
27 et 28 avril

L’humoriste à la carrière de plus d’un million de spectateurs en salle vient nous faire l’éloge de la lenteur, mais aussi nous jaser de sujets sérieux comme l’homophobie, le racisme, la monoparentalité et le très actuel harcèlement sexuel, question de nous faire réfléchir et rire en même temps. À maintenant 40 ans, Louis-José Houde y va d’une prestation plus engagée, tout en demeureant le même vibrion attachant et presque adolescent, s’amusant à revisiter son enfance.

THÉÂTRE

Vu du pont
Salle Maurice-O’Bready
23 janvier

Paul Doucet, Maude Guérin et François Papineau dans une scène de Vu du pont.

La prestation de François Papineau dans ce célèbre texte d’Arthur Miller a été unanimement saluée en novembre dernier lors des représentations au Théâtre du Nouveau Monde. Secondé par Maude Guérin, Mylène St-Sauveur et Paul Doucet, Papineau y incarne Eddie Carbone, un débardeur italo-américain qui, dans le New York des années 1950, surprotège un peu trop sa nièce orpheline, surtout lorsqu’un cousin de son épouse, nouvellement immigré, tombe amoureux d’elle. Une pièce toujours d’actualité en cette époque où les migrants et l’accueil qu’on leur réserve fait la manchette.

La mort d’un commis voyageur
Salle Maurice-O’Bready
30 janvier

Éric Bruneau et Marc Messier dans La mort d’un commis voyageur.

À peu près tout le monde a sursauté en apprenant que Marc Messier, après 38 ans de Broue, enfilerait un rôle aussi immense (et difficile) que Willy Loman dans La mort d’un commis voyageur. Le pari semble avoir été relevé si l’on se fie aux supplémentaires ajoutées à Montréal et à la salle déjà bien garnie qui attend le spectacle à Sherbrooke. Louise Turcot, Éric Bruneau, Manuel Tadros, Robert Lalonde et Mikhaïl Ahooja complètent la distribution de cet autre classique d’Arthur Miller, traduit et mis en scène par Serge Denoncourt. Une histoire nous rappelant les forts mauvais côtés du rêve américain, sur lequel plusieurs se sont brisés.

Les fourberies de Scapin
Salle Maurice-O’Bready
28 février


Les personnages principaux des grands classiques de Molière représentent à la fois un rêve et un défi colossal pour tous les comédiens. Au tour maintenant d’André Robitaille de délaisser temporairement l’animation et la production pour renouer avec ses premières amours, le théâtre, par l’entremise d’un autre monstre du répertoire. Scapin est un repris de justice, menteur, escroc, intimidateur, mais aussi un des personnages les plus drôles dans l’œuvre du grand dramaturge français. Une performance sportive attend le comédien et ses principaux coéquipiers, dont font également partie Benoît Brière, Patrice Coquereau, Catherine Sénart et Marie-Ève Beaulieu. La mise en scène est signée Carl Béchard, un autre vieux singe à qui on n’apprend pas à faire la grimace.

CHANSON

Tire le coyote
Théâtre Granada
26 janvier


Désherbage, son plus récent album paru en septembre dernier, s’est retrouvé dans le palmarès des meilleures rondelles de 2017 dans l’opinion de plusieurs critiques musicaux. Le spectacle subséquent, qui a commencé à se promener avant Noël, a aussi obtenu l’aval de la presse culturelle. En plus, c’est un petit gars de chez nous, qui a grandi à Fleurimont. Le succès que remporte Benoît Pinette, alias Tire le coyote, est véritablement réjouissant : il est une autre preuve que le public est capable d’accueillir et d’apprécier bien plus que l’instantanéité radiophonique, qu’il s’agisse d’un folk souvent très terrien ou d’une voix dans la lignée de celles de Richard Desjardins et de Neil Young.

Dan Bigras
Vieux Clocher de Magog
9 février
Théâtre Granada
9 mars


Un spectacle avec Dan Bigras, c’est un rendez-vous avec l’âme. Celle de sa musique, assurément, mais aussi celle de l’homme, celui qui a réussi à transformer ses failles et ses blessures en sagesse et en altruisme. Son plus récent album, Le temps des seigneurs, a reçu un accueil chaleureux l’automne dernier, de même que sa biographie. Quant à son combat contre le cancer, il nous l’a rendu encore plus proche. Visiblement remis, le musicien s’amène avec une prestation qui revisite, en version multimédia, son quart de siècle de métier.


Pierre Lapointe
24 février
Théâtre Granada

En voici un autre dont la nouvelle galette s’est retrouvée dans la quintessence musicale de 2017, notamment à cause de l’audace d’avoir agrafé chanson et pop françaises sur une instrumentation classique. Sur scène? Nos antennes disent que dans les premières prestations, l’automne dernier, l’attirail de cordes a été ramené à un piano et un... marimba! Et il semble que cela fonctionne très bien, même pour les succès aînés se faufilant entre les chansons benjamines. Un spectacle qui tranchera certes avec l’éclatant Punkt, mais qui, justement, confirme cette capacité de Pierre Lapointe de se renouveler en tant qu’artiste. Sherbrooke sera la première prestation québécoise du chanteur après son retour de Paris.

DANSE

Dance Me, BJM Danse
17 avril
Salle Maurice-O’Bready


Chaque fois que BJM Danse passe par Sherbrooke, c’est un événement. Imaginez alors un spectacle entièrement inspiré par les chansons de Leonard Cohen... et en partie créé chez nous, parce que la troupe de 14 danseurs était en résidence au Théâtre Centennial l’automne dernier pour peaufiner l’œuvre. Oui, la salle est déjà presque pleine, ce qui n’arrive pas très souvent avec cette forme d’art. Trois chorégraphes se sont relayés pour cette prestation créée à l’occasion du 375e anniversaire de Montréal et faite de tableaux impressionnistes associés aux cycles de la vie et aux thèmes chers à Cohen. La critique, il est vrai, n’a pas aimé. Mais le public, lui, tellement!