Sonia Sarfati, porte-parole du volet jeunesse des Correspondances d’Eastman.

Sonia Sarfati : transmettre le goût des mots

« Je n’aime pas qu’on dise que les jeunes ne lisent plus parce que ce n’est pas vrai. Il faut peut-être simplement leur rappeler que la lecture est importante et souhaiter qu’ils aient un déclic pour un livre qui leur donnera le goût de répéter l’expérience. »

Avec ces quelques mots seulement, l’auteure Sonia Sarfati fait sans doute la preuve que Les Correspondances d’Eastman ont fort bien choisi la porte-parole du volet jeunesse de leur événement cette année. Non seulement celle-ci a-

t-elle publié plus de 20 romans jeunesse, mais elle connaît les jeunes et s’efforce de comprendre leur réalité.

« Mon fils lisait des mangas et je me questionnais sur ses habitudes en tant que lecteur, qui ne semblaient pas très convaincantes. Puis, un jour, j’ai parlé de ses lectures avec lui et j’ai saisi que les histoires des livres qu’ils aimaient étaient plus riches que je le pensais. Ça lui a apporté quelque chose que je n’aurais pas soupçonné », raconte Sonia Sarfati.

Et l’auteure va plus loin en affirmant que même les technologies numériques peuvent potentiellement favoriser le goût de la lecture chez certains jeunes. « Peut-être que des découvertes sont possibles à travers la tablette, par exemple. »

Les rencontres entre auteurs et jeunes lecteurs constituent également une façon de stimuler l’intérêt pour les livres chez les enfants et les adolescents, selon Sonia Sarfati.

« Je rencontre des groupes à l’occasion. Je leur parle de mon travail, de mes écrits quand j’étais jeune et plus encore. En me rencontrant moi ou en faisant la connaissance d’autres auteurs, ils s’aperçoivent que nous ne sommes pas des extra-terrestres et ça peut susciter un intérêt nouveau. On me dit en tout cas, du côté des bibliothécaires, que mes livres s’envolent après une rencontre avec un groupe. »

Malgré que différentes avenues existent pour faire émerger le goût des mots, Sonia Sarfati est consciente qu’on ne peut pas forcer quiconque à aimer les livres. Faire rimer lecture avec obligation n’est donc pas la meilleure idée, à en croire celle-ci.

Les Correspondances

Sonia Sarfati a accueilli la demande des Correspondances d’Eastman avec bonheur quand l’événement l’a invitée à devenir la porte-parole de son volet jeunesse.

« Je vais aux Correspondances depuis le début. J’ai déjà donné des ateliers dans la cadre de précédentes éditions de l’événement. C’est un bonheur et un honneur d’être la porte-parole du volet jeunesse, qui n’a pas cessé de grossir dans les dernières années », explique-t-elle, en précisant qu’elle possède une maison non loin d’Eastman.

Dans le cadre de l’édition 2019 des Correspondances, Sonia Sarfati offrira trois ateliers au sein de « l’espace jeunesse », dont un en compagnie de l’auteure Chloé Varin.

« Je vais aussi traîner avec les enfants dans le village pendant l’événement et je profiterai des activités offertes. La thématique choisie cette année, le ravissement, amène beaucoup de possibilités alors c’est prometteur », soutient-elle.

La Presse

Si elle s’est fait connaître grâce à ses œuvres jeunesse, Sonia Sarfati a également rejoint de très nombreux lecteurs à l’époque à laquelle elle travaillait pour le quotidien La Presse, à Montréal. Elle a toutefois cessé de travailler pour ce journal dans les dernières années.

« J’ai profité d’une offre de départ volontaire. Ayant été longtemps pigiste, j’ai toujours eu un goût assez prononcé pour la liberté et j’aime pouvoir diriger mon propre navire. J’avoue en plus que je trouvais que La Presse n’était plus la même qu’avant. Des gens me disaient que j’aurais un deuil à faire, mais je n’ai pas de regret malgré que je conserve plein d’amis dans ce journal. »

D’ailleurs, elle a d’autant moins regretté son départ que plusieurs « offres d’écriture et de chroniques » lui sont parvenues depuis l’annonce de sa décision. « Ça a été agréable de me sentir désirée. Je suis tellement occupée présentement qu’il me manque de temps pour écrire des romans », reconnaît-elle.

Ses projets

Au cours des derniers mois, cette ancienne employée de La Presse a supervisé la réalisation d’un collectif de nouvelles, intitulé On tue la une, qui sera publié bientôt. Une quinzaine d’auteurs ont participé à ce projet.

« D’anciens collègues comme Serge Chapleau, Marc Cassivi et Michèle Ouimet ont fait comme moi et ont préparé une nouvelle pour ce livre. Il fallait que chaque histoire inclue un crime assez important pouvant justifier qu’on modifie le journal du lendemain. Ça peut sembler s’adresser seulement aux gens du milieu des médias, mais des personnes qui n’appartiennent pas à celui-ci l’ont lu et ont aimé », précise-t-elle.

Par ailleurs, elle confie avoir entrepris la rédaction d’un récit biographique pour Les Éditions La Presse, mais elle s’abstient de dévoiler qui sera au cœur de cet ouvrage.

Et pour ceux qui rêvent de la voir pondre un roman pour adultes, tout laisse croire que vous devrez vous armer de patience. Elle avoue en effet avoir « peut-être une histoire pour adultes en tête, une comédie noire avec Hollywood en toile de fond ». Mais elle ne donne aucun indice quant au moment où elle pourrait la coucher sur le papier et la publier.