La foule compacte qui a assisté au spectacle des Barr Brothers jeudi au Sherblues & Folk a été transportée par la prestation du groupe, qui a livré des oeuvres aux sonorités tantôt enveloppantes, tantôt groovy.

Soirée planante au Sherblues

Il y a un peu plus d'une semaine, ils étaient au Festival de jazz à Montréal; jeudi, ils se produisaient dans la capitale estrienne. Les Barr Brothers ont définitivement enflammé la rue Wellington de leur musique décontractée.
La soirée d'hier a transporté le centre-ville de Sherbrooke à travers les époques.
Des classiques du blues aux sonorités folk plus actuelles, les groupes ont fait vibrer les festivaliers d'un bout à l'autre de la Wellington aux pulsations des guitares, des basses et des battements de la batterie.
La première partie du spectacle offert sur la grande scène a été occupée par le très français Bertrand Belin. Encouragés par les applaudissements, les membres du groupe Barr Brothers ont ensuite fait leur entrée sur scène.
Composé des frères Brad et Andrew Barr et de la harpiste Sarah Pagé, le groupe qui s'est formé à Montréal par des rencontres fortuites est de retour de ce côté de l'Atlantique depuis peu pour offrir aux publics canadiens et américains les titres de leur nouvel album. Accompagnés pour l'occasion de trois autres musiciens, Jo Grass, Mishka Stein et du pianiste-organiste Parker, l'ensemble musical a offert une prestation à la hauteur des attentes du public.
Naviguant entre deux eaux, les instrumentistes ont donné à la foule un spectacle composé d'oeuvres passant d'un style musical enveloppant aux sonsgroovy qu'on leur connaît. Ça n'a pas pris plus de deux ou trois pièces musicales avant que les gens se mettent à taper des pieds et se trémousser au rythme de leurs titres enivrants.
À la Pink Floyd
Les Barr Brothers ont littéralement transporté la foule dans une intimité collective, lui faisant vivre des moments dignes d'un voyage interstellaire.
Rappelant parfois des consonances à la Pink Floyd, le groupe a joué des pièces bien de sa signature jusqu'à la finale où il a offert au public un grand classique, soit Shine On You Crazy Diamond du groupe mythique. Plus que généreux, les membres du groupe se sont entretenus tout au long du spectacle avec la foule et ont offert une performance de près de deux heures.
Le chanteur, Brad Barr, s'est d'ailleurs adressé en français à la foule en lui disant à quel point ils étaient tous enchantés d'être là. « Nous sommes très honorés d'être invités à Sherbrooke pour le Sherblues », a-t-il lancé bien amicalement à ceux qui étaient venus en grand nombre pour le spectacle.
Les gens qui s'étaient déplacés dans le quartier un peu plus tôt ont aussi pu entendre la formation toute sherbrookoise Future Blues Band, qui ouvrait la soirée à l'amphithéâtre du Carré-Strathcona, devant l'hôtel de ville, avec des classiques du début du mouvement blues aux années 50. La voix feutrée de la chanteuse, Eleanor Gang, et les rythmes acoustiques des quatre hommes qui l'entouraient, a fait voyager le public jusque dans les tavernes enfumées des temps westerns.
Les amateurs de musique blues se sont ensuite déplacés jusqu'au coeur de la rue emblématique pour y faire la découverte de Dan Livingstone & The Griffintown Jug Addicts. La formation des quatre hommes a offert une prestation plus animée. Le banjo omniprésent et les voix masculines ont baigné le Café Bla-Bla, qui était plein à craquer, de résonnances Bluegrass entraînantes.
Comme quoi le blues n'offre pas que des mélodies qui battent au rythme de la nostalgie.