Bersan Karasayili et ses camarades de 6e année de l’école Notre-Dame-du-Rosaire on présenté mardi les slams qu’ils ont créé dans leurs classes. David Goudreault, qui a également donné des ateliers aux élèves, était présent pour animer le spectacle.

Slamer la fin de l’année

Depuis un mois, ils apprennent à manipuler les vers, les rimes et les figures pour en faire émerger leur voix, leur soi. Mardi, les élèves de 6e année de l’école Notre-Dame-du-Rosaire ont fait résonner leurs slams entre les murs de l’établissement qu’ils laisseront bientôt derrière.

Les classes de David Bessette et de Janique Arsenault sont passées à un autre niveau d’exploration de la poésie. Leurs élèves n’ont pu qu’éveiller leur curiosité, avec les nombreux exercices insérés dans leur curriculum ainsi qu’avec leur participation à plusieurs ateliers du poète, écrivain et slameur David Goudreault.

« On va très loin quand les profs prennent les choses en main et s’approprient la poésie comme ça », se réjouit David Goudreault.

L’artiste des mots était d’ailleurs présent pour animer l’événement et saluer le talent des jeunes auteurs, qui se produisaient devant une partie de l’école ainsi que quelques parents.

« Leurs textes sont vraiment percutants, ils ont un beau style et une belle plume, je me suis dit que ce serait bien de leur donner une tribune », raconte M. Bessette.

Pour marquer la fin de l’année en beauté, les élèves ont appris à s’exprimer, en paroles et en gestes, sur des sujets qu’ils ont eux-mêmes choisis.

« Ça devient plus festif tout à coup, dit David Goudreault. On écrit quelque chose et là on le met en lumière, ça rend la poésie attrayante, lumineuse. »  

Ils ont partagé des textes sur les examens, l’alzheimer, le racisme, le terrorisme, peu importe ce qui leur parlait. L’un d’entre eux s’est même prononcé sur les régimes politiques, tandis qu’un autre a décidé de dresser des parallèles entre les jeux vidéo et la réalité.

« La poésie, c’est la pensée, c’est les mots, mais c’est aussi la façon d’habiter le poème », leur a dit David Goudreault.

Ils ont greffé des gestes à leurs mots, rythmé leur texte et ajusté leur débit au fil de leur performance. Certains sont montés sur scène à deux, synchronisant certains passages afin d’en accentuer le message.

Faire briller la poésie  

Les élèves Zachary Drouin et Noaly Gariépy ont effectivement confié que l’excitation n’était pas immédiate. « Avant, je n’aimais pas la poésie, mais maintenant oui. J’ai trouvé l’inspiration », dit Zachary. Il a présenté un texte sur la Première Guerre mondiale, un sujet qu’il connaît bien.

Noaly, elle, a beaucoup aimé voir les œuvres évoluer vers le slam. « Quand David Goudreault est venu nous voir, ça m’a vraiment aidée. Il nous a aidés à jouer avec notre hauteur de voix, par exemple parler plus fort quand c’est plus important, ou parler doucement quand on veut que le public porte plus attention. »

M. Bessette, qui s’implique énormément dans cette mise en valeur de la poésie auprès des élèves, tentait la formule spectacle pour la première fois. « On veut donner hâte aux jeunes d’arriver en 6e année et de faire de la poésie! » dit-il.

Peu à peu, l’image de « la poésie à l’eau de rose » s’est donc estompée dans sa classe pour laisser place au plaisir de transgresser les règles d’écriture habituelles.

« Ils aiment tous sur la poésie maintenant, autant en écrire qu’en écouter, et ils sont plus conscients qu’il y en a dans leur quotidien », avance-t-il.