Le ShazamFest a été un franc succès une fois de plus cette année, de la programmation endiablée au nombre élevé de festivaliers qui s’y sont déplacés de jeudi à dimanche.

SHAZAMFEST : Royaume de l'extravagance

Plus populaire que jamais à sa 13e année d’existence, le ShazamFest, festival vaudeville numéro un en province, en a mis plein la vue à ses invités une fois de plus avec son dynamisme incessant et son ambiance inégalée.

La foule qui s’agglomérait samedi devant la scène principale à Barnston-Ouest, où un groupe indie performait des chansons punk avec l’attitude des grandes stars de l’industrie, était hétéroclite. Un jeune, qui devait avoir neuf ans tout au plus, zigzaguait à vélo entre les festivaliers de tous âges costumés pour aller voir les cracheurs de feu en action.  

Telle est la nature déjantée du ShazamFest, un festival grandiose malgré son site intime isolé de la civilisation, qui célèbre des disciplines artistiques marginales méconnues du grand public comme le burlesque, la lutte et le monde tordu du freakshow.

Une multitude de spectacles étaient présentés sur les différentes scènes aménagées sur la ferme des parents du fondateur Ziv Przytyk, entourées de plusieurs kiosques offrant des produits artisanaux et du terroir aux festivaliers. Un forgeron s’adonnait d’ailleurs à son labeur, provoquant des réactions intenses sur les visages des enfants qui constituaient son public.

Meilleur d’année en année

Rencontré au beau milieu du village de tentes qu’est l’aire de camping, Marc-André a confié qu’il descendait de Montréal pour participer au ShazamFest depuis maintenant sept ans.

« C’est une date que j’appréhende chaque année. J’ai le sourire chaque fois que je tourne ma page de calendrier au mois de juillet! », s’est-il exclamé. « C’est vraiment un festival super qui rassemble les amateurs de vaudeville d’un peu partout dans le Nord-Est. Chaque année, on rencontre des Américains, des Ontariens, des gens qui viennent de loin au Québec, et des amitiés se forment. »

Malgré sa nature extravagante, la création de M. Przytyk est un événement familial. En plus de pouvoir s’amuser comme des fous sur la rampe de planche à roulettes aménagée expressément pour eux, les jeunes sont invités à profiter des attractions ambiantes.

« Depuis que nos enfants sont assez vieux, on les amène passer la fin de semaine avec nous », raconte Annie, une festivalière dans la jeune quarantaine. « Ils ont bien du plaisir avec les autres jeunes et ils se sont même fait quelques amis qu’ils ont gardés depuis. La nature familiale du festival nous permet de revenir chaque année, ce qui est vraiment génial. »

Élixir

L’organisme estrien Élixir, qui œuvre dans le domaine de l’intervention en milieu festivalier, opère un kiosque sur le site du festival depuis deux ans. En plus de donner de l’information et de faire de la sensibilisation, l’organisme distribue du matériel de prévention et de consommation aux festivaliers dans le but de réduire les méfaits associés à la promiscuité sexuelle ainsi qu’à la consommation de stupéfiants.

« Notre but est d’encadrer la consommation, d’alcool comme de drogue, des festivaliers », explique la directrice d’Élixir Julie-Soleil Meeson. « On s’est promenés partout en Estrie pour cibler les besoins dans les milieux festifs. Notre but n’est pas d’empêcher les gens de s’adonner à leurs plaisirs festivaliers, mais bien d’encadrer leurs pratiques pour essayer de rendre cela le plus sécuritaire possible. »

Leur présence en milieu festivalier est d’autant plus importante depuis que la consommation et les plaisirs sexuels ne sont plus des sujets aussi tabous qu’autrefois, selon Nicolas Perron-Trudel, un autre gestionnaire d’Élixir.

« Les gens se méfient moins de notre présence et se cachent moins pour consommer que par le passé, ce qui nous ouvre la porte pour mieux les encadrer », dit-il. « On a la chance d’avoir deux infirmiers qui travaillent avec nous sur le site au ShazamFest, ce qui nous permet de nous concentrer sur l’encadrement et la prévention plutôt que de mélanger ça avec les premiers soins, qu’on donne aussi sur place. »

La chanteuse du groupe Leave the City a bien résumé l’essence du festival durant son spectacle, déclarant fièrement que « le ShazamFest, c’est vraiment une place d’amour et de partage. C’est vous, les individus qui constituent la foule que j’ai devant moi, qui font que cet événement est aussi spécial. C’est nous, le ShazamFest! »