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Santé mentale et jeunes: à cœur ouvert
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Santé mentale et jeunes: à cœur ouvert
Les tabous qui entourent la santé mentale sont encore nombreux, en particulier quand il s’agit des jeunes. Les 20 capsules de Parfaitement imparfait, diffusées sur Ici tou.tv dès le début de la relâche scolaire, s’avèrent de précieux témoignages, à un moment opportun. Les journalistes de vos six quotidiens coopératifs ont discuté avec des jeunes et des personnalités qui ont eu le courage d’en parler publi­quement pour le bien commun.
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Marie-Soleil Dion perce la bulle des tabous

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Marie-Soleil Dion perce la bulle des tabous

Mario Boulianne, directeur de l'information
Mario Boulianne, directeur de l'information
Le Droit
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Un jour, espère la comédienne Marie-Soleil Dion, la santé mentale aura autant de ressources que la santé physique.

C’est le souhait qu’elle fait dans le cadre de la websérie Parfaitement imparfait

Invitée à dévoiler au grand jour ses troubles de santé mentale, Mario-Soleil fait bien plus que ça. Elle porte un regard allumé et très lucide sur ce que les gens qui souffrent de maladies mentales vivent tous les jours.

«L’anxiété, les troubles alimentaires et l’automutilation touchent de plus en plus de jeunes au Québec, explique-t-elle. Ce n’est pas rien. Il faut en parler, il faut aller chercher de l’aide, mais encore faut-il que les ressources soient accessibles.»

Ce constat est également partagé par son binôme, Amanda, qui a été jumelée à la comédienne pour les besoins de l’émission. Cette jeune femme de 23 ans vit avec des troubles d’hyperanxiété qui ont été dévastateurs pour elle.

«Je vis bien maintenant avec mon état, mais ça n’a pas toujours été le cas, confie-t-elle. Ç’a été un dur combat pour moi et aussi pour mes proches, car ce sont eux qui, les premiers, ont subi le contrecoup de ma condition, puisqu’ils sont les premières ressources que nous avons à notre portée.»

Tout au long de la série produite par MC2 Communication Média, des personnalités sont jumelées à des jeunes vivant avec des troubles de santé mentale. Les personnalités choisies ont aussi vécu les mêmes écueils dans leur vie.

Pour Marie-Soleil Dion, c’est au cégep que se sont révélés ses troubles d’anxiété, à peu près les mêmes vécus par Amanda.

«Il faut se débarrasser de ces façons de penser qui s’incrustent, par peur et par incompréhension, autour de la santé mentale», exprime Amanda en entrevue.

Marie-Soleil Dion parle ouvertement de ses problèmes de santé mentale dans la websérie <em>Parfaitement imparfait.</em>

Des obstacles

La websérie met donc en relief tous les obstacles que doivent surmonter les jeunes qui souffrent de troubles de santé mentale, mais aussi de la recherche de solutions.

«Ce qui m’intéressait le plus dans cette série, c’est qu’elle s’adresse directement aux jeunes afin de trouver des solutions ensemble, ajoute Marie-Soleil. Il faut tenter de normaliser le plus possible ces troubles pour enlever la couche de honte et de tabous qui entoure tous ces problèmes-là.»

Selon les statistiques récentes, au Québec, un jeune sur cinq souffre d’un trouble de santé mentale et on estime qu’une personne sur quatre va vivre un épisode d’anxiété intense au courant de sa vie. 

«Ces chiffres font peur, mais ils sont aussi très révélateurs, ajoute Marie-Soleil. C’est un wake-up call. Il faut offrir plus de ressources en santé mentale pour que, justement, ceux et celles qui en souffrent et qui demandent de l’aide reçoivent les traitements adéquats dans des délais raisonnables. Si un jeune appelle à l’aide et que rien ne se passe, on vient de le perdre.»

Soulignons que 50 % des maladies mentales se déclarent avant l’âge de 14 ans et 75 % avant l’âge de 22 ans. 

Parmi les troubles les plus courants, on compte l’hyperanxiété qui touche 25 % des filles de 12 à 14 ans, les troubles alimentaires qui représentent la troisième maladie mentale la plus fréquente chez les jeunes et l’automutilation qui affecte 10 à 20 % des jeunes au Canada.

Hadrien Bédard: «On n’est pas de moins bonnes personnes»

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Hadrien Bédard: «On n’est pas de moins bonnes personnes»

Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est
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Granby — Hadrien Bédard était en voyage humanitaire en France lorsque la production de Parfaitement imparfait l’a contacté pour l’inviter à participer à la websérie. Bien que surpris, le jeune homme a accepté sans hésiter. Parce qu’on peut faire son chemin sans complexe, malgré un TDAH, assure-t-il.

«J’ai eu beaucoup de difficultés durant mon enfance et mon adolescence. À cause de mon hyperactivité, c’était difficile pour moi de rester tranquille. J’étais dans ma tête. Et j’ai développé une sorte de complexe à cause de ma différence. Je ressentais un stress de performance immense. Je pensais que j’étais seul à vivre ça et c’était assez souffrant. Je veux dire aux jeunes comme moi que c’est correct et qu’on n’est pas de moins bonnes personnes. Si j’avais entendu quelqu’un m’en parler quand j’étais plus jeune, ça m’aurait fait beaucoup de bien», laisse entendre le Granbyen de 20 ans.

Selon lui, c’est une présentation orale qu’il avait offerte à l’époque du secondaire qui aurait attiré l’attention de la production. «Je ne m’attendais pas à ça», dit-il, encore étonné de l’invitation.

En apprenant qu’il allait être jumelé à l’humoriste Rosalie Vaillancourt, qui souffre d’un trouble de déficit de l’attention (TDA), Hadrien a eu l’impression que le «mariage» était parfait.

«Je trouvais qu’elle avait une énergie semblable à la mienne. On est tous les deux très actifs et on a peu d’inhibitions. Ç’a tout de suite cliqué. C’était la première fois que je rencontrais une personnalité publique, mais je me suis vite senti à l’aise avec elle», dit-il.

Tourné sur deux jours, l’épisode d’une dizaine de minutes se veut léger et ludique, sans se complaire dans la noirceur. Les échanges entre Rosalie et Hadrien sont libres et sans tabous, à l’image de toute la série. On constate rapidement qu’ils partagent plusieurs points communs. «Elle oublie des choses, elle est authentique, elle a aussi vécu un peu de rejet. On se rejoignait là-dedans.»


« Je ne suis pas l’exemple parfait, mais mon vécu peut peut-être aider des gens à tracer leur propre chemin, sans se préoccuper du jugement des autres. »
Hadrien

Devant la caméra, ils ont jasé de leur condition, de médication, échangé quelques confidences, blagué et participé à une course de karting endiablée.

«C’était tellement naturel que la conversation coulait bien. C’était cool. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi compétitive que moi!» rigole-t-il.

Inspiration

Cette rencontre a été pour lui une source d’inspiration. «Rosalie est simple et intègre. Elle ne m’a jamais regardé de haut, malgré son statut d’humoriste connue. De voir qu’elle a réussi malgré ses troubles, c’est très motivant.»

Aujourd’hui, Hadrien semble avoir trouvé sa voie. À l’emploi d’un magasin de chaussures, ce grand sportif dit se sentir «à sa place», en y accomplissant des tâches variées, en bougeant, en côtoyant la mode et en comblant sa nature sociable.

«Je ne suis pas l’exemple parfait, mais mon vécu peut peut-être aider des gens à tracer leur propre chemin, sans se préoccuper du jugement des autres.»

L’épisode mettant en vedette Hadrien et Rosalie sera disponible gratuitement en ligne, comme les 19 autres, sur ICI TOU.TV dès le mardi 2 mars.

Alice Morel-Michaud: vivre avec un trouble d’anxiété généralisée

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Alice Morel-Michaud: vivre avec un trouble d’anxiété généralisée

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
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Discuter ouvertement de son anxiété, d’une crise de panique ou de ses visites chez le psychologue est quelque chose de tout à fait normal pour Alice Morel-Michaud. Que ce soit en entrevue, sur les réseaux sociaux ou dans la vie, l’actrice de 22 ans préfère être transparente et honnête envers son public, «parce qu’il n’y a rien de honteux là-dedans».

Participer à Parfaitement imparfait était donc naturel pour la comédienne. 

«Pourquoi je cacherais ça? Tous ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent que j’ai un trouble anxieux. […] Ça peut peut-être donner espoir à certains jeunes. Moi, au tout début, je me disais que ma vie serait définie par mon anxiété», explique Alice, qui assure aujourd’hui maintenir un quotidien équilibré entre son travail, son amoureux, ses amis et sa famille.

L’actrice, que le public a déjà rencontrée dans Aurore, Frisson des collines, Kaboum, Destinées et plus récemment L’heure bleue, a beaucoup apprécié le tournage de sa capsule pour laquelle elle a d’ailleurs été jumelée à Alicia, une jeune danseuse souffrant également d’anxiété généralisée. 

Dans l’épisode, les deux femmes discutent de leur «expérience similaire» au cour d’un atelier de poterie, puis autour d’un café. Une «conversation tout à fait naturelle» lors de laquelle Alicia se confie notamment sur ses crises de panique et la honte, puis les idées noires qui en ont découlé. 

Si Alice nomme elle aussi les impacts négatifs de l’anxiété sur son quotidien, elle témoigne également d’astuces qui l’ont aidé à accepter sa condition et à mieux la gérer. Leur solution commune? Leur passion pour l’art. 

Expliquer ce qu’est l’anxiété, dédramatiser et normaliser le phénomène, Alice en a donc fait son cheval de bataille : «Je pense qu’il faut briser des tabous. Il faut montrer que plein de gens vivent avec [des troubles de santé mentale]. Ça peut être quelqu’un que tu croises au secondaire autant qu’un comédien à la télé.»

L’anxiété, la dépression ou n’importe quels troubles doivent devenir des sujets de conversation normaux, «sans que ce soit lourd, intense ou épeurant», estime l’actrice.

Une question de société

Des séries comme Parfaitement imparfait sont «la preuve qu’on est sur la bonne voie» et que nous avons collectivement «briser certaines barrières», croit celle qui a fait très tôt son entrée dans le paysage artistique québécois.

Mais Alice se demande toutefois «pourquoi il y a autant de jeunes qui font de l’anxiété».

Pour elle, la productivité, la pression de réussir, la rapidité à laquelle nous devons vivre, la performance et les réseaux sociaux sont certainement des pistes de réflexion. 

«On doit changer certaines choses à grandes échelles.»

Devant les propos de certains individus qui affirment que «les jeunes sont plus mous et plus faibles qu’avant», Alice déplore le double discours. 

«Je peux garantir que les gens ne font pas ça pour le fun ou pour avoir de l’attention. […] On ne tiendrait jamais des propos comme ceux-là en parlant d’une maladie plus physique comme le cancer», insiste la jeune femme.

Alicia Lavoie : «Il faut accepter»

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Alicia Lavoie : «Il faut accepter»

Kim Alarie
Kim Alarie
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Alicia Lavoie a 18 ans mais la jeune femme a le discours plus sage que son âge pourrait le laisser supposer. L’étudiante en sciences de la nature est atteinte d’anxiété généralisée, une condition qui l’a même menée à avoir des idées noires en plein cœur de l’adolescence. C’est avec beaucoup d’aplomb et de douceur qu’elle raconte son histoire dans la websérie Parfaitement imparfait où elle a pu jaser, et faire de la poterie, avec la comédienne Alice Morel-Michaud, qui vit également avec l’anxiété.

«En secondaire 1, ma mère et moi on se chicanait beaucoup et on a décidé d’aller voir une psy pour comprendre ce qui se passait. Finalement, j’ai réalisé que c’était peut-être moi le problème. J’avais beaucoup de misère à gérer mes émotions et ma mère ne comprenait pas pourquoi je réagissais de cette façon face à certaines petites choses», raconte calmement la jeune femme au bout du fil. «Quand tu commences à consulter, tu n’apprends pas toujours des bonnes nouvelles. Toutes les rencontres, tu réalises que ce que tu fais ce n’est pas correct et que tu souffres de telle chose et qu’il faut que tu ailles voir un autre médecin. Finalement, c’est plus gros que tu pensais…»

Puis, est arrivé le fond du baril alors que la résidente de Sainte-Julie avait 15 ans. «Honnêtement, je ne m’en suis pas vraiment rendu compte parce que tu es tellement là-dedans que tu finis par te convaincre que c’est correct et qu’il n’y a pas de problème. C’est quand j’ai commencé à avoir de plus en plus d’idées noires que j’ai vraiment capoté! Je me demandais pourquoi je pensais à ça! J’avais une bonne vie, des parents qui m’aiment, je m’entends bien avec mes frères, j’avais des amis. À part ma maladie mentale… Il y en a qui vivent des affaires pire que moi et ils sont positifs!»

«J’avais un rendez-vous d’urgence avec ma psychiatre et ils m’ont sortie du bureau assez vite. Quand ils m’ont fait revenir 30 minutes plus tard, ils signaient les papiers pour que je rentre à l’hôpital. J’étais abasourdie… Mon père pleurait… Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. C’était une grosse expérience mais je le referais demain matin : aller à l’hôpital, c’est ça qui m’a aidée. C’est ce qu’il me fallait pour accepter et comprendre ce que je faisais de pas correct, comment je me traitais moi-même et surtout comment faire pour mieux me traiter.»

Son séjour a duré un mois et demi. «Ils m’ont mis en confrontation avec toutes mes peurs. Ils me faisaient faire ça à tous les jours, alors je les haïssais!», rigole-t-elle avec le recul. Quand est venu le temps de sortir, les défis étaient nombreux mais elle se sentait mieux outillée pour y faire face. «J’ai toujours voulu montrer que j’étais forte mais après un mois et demi, les gens commencent à se poser des questions et il faut que tu l’acceptes et que tu le dises. Cette période était bizarre, tu viens de sortir, il y a à peine un mois et demi tu voulais mourir et là tu vas bien mais tu as peur de retomber facilement parce que tu te retrouves seule», raconte-t-elle, en ajoutant qu’elle a toujours pu compter sur le soutien indéfectible de sa famille et de ses amis. «Il faut accepter. Même si tu en veux à d’autres personnes, ça ne changera jamais. Ça ne vaut pas la peine d’en vouloir, tu es mieux d’accepter et de te concentrer sur les choses que tu peux faire pour t’aider.»

L’anxiété fait partie de sa vie mais maintenant elle sait comment y faire face. «Parfois, ça prend quelques minutes et tu es en grosse crise. Quand ça arrive, il faut comprendre que ça va augmenter. Il ne faut pas t’en vouloir et accepter que ça se peut que tu aies une mauvaise journée et que cette journée-là va être moins le fun et qu’il faut que tu la vives quand même. Durant cette journée, tu vas faire des petites choses et tu vas moins sortir de ta zone de confort sinon, ça devient intolérable.»

P-A Méthot et Nicolas: à une génération de distance, le même chemin

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P-A Méthot et Nicolas: à une génération de distance, le même chemin

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Quand P-A Méthot a rencontré Nicolas, son partenaire dans la série télévisée Parfaitement imparfait, il a constaté qu’au pays de la bipolarité, l’écart entre les générations n’existe pas. Lui qui pourrait être son père a été frappé de voir à quel point les expériences de l’un et de l’autre étaient similaires.

« C’était extraordinaire ! Chaque fois qu’il me racontait de quoi, je disais : “Moi aussi”. Et inversement, ça l’a rassuré de voir un gars de 47 ans qui a une vie super normale, tandis que moi, je me suis revu à 22 ans. C’est le moment où je commençais à l’échapper », a relaté l’humoriste, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Le premier obstacle fut à la fois culturel et scientifique. Vivant à Chandler, en Gaspésie, le jeune Paul-André ne savait pas à quoi rimait la succession de highs et de downs qui balisaient son existence. Il réalisait toutefois que dans son milieu, trouble de santé mentale rimait avec folie : « On disait : “T’es fou, tu vas aller au san”, en parlant du sanatorium Ross de Gaspé ».

Pendant dix ans, il s’est posé plein de questions, « mais pas les bonnes ». Croyant que le problème trouvait sa source dans l’enfance, comme le suggérait Freud, il a accablé son paternel. L’idée qu’il pouvait être homosexuel est aussi apparue comme une explication crédible, jusqu’à ce que la réalité reprenne le dessus.

On devine que le diagnostic a été vécu comme une libération, même si le pire était à venir. Quand la médication a produit ses premiers effets tangibles, un autre piège s’est ouvert devant lui. « Souvent, après six mois, les bipolaires se sentent invincibles. Ils se croient guéris et arrêtent tout. Et là, c’est rough, assure P-A Méthot. Je l’ai vécu deux fois et c’était pire que les anciens downs. Une drop épouvantable. Un mois à vouloir mourir. »

Sauvé par l’amour de ses parents, de ses amis, il s’est également accroché à son rêve de faire carrière en humour. La progression a été lente. Le succès n’est venu qu’à l’âge de 40 ans, ce qui fut une bonne chose, au final. « Avant ça, je n’aurais pas survécu. Je serais parti sur une baloune de fou », laisse-t-il échapper au détour de la conversation.

La franchise rugueuse de P-A Méthot peut sembler confondante, à une époque où tout est si policé. Or, cette attitude est liée à une forme d’éthique. Parler de son état lui fait du bien, mais pas question d’arrondir les coins. « Sur scène aussi, j’ai ce devoir de transparence, explique l’humoriste. Je peux partir dix minutes sur l’idée que j’ai failli mourir. Je me dis que si des gens s’inspirent de moi, il ne faut pas que je sois dans le fake. »

Et puis, il y a les sources de contentement, qui sont nombreuses. La réconciliation avec son père, qui leur a fait vivre 12 belles années ensemble. La vie tranquille en marge du métier, jumelée avec la capacité de l’apprécier. L’échange avec des gens comme Nicolas, qui lui apportent autant que lui peut leur donner. La somme de tous ces bonheurs, c’est un homme que même une pandémie n’a pu déstabiliser.

« J’avais des économies et je me suis mis en mode vacances. Je me suis occupé de ma famille et aussi de mes collègues qui vont moins bien. Pour plusieurs, c’est épouvantable », s’émeut P-A Méthot. Il maintient également le contact avec Nicolas, dont l’avenir lui inspire confiance : « S’il fait les choses comme il le faut, il sait que ça va bien aller, son affaire. »

Antoine Desrochers: parler pour avoir le plus de solutions possible

Arts

Antoine Desrochers: parler pour avoir le plus de solutions possible

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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« Ce qui en ressort, c’est qu’on a le droit d’en parler, qu’il faut dédramatiser le sujet », explique Antoine Desrochers à propos de la nouvelle série documentaire Parfaitement imparfait diffusée sur Ici tou.tv à partir du 2 mars, pour briser les tabous sur la santé mentale des jeunes.

Jumelé lui aussi avec un jeune afin qu’ils discutent ensemble de leur trouble commun de santé mentale, l’acteur de 24 ans, qui souffre d’anxiété, a fait la connaissance de Nathan, qui souffre du même problème.

« C’est vraiment un trouble qui vient de la tête, c’est la roue qui tourne, tourne… et qui grossit de plus en plus en tournant ! J’ai vraiment été touché de voir qu’il vivait ça lui aussi », raconte-t-il.

Conscient de son trouble, il explique avoir rapidement essayé de le gérer, notamment grâce à une routine faite de sport, de méditation et de yoga. « Mais une des solutions les plus concrètes que j’ai trouvées pour gérer mon anxiété, c’est d’avoir un contact avec la nature. »

Il invite d’ailleurs quiconque avec un trouble de santé mentale à faire de même en cas de crise. « S’assoir dos à un arbre et attendre de voir ce qu’il va se passer… Dans mon cas, chaque fois, ma crise s’est transformée. » 

Dans le cas de Nathan, l’anxiété a ouvert la porte à des troubles alimentaires. « Il m’a fait réaliser concrètement les dangers de l’anxiété, que j’ai réussi à éviter grâce à mon entourage, à mes habitudes de vie et aux solutions que j’ai mises très tôt en pratique pour gérer ce problème », explique Antoine Desrochers.

Agir... en attendant le gouvernement

Antoine Desrochers pense qu’il n’y a rien à gagner de taire le sujet de la santé mentale. « Je crois que chaque personne vit des enjeux de santé mentale et chaque personne trouve des solutions très personnelles pour les gérer. Ouvrir la conversation, ça permet d’échanger des solutions. C’est une des clefs du bien-être : avoir le plus de solutions possible. »

Il plaide pour que davantage de ressources publiques soient attribuées pour aider les personnes avec des troubles de santé mentale. « Mais est-ce que je vais attendre que le gouvernement le fasse pour changer ma vie? Non. Je pense qu’on a le pouvoir de changer nos vies et d’améliorer nos problèmes mentaux, au-delà de l’attente qu’un programme soit offert ». 

Membre de la distribution du film La déesse des mouches à feu, lequel vient de reprendre l’affiche, Antoine Desrochers sera également visible lors d’une campagne d’affichage visant à encourager les jeunes, en collaboration avec Tel-jeunes. Les intervenants professionnels de cet organisme sont à l’écoute des jeunes, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, quel que soit le sujet qui les touchent.