Majoritairement présenté à guichets fermés tout au long de sa tournée, le spectacle «Au pic pis à ‘ pelle» de Sam Breton faisait halte au Vieux Clocher de Magog vendredi soir. L’humoriste, découverte de l’année aux derniers Olivier, a vite conquis les quelque 400 personnes qui remplissaient la salle. Il y sera de retour du 7 au 11 juillet prochain.
Majoritairement présenté à guichets fermés tout au long de sa tournée, le spectacle «Au pic pis à ‘ pelle» de Sam Breton faisait halte au Vieux Clocher de Magog vendredi soir. L’humoriste, découverte de l’année aux derniers Olivier, a vite conquis les quelque 400 personnes qui remplissaient la salle. Il y sera de retour du 7 au 11 juillet prochain.

Sam Breton : un conteur si proche

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
CRITIQUE / On comprend assez vite pourquoi presque 400 personnes ont fait fi de la tempête de neige vendredi pour ne pas rater leur rendez-vous avec Sam Breton. De même qu’on saisit rapidement les raisons pour lesquelles l’humoriste de 30 ans a décroché l’Olivier de la découverte de l’année. Ce gars-là, grâce à ses talents de conteur, son habileté à manier l’ironie et sa langue pas châtiée du tout, réussit à créer une proximité en claquant des doigts.

Résultat : les 90 minutes de son premier spectacle solo, « Au pic pis à ‘pelle », livrées sans entracte dans un souffle impressionnant, s’écoulent sans qu’on les voie passer. Et le plus étonnant, c’est qu’il n’y a pas eu vraiment de gros coups d’éclats ni de fous rires interminables. La force de Sam Breton semble être de surfer sur une vague constante. On ne s’est pas claqué sur les cuisses, mais on ne regrette aucunement sa soirée.

La façon dont l’humoriste a construit son spectacle est probablement pour beaucoup dans la réussite de cette prestation : quatre ou cinq histoires plus longues, séparées de moments plus près du stand up comic. L’artiste au verbe souvent supersonique nous prouve ainsi qu’il possède aussi bien le talent pour tenir un public en haleine que pour le surprendre avec des blagues chargées à bloc.

Ajoutez à ça plusieurs épices et originalités qui lui permettent de mettre sa couleur propre : les horreurs qu’il largue sur un ton innocent, un génial recours au mime (depuis combien de temps n’avait-on pas vu ça chez un humoriste?) dans son récit d’une fête de Noël, le beau flash de parler des mécanismes d’un spectacle d’humour pour mettre la salle dans le coup, par exemple expliquer ce qu’est une transition… pour justifier l’absence de transition!

Et, n’ayons pas peur de le dire, il y a dans cette soirée plusieurs blasphèmes bien placés, qui n’ont jamais l’air forcés, mais installent plutôt la personnalité de ce mec racontant des énormités de la même façon qu’il résumerait sa journée de travail.

À MAGOGNE

Très heureux de se retrouver sur la scène du Vieux Clocher de « Magogne », tutoyant son auditoire dès son entrée en scène, Sam Breton fera d’abord rire par le récit de son choc de rural se retrouvant à la ville. Mais très vite, sa manifeste habileté à raconter une histoire nous ramènera à Laurier-Station, dans le fond d’un rang où vit sa mère, ou dans l’entreprise de remorquage de son père, pour que des anecdotes d’apparence banale prennent une ampleur insoupçonnée et abracadabrante.

Le plus bel exemple est probablement la fin du spectacle, où le simple récit d’une irrépressible envie d’uriner de sa conjointe en plein embouteillage sur l’autoroute 20 prendra des allures épiques. Oui, Breton recourt parfois à la scatologie, mais il ne le fait pas plus que d’autres.

« Au pic pis à ‘pelle » n’est pas dépourvu de propos éditorial pour autant. À preuve ce passage où l’humoriste déplore le tabou et le manque de sensibilisation entourant la problématique du suicide. De ce sujet délicat, il arrive à parler sans choquer, preuve qu’il y a une belle profondeur derrière le personnage de scène.