Les 75 billets disponibles pour la discussion devant public de Clémence DesRochers se sont envolés très rapidement.

Salon du livre de l'Estrie : Clémence la chouchou

Qu’est-ce qu’on fait quand on est première de classe en composition et qu’on réussit à faire rire le personnel dans la cour d’école dès son plus jeune âge? On s’en fait une carrière.

C’est du moins la route qu’a choisie Clémence DesRochers. L’écrivaine, humoriste, chanteuse et actrice était de passage au Musée des beaux-arts de Sherbrooke dimanche pour une discussion devant public dans le cadre du Salon du livre de l’Estrie. Les 75 billets disponibles se sont rapidement envolés, et la foule était dense dans la salle où est présentée une exposition rétrospective sur la carrière de Clémence.

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« J’ai fait de ces deux forces – l’écriture et le pouvoir de faire rire les sœurs – une carrière », a-t-elle expliqué, sourire en coin.

Il le fallait bien, parce que son amour de la liberté la destinait peu à un travail comme celui d’institutrice, qu’elle a brièvement occupé. « J’ai enseigné à 37 petits garçons, et c’était le bordel. J’ai fini par leur dire : faites donc ce que vous voulez! » a-t-elle lancé.

Fidèle à son habitude, Mme DesRochers a déclenché des rires dans l’assistance tout au long de l’entretien, imitant l’accent du conservatoire d’art dramatique et racontant des anecdotes de jeunesse.

Mais comme sa carrière le montre, la femme de 84 ans est beaucoup plus que comique. « Dès le départ, je voulais faire un spectacle où il y aurait de la poésie et des rires, comme on est dans la vraie vie », souligne-t-elle. « J’ai un fond de tristesse en moi, qui m’accompagne souvent. C’est un cadeau de mon père Alfred », ajoute-t-elle.

Les années qui passent n’ont pas empêché l’écrivaine de réciter par cœur des vers écrits il y a des décennies, et le public a applaudi de façon bien sentie l’artiste originaire de Sherbrooke à plusieurs reprises.

Année record pour le Salon

La rencontre avec Clémence DesRochers, animée par l’écrivaine Francine Ruel, faisait partie de la programmation « hors murs » du Salon du livre de l’Estrie.

Ce sont 16 069 personnes qui sont passées au Centre de foires pour le Salon du livre entre jeudi et dimanche, ce qui en fait une édition record – l’an passé, 15 316 personnes s’y étaient donné rendez-vous.

Les activités au centre-ville, dans les écoles, CPE et bibliothèques auront pour leur part rejoint 3540 participants, par rapport à 3132 l’an dernier.

Il faut dire que l’organisation avait mis le paquet pour la programmation en cette 40e édition. « Toute l’équipe et la directrice de la programmation Marie-Ève Cardin ont vraiment travaillé fort », rapporte la directrice générale du Salon, Émilie Pinard.

« On voulait donner une portée philosophique à notre programmation, parce qu’on avait [l’essayiste] Normand Baillargeon comme porte-parole et président d’honneur. Mais on voulait aussi que ce soit accessible. Ça représente énormément de travail, il y avait plus d’une centaine d’activités en salon et une quinzaine hors les murs, au centre-ville, en plus des activités dans les écoles et les CPE. C’est tout un an de travail qui nous a menés à ce 40e », résume-t-elle.

En plus du public, les éditeurs ont répondu à l’appel de l’organisation, ainsi que les auteurs, qui ont été nombreux à venir à la rencontre de leurs lecteurs et à proposer des séances de dédicaces.

« L’achalandage était très bien. On représentait 23 éditeurs, et on était très heureux de la participation des auteurs », souligne Étienne Caza, directeur général de la Biblairie GGC. « Les livres, on peut les retrouver en librairie à l’année; les auteurs sont vraiment le moteur du Salon du livre qui fait en sorte que les gens viennent les rencontrer. La présence d’auteurs québécois et de la région fait en sorte que cette 40e édition a vraiment été un succès. »

Pour son 40e anniversaire, le Salon du livre de l’Estrie aura eu droit à une édition record. Ce sont 16 069 personnes qui sont passées au Centre de foires, et 3540 qui ont participé aux activités « hors murs ».