Roman Zavada

Roman Zavada, pianiste du silence

Le pianiste-compositeur Roman Zavada se produira sous les étoiles au parc Chartier de Coaticook, vendredi prochain, dans le cadre de la projection en plein air d'un des chefs-d'oeuvre du cinéma muet, Le général, de Buster Keaton. Un ciné-concert magique et rare, puisqu'il existe très peu d'accompagnateurs de films muets au Québec et dans le monde, un métier que cet artiste a appris à la Cinémathèque québécoise où il est l'un des deux seuls pianistes en résidence.
«Lorsque j'accompagne des films, c'est très exigeant pour la concentration, car je suis toujours à l'affût de ce qui se passe dans le film, que ce soit le mouvement, le rapprochement de caméra, le jeu des acteurs. Il faut être attentif à tous les détails. Et même si je connais bien le film, ça reste une trame improvisée, précise-t-il. Je ne sais jamais comment je commence et encore moins comment je termine. Lorsque j'accompagne un film, je suis sur scène, mais l'attention est portée à l'écran. Mais c'est aussi une bonne façon de me faire découvrir en tant qu'artiste.»
Avec cette tournée estivale, Roman Zavada espère faire découvrir ou redécouvrir un géant du cinéma muet, l'acteur et réalisateur Buster Keaton. «C'est un de ses meilleurs films, sinon son meilleur film. Dans 200 ans, on va encore parler de ce film-là. C'est vraiment impressionnant ce qu'il pouvait faire sur le plan de la réalisation et de ses cascades. Il a risqué sa vie à plusieurs reprises en tournant ses propres films.»
Résonances boréales
Né d'une mère québécoise et d'un père ukrainien, Roman Zavada a fait ses premiers pas en musique assis au piano sur les genoux de sa mère pianiste. Il a quatre ans lorsqu'il crée sa première composition, Le lion blanc. Musicien autodidacte, il fait très tôt le choix de tracer son propre chemin en empruntant parfois des sentiers pour le moins inusités.
«L'an dernier, j'ai installé un piano dans la forêt de Yellowknife pour y improviser sur les aurores boréales, un peu comme je le fais pour les films muets, sauf qu'il n'y a pas d'histoire, c'est l'abstraction totale. Je travaille présentement là-dessus dans le but d'en faire un album et un spectacle pour 2015.»
Il fait d'ailleurs le souhait de revenir à Coaticook, dans une salle, afin de partager avec son nouveau public coaticookois son expérience nordique dans un spectacle à mi-chemin entre la musique classique et contemporaine.
Entre-temps, on peut entrapercevoir la beauté étrange de cet artiste au piano improvisant sur fond de ciel mouvant à travers quelques vidéos mises en ligne sur son site web à www.rz.mu. Composant de nuit en plein coeur de la forêt, par une température oscillant autour des 5°C, l'artiste a profité du cycle naturel de 11 ans des aurores boréales afin de maximiser sa présence. «Sur 14 nuits, j'ai eu droit à neuf nuits avec des aurores boréales, c'était magnifique!»
À défaut de pouvoir assister à la représentation du 18 juillet à Coaticook, il vous faudra attendre jusqu'au 26 septembre à Acton Vale avant de le revoir en région, puisque sa tournée l'amènera aux quatre coins du Québec. Les gens sont invités à apporter leur chaise de parterre. En cas de pluie, la projection se tiendra au Pavillon des arts et de la culture de Coaticook.
VOUS VOULEZ Y ALLER
Ciné-concert Le général
Roman Zavada
Vendredi, à 21 h
Parc Chartier, Coaticook