Alexandre Craigh, Étienne Beaulieu, Gabriel L’Heureux et Paolo Philpot de Cherry Chérie.

Rock’n’roll « rétro-trash-bonbon »

Depuis ses débuts, il y a sept ans, Cherry Chérie a enraciné sa signature dans le « rock’n’roll rétro-trash-bonbon », un style musical très personnel largement inspiré des années 1950 et 1960. Avec son plus récent album, Adieu Veracruz (lancé il y a moins d’une semaine), le quatuor montréalais nage encore dans les mêmes eaux rythmiques, mais il a un brin délaissé le côté givré du projet.

« C’est-à-dire qu’on s’éloigne un peu du bonbon sucré avec ce disque-là, si on regarde les thèmes abordés. Peut-être en raison de notre vision désenchantée du milieu musical. On a choisi le titre du CD en référence à Veracruz, ville du Mexique qui était vue comme un petit paradis balnéaire dans les années 1960 et qui, maintenant, est défraîchie et rongée par le crime. Son âge d’or semble derrière elle. Tout comme celui de la musique », explique l’un des guitaristes-chanteurs du groupe, Paolo Philpot.

Celui-ci, comme ses trois complices musiciens (Alexandre Craigh, Étienne Beaulieu et Gabriel L’Heureux), a laissé tomber son emploi en communication et en enseignement pour se consacrer à temps plein à ce nouvel opus.
« On a tout misé là-dessus. Ce disque-là, c’est un aboutissement, c’est le meilleur qu’on a fait. On a vraiment réalisé l’œuvre qu’on avait en tête en y mettant du temps, de l’énergie, de l’argent. »

En y mettant le meilleur d’eux-mêmes, surtout.

« Les temps sont durs pour les musiciens. Ce n’est pas facile de se tailler une place, de vivre de son art. Nous, on a fait le pari d’y aller à fond, en n’économisant pas nos efforts. »

En studio à Sheford

Les quatre amis ont enregistré avec le réalisateur Pierre Duchesne, dans le giron du studio Ouï-Dire, à Shefford.

« On a loué une maison tout près, on a passé presque deux mois complets là-bas. On était toujours ensemble, dans notre bulle. Travailler avec Pierre, c’était génial. C’est un créateur qui prend son temps pour bien faire les choses, ça correspondait à notre vision. Lorsqu’on lui a fait entendre la maquette qu’on avait déjà commencée, c’est lui qui nous a fait remarquer que l’esprit des chansons s’apparentait un peu à un film noir. Il trouvait que notre son était plutôt cinématographique. Il nous a permis de mettre le doigt sur l’espèce de trame narrative qui lie les chansons. Il nous a aussi beaucoup aidés à faire ressortir notre couleur sonore. »

Une couleur où on sent toujours les influences des groupes rock américains et anglais d’il y a 60 ans, mais où on perçoit aussi l’ancrage dans la musique contemporaine grâce à des guitares appuyées et une section rythmique resserrée.
« On nous dit qu’on reconnaît notre griffe, mais que ça sonne moins vintage. »

Les harmonies vocales ont aussi été peaufinées avec l’auteure-compositrice-interprète native de Sherbrooke Ariane Vaillancourt.

« Elle nous a guidés pour travailler les arrangements à trois voix, très caractéristiques de notre univers. »

Des débuts sur le dos des reprises

C’est en interprétant les vieux succès anglophones des Chuck Berry, Jerry Lee Lewis et autres Beach Boys que Cherry Chérie a d’abord investi la scène musicale. « On a vraiment eu la piqûre pour le style musical des vieux groupes de rock’n’roll. »

En 2013, le groupe a tout naturellement commencé à composer ses chansons originales. En français.

« Pour nous, c’était l’évidence, parce qu’on est un groupe québécois. Et chanter en français, dans cet original créneau musical, ça rendait notre démarche plus singulière. »

Après avoir lancé un microalbum, la formation proposait un premier opus autoproduit, J’entends la bête, en 2015. Sa deuxième galette est propulsée par l’étiquette Coyote Records.

« En juillet dernier, on avait l’album en main, on l’a envoyé à Coyote Records. Ils nous sont revenus vraiment vite. On les a rencontrés et le courant passait bien. On a décidé de signer avec eux. »

Un premier extrait, Le braconnier, trouve déjà écho dans les radios commerciales.

« C’est une première. Il a été numéro un sur Sirius XM et il tourne à Énergie. »

Le quatuor, auquel s’ajoute le claviériste Jean Aubry, entame maintenant une tournée de spectacles qui l’amène à Sherbrooke vendredi.

« Notre son a un peu bougé, mais les chansons du second disque s’amalgament bien à celles du premier. On propose encore et toujours une musique entraînante, très dansante, qui donne envie de se lever et de bouger. »

Vous voulez y aller?
Cherry Chérie
Vendredi 27 octobre, 21 h
La Petite Boîte noire, Sherbrooke
Entrée : 12 $