Notre bulletin de mi-saison

En cet hiver marqué par la domination de «La voix» et de «District 31», quelques nouveautés ont fait leur apparition. Que penser de «5e rang», «Une autre histoire», «Les invisibles»? Dans notre bulletin de mi-saison, ce sont encore Daniel Chiasson et Séraphin Poudrier qui obtiennent les meilleures notes.
  • DISTRICT 31, ICI Radio-Canada Télé, 9,5/10

Nous étions nombreux à anticiper ce jour où Yanick Dubeau serait enfin coffré pour ses crimes, pires encore que tout ce que nous avions imaginé. Et nous n’avons pas été déçus. Dans ce rôle infâme, Patrice Godin a certainement joué là un grand coup. Luc Dionne nous tient pour encore longtemps!

  • LES PAYS D'EN HAUT, ICI Radio-Canada Télé, 9,5/10

La meilleure saison de la saga de Gilles Desjardins, qui navigue habilement entre le drame et l’humour. L’histoire du vibrateur était hilarante. Et le concours de chant, un beau prétexte pour rapprocher Donatienne de Pâquerette. L’idylle qui se trame entre Alexis et Artémise annonce une intrigue intéressante.

  • 1res FOIS, ICI Radio-Canada Télé, 8,5/10

On s’incline chaque semaine devant l’ingéniosité et la débrouillardise des recherchistes de cette émission pour dénicher les plus rares trouvailles. Mention spéciale à la vidéo d’enfance de Stéphane Rousseau, le plus intense moment d’émotion de cette saison.

  • LÂCHER PRISE, ICI Radio-Canada Télé, 8,5/10

Cette comédie prend du mieux de saison en saison. Et plus le temps avance, plus le burlesque du début s’efface au profit d’une réalité plus proche des émotions et de la réalité. Isabelle Langlois, Mme «lignes punchées», est au sommet de son art. Et Madeleine (Sylvie Léonard) est toujours aussi savoureusement cinglante. L’arrivée de son père, joué par Marcel Sabourin, nous a fait voir son côté plus vulnérable, sans pour autant affaiblir le personnage.

  • M'ENTENDS-TU?, Télé-Québec, 8,5/10

Une série qui grafigne, et que j'ai apprivoisée au fil des premiers épisodes. Mais on ne peut faire autrement que de s'attacher à ces filles qui en arrachent, et qui s'aiment profondément. L'épisode du spa est hilarant. Mention spéciale à Christian Bégin, touchant dans le rôle de Pretzel, prostituée transsexuelle. Aussi talentueuse au jeu qu'à l'écrit, Florence Longpré a créé un univers unique, singulier mais réaliste, trop rare dans notre télé.

  • L'HEURE BLEUE, TVA, 8,5/10

La lourdeur des débuts a laissé place à une rassurante légèreté, malgré des sujets graves. On s'est attaché à Anne-Sophie et toute sa bande, à Pauline, qui se prend en main, même à Raphaël, qui fera enfin quelque chose de sa vie. Toute l'intrigue autour de la maternité de Clara a été explorée avec doigté et sincérité. On aime.

  • UN ZOO PAS COMME LES AUTRES, TVA, 8,5/10

Il n’y a effectivement aucun zoo qui ressemble à celui du couple Ferland-Miller. Une émission qui suscite les «oh» et les «ah», qui fait rire et pleurer, et qui déborde de générosité et de dévotion. Je veux adopter un raton laveur.

  • UNITÉ 9, ICI Radio-Canada Télé, 8/10

Déception au moment où Marie a finalement avoué être la mère de Lucie, dissimulé au beau milieu d’un épisode, alors qu’on attendait cet instant depuis sept ans. Pour le reste, on sent plus de rythme dans ce dernier droit d’une série qui aura marqué la télévision québécoise. S’il fallait décerner une étoile du match, Kathleen Fortin, alias Manon «Boule de quilles», l’obtiendrait d’emblée, pour son interprétation à la fois brute et touchante.

  • EN TOUT CAS, TVA, 8/10

Comme sa rivale, la comédie de Rafaële Germain s’améliore, au rythme de l’adaptation de Danielle (Guylaine Tremblay) à la grande ville. Tout l’épisode à l’hôpital était drôle, et on aime Sophie Desmarais en ninja des machines distributrices.

  • LES INVISIBLES, TVA, 8/10

Même si le public n’embarque pas — la série ne dépasse pas le demi-million en données confirmées —, plusieurs moments savoureux dans cette comédie inspirée de la série française Appelez mon agent. J’ai adoré l’épisode avec France Castel et Louise Marleau en rivales finies, tout comme celui de Diane Lavallée et Laurence Leboeuf, en mère et fille en conflit pour un rôle. Karine Gonthier-Hyndman et Bruno Marcil se démarquent parmi les comédiens. Point faible : les personnages d’assistants, peu intéressants.

  • LA VOIX, TVA, 7,5/10

Le rafraîchissement de la formule et du décor font du bien. Par contre, on se passerait bien de la jasette des coachs, souvent inintéressante, entre les prestations. On aime quand les coachs sont un peu plus mordants dans leurs commentaires, comme Lara Fabian, qui s’y prête plus souvent que ses collègues. Le bouton «bloqué» m’apparaît pour l’instant plus un gadget qu’autre chose.

  • L’OPEN MIC DE..., V, 7/10

Après tout, ça ne prend pas grand-chose à un humoriste pour faire rire le monde : une scène, un micro. Ce rendez-vous quotidien, qui remplace le talk-show de fin de soirée de V, manque un peu de relief. Sa grande qualité : nous faire découvrir de jeunes humoristes, qui ont peu de tribunes en dehors des bars et des comédies clubs.

  • UNE AUTRE HISTOIRE, ICI RADIO-CANADA TÉLÉ, 6,5/10

J'entretenais tous les espoirs pour cette série au sujet poignant – l'Alzheimer précoce –, mais je m'en suis vite lassé. L'histoire avance trop lentement, et l'autrice Chantal Cadieux, qui ne manque pourtant pas d'imagination, nous en donne trop peu à la fois. Ajoutez à cela des personnages secondaires un peu beiges qui prennent beaucoup de place. Marina Orsini et Debbie Lynch-White, qui tirent bien leur épingle du jeu, sauront-elles me garder fidèle?

  • MAÎTRE DU CHANTIER, V, 6/10

Après les compétitions de cuisine, voici celle des rénos. Les deux juges ont beau faire semblant d'avoir l'air méchants, leur présence irrite plus qu'autre chose. Heureusement, on a permis aux participants de sortir de cet endroit lugubre qui sert de studio à la compétition.

  • PHIL S'INVITE, V, 5,5/10

Nos vedettes occupent trop d'espace dans nos émissions de télé pour qu'elles en soient réduites à tenir des conversations banales, dans un talk-show improvisé. Désolé, mais ça ne m'intéresse pas de savoir ce qu'untel cache dans ses armoires, ou pour quelle raison une autre a deux salles de bain dans sa maison. Phil Roy a trop de talent pour se limiter à de telles insignifiances.

  • 5e RANG, ICI RADIO-CANADA TÉLÉ, 5/10

Déjà que tout était gros dans cette série, l'histoire (burlesque) de la tête bouillie dans le chaudron est venue en rajouter une couche. L'épisode des obsèques qui tournent à la foire m'a achevé. Et que dire du personnage hautement caricatural de la belle-mère acariâtre, jouée par Muriel Dutil, à qui son mari obéit au doigt et à l'oeil – on se croirait dans Symphorien. Même avec Maude Guérin comme héroïne, et une réalisation attrayante, faut croire qu'on n'est pas tout à fait sorti de l'auberge des auteurs Sylvie Lussier et Pierre Poirier...

CHAÎNES SPÉCIALISÉES

  • OÙ ES-TU?, MOI ET CIE, 9,5/10

Cette série de Marie-Claude Barrette fait vraiment œuvre utile. Loin du simple voyeurisme, on y explore la véritable détresse de parents et de proches, qui espèrent toujours le retour de personnes disparues. C'est bien fait, on y explore clairement le fil des événements, et on espère très fort que ces gens trouveront un jour une certaine paix.

  • LE GROS LABORATOIRE, ICI EXPLORA, 9/10

Les comportements humains fascineront toujours. Et cette série exploite le filon à merveille. Jean-René Dufort et Marie-Pier Élie se complètent à l'animation. Pas toujours sérieux, leurs tests peuvent nous en dire long sur nos réactions, parfois surprenantes, souvent stupides, en autant qu'on prenne tout ça avec un grain de sel.

  • ROAST BATTLE: LE GRAND DUEL, Z, 8,5/10

La télé avait besoin d'une émission qui donne dans l'humour plus robuste. Alexandre Barrette sort du cadre plus gentil de Taxi payant et d'Atomes crochus, et c'est tant mieux. Certaines joutes étaient particulièrement relevées, et le nom de Pierre-Yves Roy-Desmarais risque de revenir souvent dans les mois et années à venir.

  • CECI N'EST PAS UN TALK-SHOW, Z, 7,5/10

Sympathique rendez-vous qui prouve que Pierre Hébert ferait un bon animateur de «vrai» talk-show. Prenez des notes chers invités, même si «ceci n'est pas un talk-show», ça pourrait vous donner des idées lors d'éventuelles présences à la télé.

  • L'EFFET WOW, ICI ARTV, 5,5/10

C'est qu'il faut en faire des détours pour traiter de culture à la télévision. Personnellement, je préfère un magazine qui soit plus mordant et critique. Parce que d'entendre un club d'amateurs de culture parler de leurs coups de cœur me laisse plutôt indifférent. Faut croire que l'effet «wow» n'agit pas sur moi.