Richard Therrien
L'émotion était à son comble quand Ingrid St-Pierre a repris <em>C'est beau la vie</em>, avec des mamans aux cheveux blancs.
L'émotion était à son comble quand Ingrid St-Pierre a repris <em>C'est beau la vie</em>, avec des mamans aux cheveux blancs.

Merci France Beaudoin

CHRONIQUE / J'essaie de me souvenir d'une émission de variétés qui m'ait autant ému et je n'y arrive pas. Même Véronic DiCaire, qui arrivait après Le ciel est backorder de Tire le coyote, a dû chanter Hallelujah les yeux en larmes, tellement l'émotion était à fleur de peau. Mais en cette fête des Mères, Dieu que cette soirée faisait du bien et qu'on en veut encore et encore.

Ce n'est pas une pandémie qui allait empêcher France Beaudoin et sa vaillante équipe d'En direct de l'univers de se retrousser les manches, et d'honorer les mamans du pays comme il se doit. L'émission spéciale de 90 minutes qu'on nous a présentée samedi soir était non seulement un exploit technique en direct, mais aussi un spectacle dont chaque instant allait droit au cœur.

Comme si c'était possible dans le cas d'En direct de l'univers, on sentait une charge émotive supplémentaire samedi sur ICI Télé; malgré la distanciation physique, les artistes affichaient un réel plaisir de se rassembler et d'accomplir ce qu'ils aiment le plus faire au monde. Ils savaient à quel point le public avait envie de célébrer enfin avec eux.

Bâtie à partir des titres que les téléspectateurs souhaitaient offrir à leur mère, l'émission a été saupoudrée de multiples moments de bonheur, comme l'arrivée surprise de Lunou Zucchini, digne fille de sa mère Luce Dufault, pour un bout d'Une sorcière comme les autres d'Anne Sylvestre. Quelle superbe voix. Petit moment de grâce aussi quand Stéphanie Lapointe a repris à distance Smile, berçant son bébé d'à peine 17 jours. Dur de ne pas échapper quelques larmes en entendant Ingrid St-Pierre dans une version feutrée de C'est beau la vie, avec sur écran, 10 belles dames centenaires totalisant 1000 ans à elles seules. Encore plus dur en voyant la même Ingrid St-Pierre, en larmes, voir sa propre mère lui chanter à merveille L'amitié de son Témiscouata natal, s'accompagnant de sa guitare. De quoi nous achever.

L'émission n'allait certainement pas négliger les aînées, séparées de leurs familles. Chacune de leur participation donnait lieu aux moments les plus émouvants, parce qu'on connaît leur solitude, leur douleur d'être loin des leurs. De son balcon, la grand-maman d'Antoine Gratton, âgée de 109 ans, a eu la surprise de voir arriver son préféré Marc Hervieux, lui chanter L'hymne à l'amour. Sur une note plus légère, le «choeur du chez-eux des artistes» allait permettre à quatre mamans septuagénaires, Judi Richards, France Castel, Patsy Gallant et Shirley Théroux, de participer à la soirée à partir de chez elles pour J'entends frapper.

Moment de folie pure quand Marc Labrèche, en Luis Labrèche qui louche, a chanté <em>Maman la plus belle du monde</em> à sa maman (fictive), qui semblait s'emmerder profondément.

Moment de folie pure quand Marc Labrèche, en Luis Labrèche qui louche, a chanté Maman la plus belle du monde à sa maman (fictive), qui semblait s'emmerder profondément. Sur le terrain d'un ciné-parc, les gars de 2Frères se sont improvisés chanteurs de noces pour reprendre Tout en blanc, à l'intention de Christiane et Sylvain Lussier, qui devaient renouveler leurs vœux de mariage à Cuba avec leur famille. Le réconfortant Fred Pellerin, qui fait l'unanimité auprès des mères, a dit entre autres: «La distanciation, ça va peut-être nous avoir permis de prendre un peu de recul. Peut-être assez pour se dire que pour voir loin, le mieux, c'est encore de cultiver ce qui est proche.»

Des moments magiques, je pourrai vous en citer plusieurs; le quatuor Gildor Roy, Luce Dufault, Brigitte Boisjoli et Kathleen Fortin, Ma mère chantait par Ginette Reno, La dame en bleu par Michel Louvain, Jean-François qui entre dans une épicerie pour chanter Rue principale, la chanson finale, Quand on est en amour, la plus citée dans les demandes du public, et plus encore.

Je vous avouerai que, comme plusieurs d'entre vous, j'ai versé quelques larmes sur mon clavier en rédigeant cette chronique. Ce En direct de l'univers n'avait rien d'une édition réduite en raison de la pandémie, bien au contraire, et ce n'est pas sans compter toutes les contraintes. Jamais les règles de sécurité n'ont représenté un obstacle; les choristes ont quand même chanté séparés par des plexiglas, ce qui est loin d'être banal. Les autres se tenaient à distance et tout fonctionnait. C'est bien là qu'on voit qu'il est possible de faire des variétés en direct à la télé, de façon beaucoup plus soignée que les montages américains et canadiens anglais qu'on nous a présentés ces dernières semaines. Et vous conviendrez comme moi qu'on a plus que jamais besoin des variétés en ce moment. Ça hausse les attentes pour Une chance qu'on s'a que diffusent dimanche TVA et Télé-Québec, une grande émission de 90 minutes déjà enregistrée.

De la part de toutes les mamans du pays, merci France Beaudoin. Cette soirée réussie en tous points permet d'affirmer qu'En direct de l'univers est un véritable trésor national.

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.

Luce Dufault et Gildor Roy avec l'animatrice France Beaudoin sur un plateau modifié.