Véronique Cloutier animera la soirée des Gémeaux.

Gémeaux: les grands oubliés

CHRONIQUE / Tous les galas du monde ont leur lot d’incongruités. Tous les jurys du monde prennent des décisions incompréhensibles. Même aux Oscars. Et c’est le cas des Gémeaux, qui accouchent parfois d’une liste de nominations douteuses. Qui sont donc ces grands oubliés des Gémeaux, ceux et celles qui méritaient leur place, mais qui, pour des raisons obscures, n’y sont pas?
S’il existait une catégorie «personnage préféré dans District 31», il arriverait certainement dans les premiers noms.

Gildor Roy

Daniel Chiasson dans District 31

S’il existait une catégorie «personnage préféré dans District 31», il arriverait certainement dans les premiers noms. Or, Gildor Roy n’apparaît nulle part dans la liste des Gémeaux. Et ce, malgré les 15 nominations obtenues par la très suivie quotidienne de Luc Dionne. C’est d’autant plus incongru qu’on assiste cette année au retour de la catégorie des séries dramatiques quotidiennes, avec l’arrivée de Clash à VRAK, ce qui offre plus de chances aux acteurs. Gildor peut se consoler avec ses trois trophées Artis du printemps.

La critique est unanime, le public adore, mais le jury, lui, reste insensible aux charmes et au dévouement d’Ariane Beaumont (Mélissa Désormeaux-Poulin).

Mélissa Désormeaux-Poulin

Ariane dans Ruptures

Dans la cour des Gémeaux, Ruptures semble frappée d’une malédiction depuis son arrivée en ondes. La critique est unanime, le public adore, mais le jury, lui, reste insensible aux charmes et au dévouement d’Ariane Beaumont dans cette série de Daniel Thibault et Isabelle Pelletier. Nommée dans les rôles de soutien pour son interprétation de Claude, Isabel Richer pourrait toutefois sauver l’honneur. Et la série est nommée pour le Prix du public. Peut-on espérer mieux l’an prochain, alors que Ruptures fera ses adieux cet automne?

On a redécouvert Chantal Baril et Luc Senay dans des rôles pas évidents, au centre d’un camp de nudistes, théâtre d’un meurtre sordide.

Luc Senay et Chantal Baril

Paulo et Francine dans Faits divers

Mais où sont nos tout-nus favoris de Faits divers? On a redécouvert ces deux acteurs dans des rôles pas évidents, au centre d’un camp de nudistes, théâtre d’un meurtre sordide. Autant l’un que l’autre a su jouer à merveille entre l’absurde de la situation et le drame qui se jouait autour d’eux. Heureusement, la série de Joanne Arseneau récolte des nominations pour les textes, la réalisation et le Gémeaux de la meilleure série dramatique, entre autres. Chez les acteurs, seul Patrick Hivon se distingue.

Plusieurs sont d’avis qu’Émile Proulx-Cloutier offrait dans «Demain des hommes» une de ses meilleures performances en carrière.

Émile Proulx-Cloutier

Stéphane Meunier dans Demain des hommes

Cette éphémère série sportive de Guillaume Vigneault, aux qualités indéniables, n’a peut-être rien cassé dans les sondages, mais ralliait un noyau de fans totalement conquis. Et pourtant, seuls les maquillages, la distribution artistique et le thème musical ont obtenu grâce aux yeux de l’Académie. Plusieurs sont d’avis qu’Émile Proulx-Cloutier y offrait une de ses meilleures performances en carrière, dans le rôle d’un entraîneur aux méthodes d’avant-garde, aux côtés d’un solide Normand D’Amour et d’une impressionnante galerie de nouveaux visages. Pour celle-là, le jury a scoré dans son propre but.

Denis Bernard brille dans ce rôle de mafieux moitié italien, moitié québécois.

Denis Bernard

Mario Vietti Valois dans Appelle-moi si tu meurs

Denis Bernard brille dans ce rôle de mafieux moitié italien, moitié québécois. Sa scène de danse sociale avec Claude Legault, son «ami» policier, reste l’une des meilleures de la saison en fiction. Legault est deux fois nommé, pour cette série et pour Mensonges, dans la même catégorie, mais pas son collègue Bernard, ce qui relève de l’incongruité. Le titre du Club illico n’est même pas nommé pour la meilleure série dramatique, alors que La malédiction de Jonathan Plourde, une œuvre quelconque, y est. Un cas pour la mafia?

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VÉRONIQUE CLOUTIER: LE SENS DE LA FÊTE 

Quelle que soit la liste des nominations, Véronique Cloutier a été engagée pour que l’ambiance soit à la fête, dimanche soir aux 34es Prix Gémeaux. Et pour y parvenir, c’est le retour en force des variétés dans un numéro d’ouverture qui s’annonce spectaculaire. «Il y aura de la musique, de la danse, c’est un hommage à la belle télé qu’on fait, pour dire qu’on n’a rien à envier à personne et qu’on peut rivaliser avec les Netflix de ce monde», résume Véronique Cloutier, de retour à l’animation des Gémeaux pour une sixième fois.

Bien sûr, il y aura un monologue d’ouverture, mais très court. «Sans être de l’humour bon enfant, je ne suis pas Mike Ward non plus», dit celle qui se permettra quelques gags plus épicés. «Les gens dans la salle savent à quel point j’aime la télé et que je respecte leur travail. Il y a des choses qui passent mieux à cause de ça.» Les choses ont changé depuis sa dernière coanimation en 2015 : alors qu’elle disposait de plus de 2h30 pour remettre 16 prix, elle doit désormais en décerner 19 en deux heures, top chrono. Oubliez les sketchs et les numéros de variétés durant le gala, le diffuseur veut ça court.

Si Véro a pu jeter un coup d’œil à M’entends-tu?, elle reste «une fan finie de Ruptures», mais aussi d’En direct de l’univers, de La voix, d’Une année chez les Groulx à Canal Vie et De garde 24/7. Comme tout le monde, elle fait quelques infidélités à la télé québécoise pour voir ce que font les différentes plateformes. S’inquiète-t-elle pour l’avenir de notre télé? «Pas tant, non. Il y a encore moyen de créer des grands rendez-vous. La moyenne d’écoute baisse en général, les gens continuent de regarder la télé, mais la regardent autrement. C’est juste à nous de nous adapter. Véro.tv est un pas dans cette direction et une façon de venir voir les coups.» 

Le gala de demain sera précédé de L’avant-­gala à 19h30, sur ICI Télé. Anaïs Favron anime L’avant-première, en direct sur ICI ARTV à 14h30. Richard Therrien