Richard Therrien
La série est dure, très dure, les temps d’arrêt sont ponctués de scènes extrêmement bouleversantes, tant par leur violence que leur intensité.
La série est dure, très dure, les temps d’arrêt sont ponctués de scènes extrêmement bouleversantes, tant par leur violence que leur intensité.

Double défi pour Mark Ruffalo

CHRONIQUE / Dans I Know This Much Is True, Mark Ruffalo incarne deux jumeaux, dont un est atteint de paranoïa schizophrénique : Thomas et Dominick Birdsey. Un double mandat hautement risqué que l’acteur de grand talent remplit avec une incroyable justesse. C’est le principal attrait de cette minisérie de HBO, disponible en anglais et avec sous-titres français sur Crave et à Super Écran, à partir du dimanche 10 mai à 21h.

Après Mon fils, l’excellente série de Club illico, voici que HBO aborde aussi le thème délicat de la schizophrénie. Adaptée du roman de Wally Lamb, La puissance des vaincus, publié il y a 22 ans, la série de six épisodes ne fait pas dans la dentelle, pas plus que cette terrible maladie, qui transforme ceux qui en sont atteints, et bouleverse tout autour, avec une violence parfois inouïe.

Nous sommes en 1990 à Three Rivers, dans le Connecticut. Thomas Birdsey crée la panique dans une bibliothèque : en plein épisode psychotique, il s’inflige une très grave blessure avec un couteau pour protester contre la guerre du Golfe. La scène donne le ton. Dès lors, son frère jumeau est appelé à l’hôpital, avant qu’on décide d’interner Thomas. À partir de cet épisode-choc, le récit fait de constants retours dans le passé, depuis l’enfance des jumeaux, avec un beau-père colérique et violent, et une mère aimante à la santé fragile. Pour donner un sens à sa vie, Dominick compte trouver des réponses dans un précieux manuscrit de l’histoire familiale, signé par le grand-père sicilien des jumeaux.

Le jeu de Ruffalo, qui a somme toute fait peu de télévision, est si nuancé, que jamais le personnage de Thomas n’empiète sur celui de Dominick, et vice versa. L’un est barbu, l’autre pas. Deux démarches, deux allures complètement différentes, qui ne distraient jamais l’œil. Il y a bien au début le réflexe de comparer l’acteur avec lui-même, mais ce sentiment m’a vite quitté. La réalisation ingénieuse et subtile de Derek Cianfrance (The Place Beyond the Pines, Blue Valentine) y est aussi pour beaucoup.

Je vous mentirais si je vous disais que I Know This Much Is True constitue une expérience agréable, surtout en ces temps où l’on cherche à insuffler un peu de légèreté à notre vie. La série est dure, très dure, les temps d’arrêt sont ponctués de scènes extrêmement bouleversantes, tant par leur violence que leur intensité. Comme lorsque Thomas s’enfuit de la voiture et se met à courir sur l’autoroute. L’œuvre ne porte pas tant sur la schizophrénie que sur le poids qui repose sur l’entourage, d’autant plus lourd sur les épaules d’un jumeau, qui voit sa propre vie hypothéquée par les réactions imprévisibles de son frère durement atteint.

Depuis toujours, Dominick s’est senti responsable de son frère, rongé par la culpabilité, toujours le premier à devoir le défendre. Dominick aime autant qu’il déteste son frère, il lui en veut d’occuper cet espace dans sa vie. On comprend sa rage, qui prend des proportions gigantesques. Il n’y a que des jumeaux pour comprendre ce lien si étroit, fusionnel entre eux.

Parmi les acteurs qui entourent Ruffalo, aussi producteur de la série, notons les noms de Melissa Leo, Juliette Lewis, Archie Panjabi en psychologue et Rosie O’Donnell en travailleuse sociale. L’industrie du doublage étant paralysée depuis le début de la pandémie, la série sera disponible uniquement avec sous-titres français pour l’instant, simultanément avec la version anglaise.

UN BAL MAMMOUTH POUR LES FINISSANTS DU SECONDAIRE

Télé-Québec a pensé aux élèves de 5e secondaire, privés de leur bal des finissants en raison de la pandémie, en organisant le Bal MAMMOUTH, un grand rassemblement virtuel prévu pour le vendredi 19 juin. L’événement sera animé par le duo de MAMMOUTH, Sarah-Jeanne Labrosse et Pier-Luc Funk, entourés virtuellement d’artistes, mais aussi d’élèves qui souligneront leur parcours et les beaux moments de leur secondaire. L’équipe de l’événement sondera d’ailleurs les finissants afin de bâtir une soirée à leur image. On demande déjà aux jeunes de leur dire quels humoristes, chanteurs, danseurs, politiciens et sportifs ils souhaitent voir au Bal MAMMOUTH, sur les réseaux sociaux et sur le site mammouth.telequebec.tv.