Télé et radio

Papa Guy et Bébéatrice dans une série

CHRONIQUE / Les abonnés du compte Twitter de Guy A. Lepage connaissent bien Bébéatrice. C’est le surnom qu’il a donné à sa fille, dont il relaie les remarques et réflexions, tantôt adorables, parfois irrévérencieuses. Après avoir inspiré un livre, publié en 2015, voilà que ces phrases glanées dans le quotidien de la fillette, se retrouveront dans une série d’animation, intitulée «Bébéatrice».

C’est la première fois qu’ICI Tou.tv initie une œuvre d’animation, qui sera disponible gratuitement, et non sur l’Extra. Bébéatrice se déclinera d’abord en 20 capsules de quatre à cinq minutes, disponibles dès l’automne. Celles-ci seront ensuite réunies en quatre demi-heures, qui seront présentées sur ICI Radio-Canada Télé en décembre.

Bébéatrice est vraiment une affaire de famille, parce que Mélanie Campeau, conjointe et bientôt épouse de Guy A. et mère de Béatrice, coproduit la série avec Luc Châtelain, chez Écho Média et Les productions Mélomanie. Celui-ci parle de «la première téléréalité en série d’animation au monde». Parce que l’œuvre s’inspire effectivement de la vraie vie de cette famille, bien qu’elle emprunte aussi les histoires des autres.

On parle d’une série comique qui s’adresse à toute la famille, mais qui aura aussi ses moments touchants. «Il y a des gags et des commentaires plus heavy», prévient Guy A. La jeune Béatrice Lepage est capable de réflexions profondes sur des sujets aussi sérieux que le féminisme, la mort et le terrorisme. Comme celle-ci, partagée à son père, le jour de la tuerie de Charlie Hebdo : «Quand on aime pas un dessin, il faut pas tuer les gens, il faut retourner le dessin, c’est tout.» Et plus récemment : «Quand tu vas mourir, qui va te remplacer?»

Alors qu’elle a maintenant huit ans, Béatrice n’a encore que quatre ans et demi dans la série. En plus d’initier le projet avec l’auteur et illustrateur Éric Godin, Guy A. Lepage prête sa voix au personnage de Papa Guy, au menton démesurément long, Mélissa Désormeaux-Poulin incarne la mère, Mamanie, Guillaume Lambert est Théo, le grand frère de 18 ans, né de l’union avec Louise Richer, et qui en a maintenant 26 dans la vraie vie, alors que Muriel Dutil joue Grand-maman Suzanne. Le chien Attaque, un caniche miniature, complète le portrait de famille.

Comme il se doit, le nom de Béatrice Lepage apparaîtra au générique en tant qu’auteure, ce qui en fait la plus jeune scénariste du Québec. «Elle est membre de la SARTEC [Société des auteurs de radio, télévision et cinéma] et reçoit des droits. Je suis le script-éditeur de ma fille», insiste son père.

Guy A. Lepage est toujours resté discret sur sa vie familiale, mais était prêt pour le compromis du dessin. D’ailleurs, Béatrice Lepage, qu’il faut maintenant surnommer «Béactrice», n’était pas présente au lancement de la série, mercredi. La jeune Élia St-Pierre, qui joue Coralie dans le téléroman O’, lui prêtera sa voix. On en dit le plus grand bien sur le plateau, puisque les voix sont enregistrées avant que l’équipe d’animation y juxtapose les images, alors qu’on procède à l’inverse habituellement.

En plus d’être à l’origine des personnages animés et de figurer parmi l’équipe d’auteurs, Éric Godin agit comme directeur artistique, et Didier Loubat, comme réalisateur. Laurent Paquin participe aussi aux textes. Comme vous le verrez, on a opté pour une illustration minimaliste, question de mettre l’accent sur les textes. Toute l’animation est réalisée ici.

TROIS RETOURS CONFIRMÉS

On avait fait tout un mystère du retour de La voix, que n’avait pas annoncé Charles Lafortune à la dernière émission. Voilà que TVA s’est entendu avec le détenteur du format néerlandais, Talpa, pour une septième saison. Après avoir laissé plané le doute, le diffuseur a aussi confirmé le retour de Charles Lafortune à l’animation. ICI Radio-Canada Télé confirme aussi le retour d’Ouvrez les guillemets, l’émission d’humour de François Morency, qui aura en plus sa série de fiction, Discussions avec mes parents, la saison prochaine sur le même réseau. Enfin, le Club illico vient de donner le feu vert à une deuxième saison de La dérape, cette série produite entièrement à Québec par Parallaxes, qui a connu un succès fulgurant à sa sortie en février dernier.

Télé et radio

«La fureur», pour un soir seulement

CHRONIQUE / À la simple idée de ramener «La fureur», ne serait-ce qu’un soir, on réentend le thème, «chantez, dansez», on revoit la chorégraphie de l’ouverture, on se replonge dans l’ambiance survoltée du studio 42. Vingt ans après la première et plus de 10 ans après la fin d’une émission qui a marqué notre télévision, Véronique Cloutier et son équipe reprendront du service pour un soir seulement, le samedi 5 janvier prochain sur ICI Radio-­Canada Télé.

C’est en reprenant le concept pour Mariloup Wolfe à 1res fois cet hiver que l’idée est venue de faire revivre La fureur. «Sur le plateau, c’est comme si on était revenu 20 ans en arrière», confie Véronique Cloutier. Ce soir-là, les réseaux sociaux se sont emballés, réclamant le retour de l’émission. Le diffuseur a saisi l’occasion pour exaucer les fans.

Cette spéciale de 90 minutes sera présentée en direct du même studio, comme à l’époque. Quatre équipes se disputeront la victoire, deux composées de vétérans, et les deux autres, de recrues, trop jeunes à l’époque. Pour l’instant, on sait que deux joueurs étoiles de La fureur, Sébastien Benoit et Élyse Marquis, agiront respectivement comme capitaines des équipes des gars et des filles. Quant aux recrues, on peut s’imaginer que des Phil Roy, Jay Du Temple et Mariana Mazza auraient un plaisir fou à vouloir répondre aux questions.

Née à l’été 1998, La fureur était une adaptation d’un concept français. La version québécoise est celle qui a duré le plus longtemps parmi toutes les adaptations du concept dans le monde. Véronique Cloutier avait animé les cinq premières saisons, avant de céder son siège à Sébastien Benoit. Au moment de l’enregistrement de l’émission-pilote, les concepteurs français étaient convaincus qu’il était impossible de présenter l’émission en direct. Au bout de 274 émissions, on peut dire que l’équipe québécoise les a fait mentir.

Le 5 janvier 2019, les fans retrouveront avec plaisir les chants de ralliement, les danseurs et danseuses, et les jeux qui ont fait la renommée de l’émission, dont la chanson arrêtée, la «fausse» aux chansons, Carmen et la chanson à étages, peut-être aussi «Va t’asseoir» et «Je l’ai eu, tu joues pus», créés pour neutraliser Sébastien Benoit, devenu trop fort.

Véronique Cloutier, qui a visionné de vieilles émissions de La fureur, affirme que le concept a bien vieilli. «À part les looks!» blague l’animatrice, qui ajoute qu’aucune autre émission du genre à laquelle elle a participé n’est arrivée à la cheville de l’ambiance de La fureur. «C’était comme 700 bouteilles de 7 Up qui s’ouvrent en même temps», affirme Ève Déziel, qui était là dès le début, et qui revient comme productrice au contenu, tout comme le réalisateur Alain Chicoine. KOTV a racheté les droits, qui appartiennent maintenant à Endemol. Je garde pour ma part un souvenir impérissable de La MégaFureur au Colisée en 2002, que j’ai couvert de la passerelle, et qui avait attiré près de 12 000 spectateurs. C’était phénoménal.

L’an dernier, ICI Radio-Canada Télé avait fait renaître SNL Québec, le premier samedi de janvier. «Ça avait été un gros succès et ça nous a conforté d’utiliser cette case pour profiter de la disponibilité du public quelques jours après les Fêtes», affirme la directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult. Un second retour de SNL n’est cependant pas prévu.

Ceux qui rêvent d’un retour hebdomadaire de La fureur devront se faire à l’idée : 1res fois va trop bien pour que Véronique Cloutier pense à laisser tomber cette formule, de retour l’hiver prochain pour une deuxième saison.

LE CHIFFRIER DU DIMANCHE

La première du Beau dimanche a attiré l’attention de 453 000 téléspectateurs dimanche soir sur ICI Radio-Canada Télé, une baisse par rapport à la première de l’an dernier, qui en avait retenu 542 000. Pas convaincu de la place occupée maintenant par Rebecca Makonnen, à droite de l’animateur plutôt que du côté des invités, où on la sentait plus impliquée, moins en retrait. On verra à l’usage. Plus tôt sur le même réseau, la première du talk-show animalier Les poilus a été vue par 482 000 curieux, et celle de Viens-tu faire un tour?, par 531 000. Mais c’est Conversation secrète avec Mike Ward qui a obtenu le plus gros score de la soirée, avec 694 000 téléspectateurs à TVA. Avec des chiffres pareils, ça paraît que l’été s’en vient.

Télé et radio

«M’entends-tu?», la série qui grafigne

CHRONIQUE / «Une crisse de drôle d’affaire!» s’exclame Florence Longpré en parlant de sa nouvelle série, «M’entends-tu?», entre le tournage de deux scènes. Une sorte d’OVNI télévisuel qui devrait nous faire rire autant que nous déstabiliser, l’hiver prochain à Télé-Québec. On nous prévient : c’est un monde dur, un langage extrêmement cru, des parcours explosifs. Ça va grafigner.

Les trois personnages principaux de la série sont des anti-­héroïnes, trois grandes amies unies par la musique, qui vivent dans la pauvreté. Pas seulement la pécuniaire, mais aussi la pauvreté intellectuelle et émotive, celle qui empêche de faire les bons choix, de bien s’entourer. Ada (Florence Longpré) a un grand cœur, mais de gros problèmes d’agressivité. Telle une tigresse, elle défend ses amies farouchement. En conflit perpétuel avec sa mère, jouée par Isabelle Brouillette, sa principale façon d’entrer en contact avec les autres est la sexualité. «Ça frise la prostitution», explique son interprète.

Ève Landry risque de nous surprendre avec son personnage de femme timide et silencieuse, Carolanne, qui a très peu de répliques. On est très loin de Jeanne d’Unité 9. Plus isolée et alcoolique que jamais, cette assistée sociale passe le plus clair de son temps à lire chez elle. Tout le contraire, le personnage de Mélissa Bédard, Fabiola, employée d’un casse-croûte, est exubérante et colle beaucoup à la personnalité de son interprète. «C’est la maman du trio», très protectrice, illustre Mélissa Bédard.

Télé-Québec effectue un retour à la fiction pour adultes avec cette série qui devrait plaire aux 18-34 ans. Une œuvre singulière, du jamais vu au Québec, d’après ce qu’en dit le directeur général de la programmation, Denis Dubois, en admiration devant l’écriture de Florence Longpré, toujours sur la frontière entre le drame et la comédie. «85 % des rôles-clés de la production sont confiés à des femmes, des personnages principaux jusqu’à la réalisation et à la production», dit-il avec fierté. Racisme, solidarité, résilience et amour sont autant de thèmes abordés dans les 10 épisodes d’une demi-heure, réalisés par Miryam Bouchard (L’Échappée) et produits chez Trio Orange.

Il est rare au Québec qu’une série porte autant la signature de son auteure que de l’une de ses interprètes principales, comme c’était le cas pour Lena Dunham avec Girls. Florence Longpré s’est beaucoup fait connaître par le personnage de Gaby Gravel dans Like-moi! sur la même antenne, mais écrit déjà pour le théâtre, notamment la pièce Sylvie aime Maurice. Elle trouvait notre télé trop propre et en avait assez des beaux condos modernes. Issue de la classe moyenne, elle a néanmoins frayé avec le monde qu’elle décrit dans M’entends-tu?, comme préposée aux bénéficiaires. Elle a rencontré des gens de milieu défavorisé et volé de petits bouts de leurs histoires.

Mélissa Bédard, de la cuvée 2012 de Star Académie, ne se destinait pas au jeu, mais s’est laissée tentée en passant une audition pour M’entends-tu? Florence Longpré avait quelqu’un d’autre en tête pour jouer le rôle de Fabiola, mais Mélissa a changé ses plans à l’audition. La chanteuse admet que le rôle lui rappelle des événements qu’elle a elle-même vécus avec sa propre fille. La pauvreté, elle connaît; elle s’est déjà confiée sur cet épisode de sa vie, alors qu’elle n’avait même pas assez d’argent pour manger, et qu’elle devait se sustenter chez les religieuses, près du Patro Roc-Amadour, dans Limoilou. «Cette série va ouvrir le regard des gens sur les autres. On a envie d’aider ces filles-là», dit-elle.

La musique, qui permet aux trois filles de s’épanouir, occupe une place importante dans la série, qui se situe quelque part «entre Minuit le soir et Rock’n nonne, affirme Florence Longpré. «Et un peu de Michel Tremblay», complète Denis Dubois. Le trio chantera de vraies chansons dans le métro, des reprises, mais aussi des titres originaux, signés Florence Longpré et son complice de Sylvie aime Maurice, Nicolas Michon, qui contribue aussi aux textes de la série avec Pascale Renaud-Hébert. «Pour les trois filles, la musique devient une arme pour exprimer ce qu’elles vivent», explique l’auteure.

Florence Longpré n’avait pas l’intention de jouer dans sa propre série au départ, pas plus qu’elle croyait un jour avoir à chanter, mais la chose s’est imposée assez rapidement. Guy Jodoin, Sophie Desmarais, Christian Bégin, Patrick Goyette, Mehdi Bousaidan, Fayolle Jean Jr et Marie-France Marcotte font aussi partie de la distribution, de même que plusieurs nouveaux visages.

LES CHEFS! EN BAISSE

Difficile d’expliquer pourquoi Les chefs! attire si peu d’auditoire cette saison sur ICI Radio-Canada Télé. Lundi, à peine 470 000 téléspectateurs ont regardé l’émission, dans laquelle les aspirants-chefs devaient préparer un repas pour 25 convives, en équipes de deux. À la même heure, Ma maison bien-aimée, une rediffusion de CASA, en a attiré 473 000 à TVA. Est-ce le choix de devancer la diffusion au printemps qui a déstabilisé l’auditoire? Ou alors l’usure de la formule? Dommage, parce que cette saison est particulièrement relevée.

Télé et radio

France Beaudoin revient à l'entrevue

CHRONIQUE / France Beaudoin fait un retour aux grandes entrevues. «Pour emporter» sera le titre de sa nouvelle émission d’une heure par semaine, diffusée sur ICI ARTV dès le vendredi 17 août à 20h. Pour l’instant, 20 rencontres sont prévues à la grille. Aucun nom d’invité n’a été dévoilé, mais on dit que la réponse est bonne jusqu’à maintenant. Ces personnalités proviendront de tous les horizons, mais la discussion tournera forcément autour de la vie culturelle.

«Le fil de conducteur de cette émission, ce sont les mots. Dans la vie, on est la somme des mots qu’on a entendus, lus, dits, ou même tus par moments», explique France Beaudoin, qui parle d’un concept «ludique, rigolo, très profond et confrontant».

Le public pourra assister aux enregistrements et possiblement repartir avec des œuvres dispersées dans le décor, dont il aura été question durant l’émission, que ce soit des livres, des partitions ou des textes de théâtre. De là le titre Pour emporter. «On veut vraiment partager la culture», souhaite l’animatrice. Au piano, Antoine Gratton accompagnera l’entrevue chaque semaine en plus de signer le thème de l’émission. Guillaume St-Arnaud signe la réalisation.

La directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult, souhaitait depuis longtemps que l’animatrice d’En direct de l’univers revienne à l’entrevue. Il fallait seulement trouver le bon projet. Pour emporter sera produite par France Beaudoin et Nancy Charest chez Pamplemousse Média. Dominique Chaloult précise que l’émission est destinée uniquement à ICI ARTV et qu’elle ne sera pas rediffusée sur ICI Radio-Canada Télé.

En quelque sorte, Pour emporter comble le vide laissé par la fin des Grandes entrevues, animées de 2005 à 2016 par Stéphan Bureau, et toujours diffusées en reprises. France Beaudoin promet un heureux dosage entre les gros noms et les invités à découvrir.

***

Bébés en danger

Après De garde 24/7 à Télé-Québec, Canal Vie annonce pour l’automne L’unité des naissances, un nouveau docu-réalité en 10 épisodes d’une demi-heure, tourné au CHU Sainte-Justine à Montréal. Plus de la moitié des grossesses sont à risque élevé au département d’obstétrique-gynécologie et au service de néonatalogie de cet hôpital. Dans cette série produite chez Attraction Images, la caméra suivra jour et nuit le personnel médical, tenter de soutenir du mieux qu’il peut des parents inquiets.

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Télévision et radio

Un tramway nommé Régis

CHRONIQUE / Toujours franc, parfois bourru, mais aussi rieur et lançant des formules efficaces, Régis Labeaume a certainement livré un des segments les plus divertissants de cette dernière de la saison de «Tout le monde en parle», dimanche. Je lui accorde mon étoile du match. L'autre politicien, Andrew Scheer, n'a peut-être pas fait le plein d'électeurs, s'en sortant tout de même honorablement.

«On était rendu là», affirme le maire Labeaume à propos du système de transport structurant. Il balaie du revers de la main les accusations de l'opposition d'avoir caché ce projet aux électeurs durant la campagne, et rappelle que «70% des gens ont voté pour le transport structurant». «L'opposition fait ça à l'américaine: nier l'évidence», tranche-t-il. Au sujet du troisième lien, le maire de Québec a répété qu'il faudrait qu'on lui prouve que c'est bon pour sa ville. À ceux qui trouvent que c'est long de passer d'une rive à l'autre, il a eu ce message: «Faudrait qu'ils viennent à Montréal. Tout à l'heure, ça m'a pris deux heures Québec-Montréal, pis deux heures Montréal-Montréal!»

«On a fait 1,2 million l'an passé», a rappelé le maire au sujet du Centre Vidéotron, rentable pour la ville mais pas pour Québecor. «Ça chie pas de partout, on a fait un bon deal», se réjouit le maire, malgré le fait que sa ville n'a toujours pas les Nordiques. «On peut vous vendre les Canadiens si vous voulez», lui a lancé Dany Turcotte. La meilleure réponse du maire: «On a déjà un club junior, ça va aller.»

Malgré la tuerie de la Grande Mosquée, il ne veut pas de centre de prévention de la radicalisation à Québec. «Pas sûr que c'est efficace. [...] Faut pas créer quelque chose qui n'existe pas», dit-il au sujet de la radicalisation. À propos des possibles motivations d'Alexandre Bissonnette, l'auteur de la tuerie qui a plaidé coupable: «On fait face à un problème de santé mentale. Ça fait qu'on ne comprendra jamais ce qui s'est passé dans la tête de ce gars-là», dit-il, appuyé par Denys Arcand. Le cinéaste s'indigne qu'on puisse qualifier les gens de Québec d'«anti-musulmans» et prévient de ne pas faire de «lecture sociologique de quelqu'un qui saute une coche». La présence d'armes a fait la différence. D'ailleurs, M. Labeaume ne s'explique pas que Bissonnette ait pu en avoir trois en sa possession. «On doit questionner la disponibilité des armes», croit-il. La carte du fou du roi: «Il me semble qu'après tous ces efforts, la moindre des choses serait que vous ayez enfin un tramway nommé Régis.»

Premier chef conservateur à se présenter sur le plateau de Tout le monde en parle, Andrew Scheer s'est est sorti vivant sans jamais perdre son sourire. Guy A. Lepage a rappelé d'emblée que M. Scheer avait voté contre l'avortement et le mariage de personnes de même sexe, mais le chef a répété qu'il ne rouvrirait pas ces débats s'il était élu. «Je suis concentré sur les enjeux qui nous rassemblent», a dit M. Scheer, en tournée de consultation au Québec, en vue de sa nouvelle plateforme électorale.

Il nie la rumeur qu'il possède une grande collection d'armes. Oui, il chasse le canard parce qu'il vit en Saskatchewan, rien de plus. Il reconnaît avoir déjà fumé du pot. Voudrait-il recriminaliser le cannabis s'il était élu? Il attend de voir les résultats de la loi avant de décider. De la même façon, il n'a pas voulu se prononcer clairement sur une éventuelle taxe Netflix. Maxime Bernier l'a accusé d'avoir enrôlé de faux conservateurs chez les producteurs laitiers pour gagner la course à la chefferie. «Je peux vous assurer que Maxime ne serait jamais mon ministre de l'Agriculture», a blagué le chef. Dany Turcotte en a profité pour inviter officiellement Andrew Scheer au prochain défilé de la Fierté à Montréal en août, ce qui serait aussi une première.

L'idée que tout ce qui régit le cinéma se compte en chiffres rend Denys Arcand malade. On parle des films en fonction de leur box-office, pas de leurs qualités, déplore le réalisateur. «Ça pourrit toute notre vie. C'est la même chose pour les livres, c'est la même chose pour tout.» Son nouveau film, La chute de l'empire américain, illustre que les valeurs économiques ont remplacé les judéo-chrétiennes. «Tu crèves l'écran», a dit Guy A. à Maripier Morin, qui fait ses débuts au cinéma dans le rôle de «l'escorte la plus dispendieuse de Montréal». «Cette fille-là, au cinéma, ça serait écoeurant», s'est dit Denys Arcand en la voyant la première fois, en marge d'un tournoi de tennis.

Arcand assume son côté «casseux de party» depuis Le confort et l'indifférence, dans lequel il avait prédit que la souveraineté ne se ferait jamais. «Vaut mieux savoir les malheurs qui s'en viennent plutôt que de rêver», plaide-t-il. Le cinéaste n'a pas vu l'adaptation théâtrale du Déclin de l'empire américain parce qu'il craignait de ne pas aimer ça, et de devoir s'expliquer.

Aucune once d'arrogance chez la boxeuse Marie-Eve Dicaire, qui a remporté sa ceinture de la North American Boxing Federation (NABF) au terme du combat le plus difficile de sa carrière, et le plus sanglant. Sa mère venait d'apprendre qu'elle souffrait d'un cancer peu de temps avant son combat, une mauvaise nouvelle qui l'a stimulée à se battre pour elle. Sa mère a recouvré la santé depuis. C'est parce qu'elle était fan des Tortues ninja qu'elle s'est d'abord intéressée au karaté. La discipline n'étant pas inscrite aux Jeux olympiques, elle a changé pour la boxe, dans l'espoir de s'y rendre. Une blessure l'en a empêchée, elle a plutôt fait le saut chez les professionnels, avec le succès qu'on connaît.

«Ça va pas vendre, y'a pas assez de sexe», a dit Eric Molson à sa belle-fille Helen Antoniou, qui signe la biographie Le retour à la bière…et au hockey – L’histoire d’Eric Molson.» L'épouse d'Andrew Molson a eu l'idée de lancer cette bio pour distraire son beau-père, et démontrer qu'on peut réussir tout en restant intègre. Ce chimiste de métier avait à l'origine créé la Brador, la «plus que bière». Anglophone francophile, il avait quitté Toronto pour revenir à Montréal avec sa famille après l'élection du Parti québécois en 1976, alors que les anglophones faisaient le chemin inverse. En 2009, Eric Molson était contre l'idée de racheter le Canadien de Montréal pour une quatrième fois, jugeant que la rentabilité d'une telle décision allait au gré des coupes Stanley.

Maripier Morin a redescendu l'escalier, vêtu d'une nouvelle robe, pour accompagner son coanimateur du 33e Gala Artis, Jean-Philippe Dion. Celui-ci compte sur la première pour défaire un peu son image d'animateur parfait. «Ma relation avec le public n'a pas été simple», affirme l'ancienne «bitch» d'Occupation double, aujourd'hui deux fois nommée au prochain gala. Au sujet de son jeu Face au mur, Maripier Morin affirme que TVA a le désir de ramener l'émission, mais ignore dans quelle formule. Selon elle, le jeu a réussi sa mission d'inspirer les gens à faire du bien autour d'eux.

«On va battre Bobino!» s'est exclamé Dany Turcotte, pour souligner la longévité de Tout le monde en parle. La grand-messe sera de retour pour une 15e saison le 23 septembre prochain sur ICI Radio-Canada Télé.

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Chronique

Vrais et faux chefs à V

CHRONIQUE / Trois chefs cuisiniers se mesurent à trois cuistots amateurs. Lesquels sont professionnels, lesquels le font par plaisir? C’est ce que devra deviner le public de «Je suis chef», une compétition culinaire animée par Isabelle Racicot, qui s’inscrit dans la nouvelle vague d’émissions qui apparaîtront cet automne à V.

J’ai déjà annoncé dans cette chronique deux autres concepts qui s’ajouteront à l’offre du diffuseur, Vendeurs de rêve, sur des agents immobiliers de propriétés de luxe, et Moment décisif, avec Kim Rusk et Serge Beauchemin. Deux ans après Ma mère cuisine mieux que la tienne, qui n’aura survécu qu’une saison, V donne le go à cette autre nouveauté, produite chez Pixcom, et dont la première saison prévoit 13 émissions d’une heure.

Contrairement aux Chefs!, où la compétition s’étend sur toute la saison, chaque émission de Je suis chef sera bouclée, avec un gagnant par émission. Six candidats s’affronteront chaque semaine. Trois d’entre eux auront la particularité d’œuvrer déjà dans le domaine, que ce soit comme sous-chefs ou traiteurs, alors que les trois autres seront de simples apprentis. Ni l’animatrice, ni les juges, ni le public ne sauront qui est professionnel et qui ne l’est pas jusqu’à la toute fin de l’émission, ce qui ajoutera au suspense. «On aura beaucoup de plaisir à deviner si untel est vraiment chef ou ne l’est pas», affirme Isabelle Racicot, emballée par ce projet. Évidemment, un amateur qui l’emportera aura d’autant plus de mérite de pouvoir proclamer «je suis chef».

L’émission, tournée en une demi-journée, se découpera en trois portions. D’abord, la compétition express de 15 minutes, où on demandera aux six candidats de préparer une entrée, comme un potage aux légumes. Déjà, un candidat sera éliminé après cette première étape. Puis, dans la seconde, de 30 minutes, on imposera un ingrédient mystère aux candidats, comme par exemple du foie gras pour accompagner un hamburger gourmet. Après quoi, un second candidat devra quitter la compétition. Enfin, le dernier quart opposera les quatre meilleurs pour la préparation d’un plat ultime, qui pourrait être un mac and cheese. Les juges n’en verront rien, et devront décider du gagnant à l’aveugle, uniquement en goûtant à leurs plats. Le meilleur d’entre tous remportera la somme de 2000 $. Parmi l’équipe de juges en rotation: Bob le chef et Danny Smiles.

La production insiste: on parle de plats simples à préparer, de sorte que même les amateurs pourront les réaliser. Pas de risque qu’on impose aux candidats de cuisiner une longe d’agneau en croûte de sel, mais plus de plats de style bistro. En plus d’animer, Isabelle Racicot se permettra de taquiner les candidats, de commenter leurs performances et de goûter à leurs plats, bien entendu. L’émission sera enregistrée devant public dans un décor chaleureux de style comptoir-bar. «On s’éloigne des émissions de cuisine plus stériles», affirme la vice-présidente au contenu de Groupe V Média, Brigitte Vincent. La période d’inscription est lancée sur noovo.ca, si le défi vous intéresse.

Pour l’instant, V compte inscrire l’émission à sa grille le lundi à 20h, contre les grandes fictions des autres réseaux. Une contre-programmation légère aux lourdeurs dramatiques de nos séries. Isabelle Racicot, qui a quitté son poste de reporter à Flash il y a déjà 12 ans à TQS, a l’impression de revenir aux sources chez V. Ce projet arrive à point pour elle, qui vient tout juste de perdre La belle gang, retirée de l’horaire à Canal Vie. En ondes depuis l’automne dernier, le magazine quotidien coanimé avec Kim Rusk et Patrick Langlois n’a pas atteint le public escompté.

On souhaite la meilleure des chances à cette nouveauté, bien que les compétitions culinaires n’ont pas toutes été couronnées de succès. Même l’auditoire des Chefs! s’essouffle ce printemps, avec une moyenne en direct de 570 000 téléspectateurs le lundi soir sur ICI Radio-Canada Télé, ce qui est en dessous des attentes. Sur la même antenne, Un chef à l’oreille avec Ricardo Larrivée avait eu des auditoires très décevants, malgré d’excellentes critiques. Même contre-performance pour La relève à TVA, déprogrammée après une seule saison. Groupe TVA s’est néanmoins porté acquéreur de la chaîne Zeste, entièrement consacrée à la gastronomie, plus tôt cette semaine, en combo avec Évasion.

JEAN PELLETIER À LA RETRAITE

Le premier directeur des affaires publiques télé à Radio-Canada, Jean Pelletier, part à la retraite, après plus de 25 ans au service de l’information du diffuseur public. Avant Radio-Canada, M. Pelletier a oeuvré au Devoir, à CKAC et à La Presse. Chez le diffuseur public, il a contribué à la relance de l’émission Le Point en 1992, et à la mise en place d’Enquête. Il s’agit du deuxième départ important en quelques mois. En mars, le directeur général information des Services français de Radio-Canada, Michel Cormier, annonçait aussi qu’il prendrait sa retraite en juillet.

LABEAUME ET SCHEER CHEZ GUY A.

Pour la dernière de la saison, Tout le monde en parle recevra le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, et le maire de Québec, Régis Labeaume, avec qui il sera principalement question du projet de tramway. C’est la première fois qu’un chef conservateur accepte l’invitation de Guy A. Lepage, Stephen Harper ayant toujours refusé de s’y présenter. Aussi sur le plateau: Denys Arcand, Maripier Morin, Jean-Philippe Dion, la boxeuse Marie-Eve Dicaire et l’auteure Helen Antoniou.

Richard Therrien

«Clash» : la fureur de vivre

CHRONIQUE / Ils sont à peine majeurs et voient leur vie changée à jamais par un terrible drame. À travers les défis qu’ils auront à relever, les jeunes patients de la série quotidienne «Clash» développeront une forte amitié, animés par une urgence de vivre.

L’oeuvre prévue pour l’automne marque le retour de Chantal Fontaine dans une dramatique quotidienne. Il s’agit d’une première collaboration entre Bell Média et Aetios Productions, qui a l’expertise en matière de quotidiennes, avec Virginie, 30 vies et District 31. Les studios de Clash sont d’ailleurs situés tout près de ceux de la série de Luc Dionne, chez Mels à Saint-Hubert. Après quelques semaines d’arrêt, l’équipe technique de District 31 a pris le relais sur Clash, tout comme le réalisateur Simon Barrette, il y a à peine quelques jours, jusqu’en juillet.

Martine D’Anjou, qui a été de l’équipe d’auteurs de O’ en plus d’avoir signé la minisérie Sur-Vie à Séries+, a écrit les 48 demi-heures de cette quotidienne pour jeunes adultes. La série sera d’abord diffusée en bloc de quatre épisodes à Super Écran, le samedi à 19h30 dès septembre. VRAK, qui a habitué son public à des dramatiques de qualité comme Le chalet et Jérémie, reprendra Clash à un rythme quotidien en novembre, dans une case à déterminer. La seconde moitié de la série sera diffusée cet hiver.

La série Clash a comme principal décor un centre de réadaptation pour patients ayant vécu divers traumatismes, nommé l’Atrium. Robin, Jasmine et Christophe, âgés de 19 à 21 ans, ont survécu à un grave accident de voiture, les deux garçons désormais en fauteuil roulant, et Jasmine, qui s’en est sortie indemne, mais avec un fort sentiment de culpabilité. Bien entendu, cette tragédie compromet brutalement les ambitions et les rêves de ces jeunes joueurs de soccer — tout un «clash» avec leur vie passée. Alexandre Nachi joue Robin, Alex Godbout, qu’on peut voir dans L’heure bleue, incarne Christophe, et Ludivine Reding, l’héroïne de Fugueuse, hérite du rôle de Jasmine. Les trois autres personnages principaux ont été attribués à Félix-Antoine Cantin, Rose-Marie Perreault et Marie-Evelyne Lessard. L’un des patients est aphasique, une autre a été victime de brûlures importantes.

Les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau retrouvent Chantal Fontaine, qui jouera la travailleuse sociale en charge de l’Atrium, et qu’on n’avait pas vue comme actrice depuis la fin de Yamaska en 2016. Fabienne refuse de parler de réconciliation, puisqu’elles s’étaient déjà reparlé depuis leur différend de 2008, et que Chantal était revenue sur le plateau de Virginie pour la dernière semaine d’enregistrement, il y a déjà plus de huit ans. Au départ, l’actrice ne devait avoir qu’une présence réduite, mais on a combiné deux personnages pour lui donner plus d’espace. Au fait, saviez-vous que Jean L’Italien gagnait plus que Chantal Fontaine au début de Virginie? Fabienne Larouche avait défendu son héroïne pour remédier à cette injustice.

Avec Clash, la productrice parle d’une série rassembleuse, qui devrait intéresser les 10 à 30 ans, mais aussi les plus vieux. La série compte sur une distribution de feu, réunissant entre autres Sébastien Huberdeau, Réal Bossé, Lucie Laurier, Joey Scarpellino, Jessica Barker, Catherine Proulx-Lemay et Pier Gabriel Lajoie. Guillaume Cyr, le frère du héros dans L’imposteur, incarne quant à lui un criminel impliqué dans l’accident de voiture du jeune trio.

Quelque temps après avoir entrepris l’écriture de la série, Martine D’Anjou a elle-même été victime d’un accident à cheval, s’en sortant avec un ligament déchiré et des contusions, mais devant tout de même se déplacer en fauteuil roulant durant une courte période. «Ça change le point de vue sur la vie. On sent une espèce de sentiment d’infériorité, que le regard des gens change à notre endroit», raconte-t-elle. Or, Clash restera une série lumineuse malgré le drame. À travers les défis qu’ils auront à relever, les jeunes patients développeront une forte amitié, animés par une urgence de vivre.

Étant seule dans la catégorie des séries dramatiques quotidiennes, District 31 pourra tout de même participer aux Gémeaux, aux côtés des séries annuelles cette année. Ça risque de changer l’an prochain, puisque Clash s’ajoutera comme quotidienne. C’est dire que deux productions d’Aetios seront l’une contre l’autre, le temps du gala.

Stéphane Langdeau brise le silence

Dimanche à Tout le monde en parle, l’ex-animateur de L’antichambre, Stéphane Langdeau, fera sa première apparition publique depuis sa démission de RDS. Le mois dernier, l’ancien animateur de radio Gary Daigneault avait porté plainte à la Sûreté du Québec pour «s’être senti menacé» par Stéphane Langdeau au cours d’un appel téléphonique, avait relaté Le Journal de Montréal. Aussi sur le plateau de Guy A. Lepage : Pauline Marois, Yolande James, Pascale Navarro, Ricardo Trogi, Jean-Carl Boucher, Louise Richer, Marc Brunet, Louis Morissette et Dany Boon.

Télé et radio

Netflix rencontrera les producteurs québécois

CHRONIQUE / Les producteurs québécois auront enfin l’occasion de vendre leur salade à Netflix. Dans les prochaines semaines, le géant américain déléguera plusieurs de ses directeurs à les rencontrer à Montréal pour discuter d’éventuels partenariats, a annoncé la directrice des productions originales jeunesse chez Netflix, Dominique Bazay.

L’ancienne directrice de la programmation de VRAK, qui a quitté le Québec pour œuvrer chez Netflix en Californie il y a bientôt trois ans, a procédé à cette annonce mercredi, durant une conférence du congrès de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) à Gatineau, devant un parterre de producteurs attentifs. Il s’agissait probablement de la conférence la plus attendue de ce congrès, où le nom de Netflix est sur toutes les lèvres. «On veut créer de bonnes relations avec vous. Le secret du succès d’une bonne série, c’est la qualité de nos relations», affirme Mme Bazay, consciente que la présence et le succès de Netflix ont pu créer des frustrations parmi le milieu de la télévision au Québec. Interrogés par l’ancienne patronne chez Astral, Judith Brosseau, qui animait la conversation, Mme Bazay et son collègue aux productions originales internationales, Felipe Tewes, n’étaient pas là pour aborder la question politique d’une éventuelle taxe imposée à Netflix, mais bien pour répondre aux interrogations des producteurs et de gens de l’industrie, qui souhaitent voir leurs émissions et leurs films atterrir sur ce service de vidéo en ligne.

Tout le monde était resté sceptique quand la ministre Mélanie Joly avoir conclu une entente l’automne dernier pour que Netflix s’engage à investir 500 millions $ sur cinq ans dans la production originale au Canada. Plusieurs s’étaient alors demandé quelle serait la part réservée au contenu francophone. Dominique Bazay ne voit pas pourquoi le Québec ne serait pas considéré à sa juste valeur lors de l’attribution de ces investissements au pays. «Nous avons un écosystème qui a créé des visionnaires, des passionnés de bonnes histoires, et c’est exactement ce que cherche Netflix», dit-elle. Sans pouvoir confirmer que cette somme sera entièrement consacrée à du contenu original, elle affirme que le nombre de 500 millions $ n’est qu’un minimum à ce que Netflix compte investir chez nous en production. On verra toutefois si ces rencontres seront fructueuses et se concrétiseront par de réels partenariats entre Netflix et les producteurs francophones du Québec, mais aussi de tout le pays.

Mais comment charmer l’empire avec nos humbles moyens? Felipe Tewes suggère aux producteurs de ne pas essayer de tenter d’universaliser leurs histoires, de se fondre à la masse, mais au contraire de rester authentiques, voire même d’aborder des enjeux très locaux. Dominique Bazay a cité le film Les affamés, de Robin Aubert, dont Netflix vient d’acquérir les droits internationaux, mais aussi la série documentaire Making A Murderer, un succès mondial qui a charmé ses adeptes par petits groupes au début.

LEGAULT AU CLUB ILLICO

Claude Legault sera la vedette d’Appelle-moi si tu meurs, une série produite par Zone3 pour le Club illico, qu’il cosignera avec son complice de Minuit le soir et de Dans une galaxie près de chez vous, Pierre-Yves Bernard. La présidente et chef de la direction de Groupe TVA et chef du contenu de Québecor Contenu, et la présidente et chef de la direction de Vidéotron, Manon Brouillette, ont profité du congrès pour dévoiler cette annonce, ainsi qu’un accroissement des investissements en production originale au Club illico. D’une seule série québécoise à sa création il y a cinq ans, la plateforme est passée à cinq par année. Aucun détail sur l’histoire de cette nouveauté n’a été révélé.

Fortes du succès de leurs grandes séries Blue Moon et Victor Lessard, et de leur contenu original jeunesse et documentaire, Mmes Lauzière et Brouillette ont aussi annoncé que le Club illico investirait désormais dans la production de longs métrages québécois, dont au minimum trois seulement cette année. Prête à recevoir les projets et surtout à la recherche de fictions, l’entreprise a déjà analysé certaines propositions. Ces films seront disponibles sur toutes les plateformes du groupe, en primeur sur le Club illico.

Télé et radio

Ça finit toujours mal

CHRONIQUE / Les saisons de nos séries dramatiques qui reviennent l’année suivante se terminent rarement bien. On en a eu un aperçu ces dernières semaines avec Charles qui roule à tombeau ouvert dans O’, le bébé de Donalda laissé sur une roche dans Les pays d’en haut, un coup de feu dans L’Échappée. Et ça ne s’annonce pas pour finir mieux dans District 31, oh que non, avec Amélie qui respire à peine, en sang après avoir été la cible de tireurs.

Avez-vous vu les dernières secondes de Ruptures lundi soir? On s’attendait à un drame, mais à une telle tragédie? Il faut dire que les auteurs de cette série, Daniel Thibault, Isabelle Pelletier et François Camirand, n’ont cessé de nous surprendre cette saison. Les rôles épisodiques donnent lieu à de grandes performances d’acteurs, dont celle de David Savard en père fou furieux. Toujours juste, Isabel Richer m’a jeté par terre dans cette scène où Claude touche le fond du baril d’alcool. J’espère que sa cure va fonctionner, parce que j’avoue avoir hâte de la revoir plaider.

La finale de lundi a fait parmi ses meilleurs chiffres de la saison, avec 834 000 téléspectateurs, sur ICI Radio-Canada Télé. En comptant ceux qui l’enregistrent, la série a retenu 924 000 fidèles cette saison, contre 1304 000 pour L’Échappée à TVA. Surprenant, mais c’est comme ça. Le père et l’enfant sont-ils morts dans l’explosion? Et Ariane (Mélissa Désormeaux-Poulin) a-t-elle été blessée? On n’aura pas à attendre neuf mois pour le savoir, mais cinq, puisque la série revient dès septembre plutôt qu’à l’hiver.

On a connu des finales d’Unité 9 bien plus tragiques, de la mort des enfants de Marie (Guylaine Tremblay) à sa tentative de suicide. Cette année, pas de blessés, pas de morts, c’est presque inquiétant. Kevin Anctil (Jason Roy-Léveillée) est certainement le personnage le plus détestable du moment, et je n’ose imaginer à quoi ressemblera l’ambiance la saison prochaine si Despins (François Papineau) décide de le mettre à la place de Choquette (Mathieu Baron). Tout le jeu de séduction, doublé d’un malentendu entre Anctil et Despins était intéressant.

On se demande où ça arrêtera d’aller mal pour la pauvre Jeanne (Ève Landry), tétanisée par la lettre d’un de ses agresseurs. La scène où Marie lui demande de lui confier son bébé était d’une grande intensité, celle où Jeanne virait de bord une Kim (Élise Guilbault) triste et blessée aussi. Au fait, est-ce que Suzanne (Céline Bonnier) la voleuse reprendra le chemin de Lietteville à l’automne? Et est-ce que notre Henriette (Danielle Proulx) pourra essayer de reconquérir son Momo (Gaston Lepage) en dehors des murs?

Bien sûr que ça n’allait pas finir mal pour Hubert et Fanny, classée dans les comédies dramatiques. Mais finir de façon prévisible, ça, oui. De toute façon, le public n’aurait pas pardonné à l’auteur de conclure sans laisser Fanny dans les bras du beau Hubert. N’attendez pas de suite, il n’y en aura pas. Sage décision, on aurait étiré la sauce.

LES AURORE, UN MOIS PLUS TARD

J’en étais venu à craindre qu’on prenait congé des Aurore cette année. Heureusement, Infoman remettra ses prix citron du cinéma le jeudi 26 avril à 19h30, sur ICI Radio-Canada Télé, un mois après la date habituelle. Le même jury décernera ses ronds de poêle, en hommage à la petite Aurore. Alors qu’ils étaient complètement absents au début, certains «lauréats» acceptent maintenant de venir chercher leur prix. Parmi ceux qui ont eu ce courage : Louis Morissette, Guy Jodoin, Maxim Gaudette, Patrice Robitaille et Christian Bégin.

Télé et radio

Mensonges 4... enfin!

CHRONIQUE / Vous dire à quel point je l’attendais, cette quatrième saison de Mensonges. J’ai suivi les trois premières avec passion, et toujours trouvé fabuleux le trio formé par Fanny Mallette, Éric Bruneau et Sylvain Marcel. Gilles Desjardins, un de nos auteurs les plus pointilleux et rigoureux, imagine les scénarios à la fois les plus tordus et les plus efficaces. Et vous savez quoi? Il ne regarde jamais de séries policières. Quel auteur brillant.

Sachez que la quatrième saison, qui démarre le mercredi 11 avril à 21h sur AddikTV, se déroule quatre ans après la troisième. Et croyez-moi, votre attente sera récompensée, avec la présence de Claude Legault en prime. Dès le générique d’ouverture, vous sentirez le changement de ton. La série de 10 épisodes se penche sur une grande enquête durant toute la saison, sans cas secondaires dans chaque épisode. L’auteur avait envie de quitter la salle d’interrogatoire où sont passés tant de suspects durant toutes ces années, pour plonger ses personnages dans une grande opération Mr. Big, qui consiste à coincer les criminels en élaborant des scénarios, et ainsi obtenir leurs aveux.

On nous prévient qu’il est possible de suivre la quatrième saison sans avoir vu les précédentes. Au moment où on la retrouve, Julie Beauchemin (Fanny Mallette) est à la tête de l’escouade Catharsis, dont très peu de gens connaissent l’existence. On a même réussi à faire croire au bon Bob Crépault (Sylvain Marcel) que Julie a été mutée aux ressources humaines. Celui-ci dirige maintenant les homicides, est marié à Cindy (Olivia Palacci), l’ancienne réceptionniste, d’une jalousie maladive, et avec qui il a eu des jumeaux.

Déjà dans la troisième saison, diffusée il y a déjà deux ans, on avait mis la table pour cette opération Mr. Big. C’est avec cette méthode controversée mais efficace que l’escouade Catharsis compte identifier un pyromane, qui allume ses victimes après les avoir aspergées d’essence, vêtu d’une combinaison qui lui cache le visage. Olivier Barrette, qui jouait le fils de Marie Lamontagne dans Unité 9, incarne un scénariste et acteur, sur qui pèsent certains soupçons.

Au moment où la troisième saison se terminait, Julie détenait sur une clé USB les aveux de Maxime (Éric Bruneau) pour le meurtre de Martin Champagne (Yves Jacques). Les deux ne se sont jamais revus depuis. Désormais affecté à la protection de diplomates, Maxime n’a encore jamais rencontré sa fille Florence, qu’il a eue avec Julie. Sans qu’on connaisse trop ses intentions, Julie décide de le contacter pour l’aider à redémarrer son enquête qui piétine. Jean-Marc (Gabriel Arcand), le père de Julie, s’oppose vigoureusement à cette reprise de contact.

Emprisonnée pour meurtre non prémédité, Carla Moreli (Mélissa Désormeaux-Poulin) est libérée au début de la série, avec en tête le désir d’être mère. Et qui pensez-vous désignera-t-elle comme géniteur? Dès sa sortie, «l’actrice» qui a lâché le porno devient un atout pour l’équipe de Julie, et un personnage très payant pour la série. Alors que Fanny Mallette joue la mère d’un ado transgenre dans Hubert et Fanny, son personnage de Mensonges voit sa fille Romane (Jade Charbonneau) éprouver des penchants pour une de ses amies, et suivre les traces de sa mère et de son grand-père en voulant devenir enquêteure, ce qui déplaît à Julie mais rend très fier grand-papa.

Autre atout majeur cette saison : l’arrivée de Claude Legault à la fin du second épisode, et de façon spectaculaire. Je ne vous en dis pas plus. Patrick Drolet, Julie McClemens et Mylène Mackay s’ajoutent aussi à la distribution, et Guy Nadon fait un retour, dans son rôle de romancier assassin.

Rappelons qu’à la réalisation, Francis Leclerc a dû prendre la relève de Sylvain Archambault en cours de tournage, celui-ci ayant été visé par des allégations d’inconduites sexuelles. Vous n’y verrez que du feu. Pour l’anecdote, Francis Leclerc avait dû remplacer au pied levé Luc Picard, d’abord désigné pour réaliser Apparences, la série de Serge Boucher. Pour Mensonges, il a travaillé presque jour et nuit pour visionner toute la série et coller le mieux possible à cet univers déjà installé.

Mensonges détient le record d’écoute d’AddikTV avec 452 000 téléspectateurs. Un soir, la chaîne est même arrivée deuxième derrière TVA dans les sondages. Au printemps, AddikTV propose plusieurs nouveautés, dont S.W.A.T., le remake de la série des années 70 avec Shemar Moore (Esprits criminels), et La pécheresse, avec Jessica Biel en mère de famille ayant commis un acte épouvantable pour aucune raison valable. La chaîne présente aussi la cinquième saison d’Histoire d’horreur avec Lady Gaga.