Richard Therrien

Éboueurs: héros du sac vert

CHRONIQUE / Quand on dit que la télé peut changer nos perceptions, que ce soit du côté médical avec De garde 24/7 ou de l’itinérance avec Face à la rue, il n’y a rien d’exagéré. Et il est fort possible qu’Éboueurs, la série documentaire qui commençait mercredi à 19h30 à Canal D, ait le même effet sur vous.

On le sait : il n’y a rien de plus irritant que de suivre en voiture une benne à ordures, ou de se faire réveiller aux petites heures par la visite des éboueurs. Malgré tout, j’irais jusqu’à dire que votre degré de tolérance pourrait s’élever ne serait-ce que d’un tout petit cran après avoir vu la série. Parce qu’ils en ont de l’endurance et une bonne dose de courage et de patience, ces héros du sac vert.

Il en faut, surtout un lendemain de déménagement caniculaire, où les locataires en ont profité pour se débarrasser de toutes leurs cochonneries les plus encombrantes. Le plus dégueulasse, selon une éboueuse de la série? Pas tant les déchets juteux que les vieux matelas, parfois infestés de punaises. «Une place de crottés», lance son partenaire de travail en pointant l’appartement de résidents vraiment pas respectueux. C’est direct, mais on dirait probablement la même chose dans ses bottines.

Qu’on se le dise : on fait dur parfois dans la gestion de nos vidanges. Pas surprenant que les blessures chez les éboueurs soient si courantes. Chaque fois que vous jetez un miroir, un morceau de verre ou de porcelaine directement aux ordures, pensez-y. Les entorses lombaires ne sont pas rares non plus. À Montréal, après Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, le quartier Côte-des-Neiges est champion en matière d’ordures : 1500 tonnes de détritus jonchent les trottoirs chaque semaine. Je serais curieux de savoir où on jette le plus à Québec.

Éboueurs démontre aussi à quel point nous sommes de mauvais recycleurs. Huit pour cent du contenu de nos bacs est irrécupérable et ralentit tout le triage. Non, on ne met pas de blocs de béton dans son bac de récup. Pas plus que des appareils électriques. Montre-moi tes vidanges et je te dirai qui tu es. J’irai d’ailleurs de ce pas consulter les trucs et conseils réunis dans des capsules aux titres tels que «Réussir son jus de poubelles (ou pas)», «3 règles pour mieux gérer son compost» et «Les poubelles, un danger pour votre chien!» C’est sur le site de la série à eboueurs.canald.com.

Éboueurs, c’est aussi des personnages auxquels on s’attache : dans les deux premiers épisodes, ce sont Sylvie «Big Mama», la maman poule, et son fils Nicko; les sympathiques Fokom et Jonathan; et le duo drôlement assorti, mais irrésistible, l’Italienne Kiki et Guillaume, alias «Légende d’automne». Leur patron essaie autant que possible de former des équipes aux caractères compatibles, pour faciliter les choses. Ils ont intérêt à être efficaces, parce qu’on les suit à la trace grâce à un GPS, et on sait lorsque l’un d’entre eux arrête sa course pour s’acheter un café. À 2000 arrêts-départs chaque jour, vous avez intérêt à ne pas perdre de temps.

Le vulgarisateur scientifique de Génial!, Martin Carli, agit comme narrateur de cette série de huit épisodes fort intéressante, et réalisée avec une pointe de fantaisie par Frédéric Gieling. Plus tard dans la série, on les verra affronter le froid et on saura pourquoi les éboueurs détestent tant recueillir le compost. Sachez qu’Éboueurs est aussi diffusée le samedi à 14h30, si vous l’avez manquée mercredi.

Il y a certainement quelque chose d’héroïque à endurer des odeurs nauséabondes à longueur de journée, à risquer de se blesser à tout moment, ou de recevoir une giclée de jus de poubelles au visage. Qu’ils fassent autre chose, direz-vous? Dites-leur plutôt merci de le faire. Comme dirait l’autre : «respect».

RICHARD THERRIEN

Une adaptation de «Brooklyn Nine-Nine» tournée à Québec

BLOGUE / Patrick Huard réalisera une adaptation québécoise de la série américaine «Brooklyn Nine-Nine», destinée à une plateforme de Québecor. L'oeuvre sera produite par ComediHa! et tournée à Québec cet été.

Série policière sur le ton de la comédie, et diffusée depuis 2013, d'abord à Fox puis à NBC, Brooklyn Nine-Nine a pour cadre un poste de police du célèbre quartier de New York, qui accueille un nouveau patron sévère et impatient. C'est la première fois que cette série est adaptée à l'international, mais d'autres fictions ont inspiré des titres québécois, tels que La job (The Office), Madame Lebrun (Mrs. Brown's Boys) et Complexe G (Toren C).

C'est un retour à la réalisation pour Patrick Huard, qui avait fait ses preuves avec Taxi 0-22, Les 3 p'tits cochons et Filière 13. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour la Capitale-Nationale, qui accueille aussi le tournage de la série La dérape durant la saison estivale.

Brooklyn Nine-Nine a créé la surprise en 2014 en remportant le Golden Globe de la meilleure série télévisée musicale ou comique, en plus de celui du meilleur acteur pour Andy Samberg. La série vient d'être renouvelée pour une septième saison à NBC.

La distribution et la plateforme de diffusion de l'adaptation québécoise seront annoncées plus tard.

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Télé et radio

Le retour de Julie Snyder confirmé

CHRONIQUE / C’est confirmé: Julie Snyder aura son talk-show à V durant 13 semaines cet hiver. Tel que je l’annonçais dans Le Soleil le mois dernier, l’animatrice préparait activement son retour, et son choix s’est finalement porté sur ce projet.

Quelques détails de plus ont filtré sur la formule, notamment que Julie retrouve son complice de toujours, Stéphane Laporte. «Julie est la meilleure animatrice de talk-show. Qu’elle retourne à ses premières amours, ça m’enthousiasme», affirme le concepteur, qui talonne son amie depuis 10 ans pour qu’elle revienne à cette formule. Autant Julie était nerveuse à l’idée de coanimer L’été indien il y a cinq ans, autant l’émission lui a redonné la piqûre pour le talk-show. «Ça m’a sécurisée, j’ai vraiment aimé ça», résume-t-elle.

Stéphane Laporte croit que L’été indien a représenté un bon laboratoire pour la nouvelle émission à venir. «Ça allait de soi qu’elle revienne au talk-show», dit-il. La nouvelle quotidienne d’une heure sera présentée du lundi au jeudi à 21h, heure inhabituelle pour un talk-show. Mais le public cible de V n’est pas devant son écran à 22h. Comme c’est le cas pour la plupart des talk-shows, deux émissions seront présentées en direct, et deux seront enregistrées, le lundi et le mercredi. «C’était très important pour moi qu’on en fasse en direct, mais l’enregistrement nous permettra des choses que le direct ne nous permet pas», explique l’animatrice.

Quelle folie se permettra la démone pour sa première, elle qui a plongé dans le fleuve pour L’enfer c’est nous autres, pris feu pour Le poing J, sauté d’un canon en France et fait du ski nautique avec Céline pour L’été indien? «Je n’ai pas perdu le goût du risque. Je veux garder ça», affirme Julie, qui produira l’émission chez Productions ToRoS. Trop tôt pour donner d’autres détails, mais on aura recours à des «séquences de la vraie vie d’une animatrice». «Julie n’est pas seulement divertissante en ondes, elle a la même folie en dehors des caméras», plaide Stéphane Laporte.

Si Julie a mis autant de temps à revenir au talk-show, c’était entre autres pour se consacrer à ses enfants, et même avant, aux multiples tentatives de fécondation in vitro. Son dernier talk-show quotidien remonte à son expérience française en 2000, avec Vendredi, c’est Julie, d’abord hebdomadaire, mais qui s’est déclinée chaque soir sur France 2. Comme je l’écrivais, l’animatrice a reçu d’autres propositions alléchantes, mais elle compte pour l’instant se consacrer entièrement au talk-show.

C’est en quelque sorte un retour pour Julie à V puisqu’elle avait fait ses débuts au défunt TQS, notamment comme chroniqueuse à l’émission Wow, avant d’enchaîner avec Marguerite et compagnie et l’animation de Sortir. «Julie a changé la façon de faire de la télé», affirme Stéphane Laporte.

Mardi, Groupe V Média a confié à sa nouvelle vedette l’animation de la soirée de présentation de la grille automne-hiver aux annonceurs, ce qu’on appelle dans le métier un trade show. Une façon de propulser l’animatrice à l’avant-plan en vue de son grand retour. Rien n’a encore été annoncé au sujet de Phil s’invite, que produit aussi Julie Snyder, mais voudra-t-on de deux formules de talk-show à la même antenne?

Richard Therrien

Le Trône de fer: la saison à refaire?

CHRONIQUE / Aussi bien vous le dire tout de suite : cette chronique contient des éléments qui risquent d’insatisfaire ceux et celles qui n’ont pas vu l’avant-dernier épisode du «Trône de fer» («Game of Thrones»), diffusé dimanche dernier. Alerte aux divulgâcheurs.

Voilà, c’est dit. Les fans l’ont attendue avec impatience cette huitième et ultime saison, presque deux ans après la chute du mur et l’invasion des marcheurs blancs. À quelques jours de la grande finale, ils sont sens dessus dessous. Cet épisode d’Apocalypse, sans doute le plus violent, m’a laissé sur le cul dimanche soir. On nageait en plein film d’horreur, se demandant ce qui allait rester de Port-Réal. Eh bien, à peu près rien. La scène de bataille entre Sandor et Gregory était aussi interminable qu’insoutenable, yeux crevés et couteau dans la tête inclus.

Ce cinquième épisode, qu’on dira maudit, a obtenu la plus faible cote de toute la série sur le site Rotten Tomatoes. À l’inverse, il a rassemblé 18,4 millions de télé­spectateurs, un record pour la série. La grogne est bien réelle, des fans ont même lancé une pétition pour faire réécrire la dernière saison de la série. L’auteur des romans, George R.R. Martin, qui a travaillé étroitement avec HBO jusqu’à la cinquième saison, avait prédit cette polémique. N’empêche, il a confié à 60 Minutes que son histoire ne devrait pas trop différer de celle de la série télé, sauf pour les personnages secondaires. Il peut toujours changer d’idée.

Bien entendu, je souhaitais depuis le premier jour voir Cersei Lannister périr dans d’atroces souffrances, à la hauteur de sa cruauté. Mais je n’avais pas imaginé que cette femme forte, qu’on a confinée à regarder par sa fenêtre du donjon rouge, mourrait bêtement ensevelie sous les pierres, enlaçant son jumeau et amant, une scène ridiculisée sur les réseaux sociaux. Tout ça après l’idylle bâclée entre Jaime et Brienne.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette huitième et ultime saison très attendue a déstabilisé les fans de la première heure. De l’avis de plusieurs, les personnages ont pris une toute autre dimension, souvent incohérente avec leur véritable nature. Le meilleur exemple en est Daenerys Targaryen, la mère des Dragons, pacifique depuis toujours, épargnant les innocents et même les coupables, mais devenue soudainement cruelle et sans pitié. La voir détruire Port-Réal à dos de dragon, faisant fi des cloches indiquant la reddition de l’armée de Cersei, avait quelque chose de surréaliste. Déception pour ceux qui, comme moi, s’accrochaient à la profondeur d’âme de ce personnage de pouvoir. Or, d’autres se sont souvenus que Daenerys avait eu une vision de la salle du Trône recouverte de cendres, dès la deuxième saison. Un rêve prémonitoire en quelque sorte. D’autres scènes ont servi de présages à cette hécatombe. Il n’y a rien qui arrive pour rien.

De tous, Jon Snow est celui qui est resté le plus fidèle à lui-même, mais il regrettera sans doute amèrement sa confiance presque aveugle en Daenerys. Quoi qu’on en dise, cette huitième saison aura atteint des sommets d’effets visuels mystifiants. La bataille nocturne, qui a nécessité 55 nuits de tournage, était particulièrement saisissante, mais jamais autant que la destruction de Port-Réal. Et les dragons m’apparaissaient réels, même si personne n’aurait été capable de se tenir sur leur dos comme l’ont fait Daenerys et Jon Snow.

Comment se conclura cette grande saga? La fin apaisera-t-elle un peu les fans déçus? Rendez-vous dimanche à HBO à 21h, en simultané à Super Écran, avec sous-titres français, avant la diffusion de l’épisode en version doublée, lundi à 22h. Mon seul souhait : ne tuez pas Jon Snow.

Chronique

ELLE fictions convoite la femme active

CHRONIQUE / «Beautés désespérées, Dawson, Gilmore Girls, Chère Betty, Les contes d’Avonlea»... On croirait la programmation d’une chaîne souvenirs, style Prise 2. C’est pourtant le cœur de ce que sera ELLE fictions, la nouvelle chaîne qui remplacera MusiquePlus à partir du 26 août à minuit. Une programmation destinée à la «femme active» de 25 à 54 ans, qui proposera des séries et des films «faciles à regarder», précise-t-on. Un peu réducteur, vous ne trouvez pas?

Au premier coup d’oeil, j’admets être déçu, bien que je ne fasse pas partie du public cible. Déjà que ELLE fictions est composée à 100 % de séries traduites. Il y a bien quelques primeurs, comme la nouvelle mouture de Dynastie, qui connaît un certain succès et dont deux saisons ont été diffusées sur CW aux États-Unis. Et aussi, Les juristes, version française de For the People, série de Shonda Rhimes récemment annulée par ABC. J’allais presque oublier Pasión Prohibida, une telenovela traduite de l’espagnol qui date de 2013. Pour le reste, beaucoup de réchauffé.

Pour lancer cette chaîne, Groupe V Média s’associe à l’empire français Lagardère, éditeur majeur en Europe, qui possède déjà une chaîne télé, ELLE Girl TV, destinée à public plus jeune. V mise sur la marque ELLE, reconnue à travers le monde, pour attirer un public féminin, même si le contenu de ELLE fictions n’aura rien à voir avec le magazine. Lagardère n’a d’ailleurs aucun droit de regard sur cette programmation, mais sera très attentif au rendement de cette chaîne avec l’intention de reproduire le modèle ailleurs dans le monde.

Quand on lui fait remarquer que ELLE fictions recyclera beaucoup de vieux matériel, le vice-président exécutif stratégie et communication, Dimitri Gourdin, plaide que la nostalgie marche encore beaucoup. Il cite DHouse, dont les rediffusions sur MAX font d’excellents scores. Une autre preuve en est le succès de Prise 2, la plus regardée parmi les chaînes spécialisées de divertissement de TVA. Et ce, même si la majeure partie de ces séries souvenirs se trouvent facilement sur le Web. «L’expérience montre que lorsque tu reprogrammes des séries comme ça, le public est là», affirme M. Gourdin.

Reste que l’existence de ELLE fictions ne stimule en rien la production originale québécoise, pas plus que celle de MAX, composée à 100 % de contenu traduit. À cela, Dimitri Gourdin répond que Groupe V Média «ne ferme pas la porte aux productions originales, mais pas avant la troisième année d’existence. Tout dépendra du succès de la chaîne.» En plus des séries que proposera ELLE fictions, on inclura beaucoup de longs métrages, notamment des téléfilms du catalogue Hallmark, dérivés des romans Harlequin, avec qui Groupe V Média a conclu une entente, comme avec d’autres studios tels que Disney, CBS, Warner Bros., Universal et Sony.

Une chaîne peut-elle encore se fermer à tout un public, dans ce cas-ci, les hommes? «L’idée n’est pas de faire une chaîne genrée. Oui, on s’adresse aux femmes, mais ça n’empêche pas les hommes de la regarder», précise Dimitri Gourdin, convaincu qu’il y a de l’espace pour une chaîne de fictions d’inspiration plus féminine. En espérant que d’autres nouveautés s’ajoutent d’ici le 26 août.

Code All Stars, émission jeunesse?

Quand on visionne Code All Stars, la série de VRAK qui réunit les vedettes de Code F. et de Code G., on s’étonne que le gala Artis intègre ces émissions dans la catégorie Émissions jeunesse. Imaginez dimanche dernier qu’en présentant Pier-Luc Funk parmi les nommés, on aurait diffusé un extrait où il affirme faire d’excellents cunnilingus, comme c’est le cas dans un des épisodes. Quand le trophée est en plus remis par le trio de Passe-Partout, il y aurait de quoi éprouver un malaise. Malgré toutes ses qualités, dont son absence de filtre, Code All Stars n’est pas une émission jeunesse. On l’a dit souvent : VRAK n’est plus une chaîne pour ados, mais s’adresse désormais à de jeunes adultes, particulièrement en soirée. Un virage assumé, mais pas toujours compris par le public. Dans Code All Stars, qui commençait mardi à 21h et dont ce sera les 15 derniers épisodes, les gars et les filles vont encore plus loin dans leurs propos. J’aime particulièrement Catherine Ethier, Katherine Levac et Julien Lacroix. C’est souvent drôle, mais quand on tombe dans le propos scatologique, comme c’est le cas de Maripier Morin dans une des émissions, là, je décroche.

Chronique

Hélène et Roy dans «Toute la vie»

CHRONIQUE / Hélène Bourgeois Leclerc était encore sur un nuage au lendemain du gala Artis, où elle a remporté le trophée dans la catégorie des séries dramatiques annuelles pour son rôle d’Isabelle dans «District 31». On croyait la voir s’éclipser un moment, mais non, puisqu’elle sera la vedette de la nouvelle série de Danielle Trottier, «Toute la vie», diffusée dès cet automne sur ICI Radio-Canada Télé. Et avec Roy Dupuis en prime.

Après la fin d’Unité 9, Danielle Trottier admet avoir vécu «une petite détresse», de peur de ne jamais retrouver l’intensité et la profondeur de cette série qui a marqué le public. C’était avant d’embarquer dans Toute la vie, sur le quotidien d’un centre d’hébergement et établissement d’enseignement pour jeunes filles mères, l’école Marie-Labrecque, unique au monde. Alors qu’Hélène Bourgeois Leclerc jouera Tina, la directrice de l’établissement, Roy Dupuis sera Christophe, nommé depuis peu psycho­éducateur. «On va vouloir les cloner et en envoyer partout au Québec», croit l’auteure, qui parle de personnages dévoués et investis d’une mission.

Il y avait un bon moment que Roy Dupuis avait joué à la télé; c’était il y a sept ans dans Les rescapés. C’est le réalisateur Jean-Philippe Duval qui a eu l’idée de le contacter directement pour sonder son intérêt pour ce rôle de psychoéducateur affable. Roy est sorti enchanté de sa rencontre, touché par le sujet, ayant lui-même une personne proche qui a dû renoncer à ses études pour des raisons similaires. On apprendra que Christophe a eu une enfance marquée par la violence, et qu’il souhaite donner aux autres ce qu’il n’a pas reçu. Roy retrouve aussi Fabienne Larouche, qui avait coécrit Scoop et Urgence à l’époque, et qui produit Toute la vie avec Michel Trudeau chez Aetios.

Si vous croyez qu’Hélène Bourgeois Leclerc a renoncé à son rôle d’Isabelle dans District 31 parce qu’on lui a offert celui de Tina dans Toute la vie, il n’en est rien. Quelques mois ont passé entre les deux décisions. Avant que vous ne posiez la question, sachez que Tina et Christophe entretiendront une relation strictement professionnelle, «exceptionnelle, mais pas amoureuse», précise l’auteure.

Toute la vie devrait satisfaire ceux qui réclament à raison de nouveaux visages et plus de diversité à la télé. Parmi les élèves de Marie-Labrecque figurent d’ailleurs deux jeunes filles qui n’ont jamais joué, et qui ont été trouvées par l’entremise de Facebook. À côté de ces nouvelles venues, qui ont pour noms Naïla Victoria Louidort-Biassou, Tayna V. Lavoie, Evelyne Laferrière, Ambre Jabrane et Alison Carrier, figurent les noms bien connus de Fanny Mallette, Emmanuel Bilodeau, David Boutin et Nathalie Mallette.

Les jeunes héroïnes de la série n’auront pour la plupart pas choisi d’être enceintes. Le choix qu’elles font cependant, c’est de garder leur bébé, quoi qu’en pensent leurs parents. Ces filles mères sont en aussi bas âge que 13 ans, comme c’est le cas d’Anaïs (Cassandra Latreille), qui souhaite convaincre ses parents de la faire admettre à Marie-Labrecque.

On croyait peut-être que les histoires de filles mères appartenaient aux années 50, mais il n’en est rien; ça existe encore aujourd’hui. Et il est encore mal vu dans les écoles de les accueillir, de peur qu’elles influencent leurs camarades à être enceintes elles aussi, de là l’importance d’une école comme Marie-Labrecque, un milieu favorable à leur épanouissement. Les six filles dont on suivra de plus près la grossesse la rendront toutes à terme, avec toutes les complexités que cela implique.

Contrairement à Unité 9, Toute la vie ne sera pas tournée en studio, même en partie, mais dans un vieil édifice retapé à Montréal, question de créer l’environnement le plus naturel possible pour les jeunes actrices sans expérience. La tournage commence la semaine prochaine.

La soirée Artis en hausse

La 34e soirée Artis a été suivie par 1728 000 téléspectateurs, dimanche soir à TVA. C’est plus que l’an dernier, alors que 1638 000 personnes étaient au rendez-vous. Beau succès aussi pour le tapis rouge, qui a rallié 1299 000 curieux à 19h, comparativement à 1164 000 l’an dernier. À la même heure dimanche, le téléfilm Ma vie avec Liberace n’a retenu que 97 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé.

RICHARD THERRIEN

La soirée Artis en hausse

BLOGUE / La 34e soirée Artis a été suivie par 1 728 000 téléspectateurs, dimanche soir à TVA. C'est plus que l'an dernier, alors que 1 638 000 personnes étaient au rendez-vous.

Beau succès aussi pour le tapis rouge, qui a rallié 1 299 000 curieux à 19h, comparativement à 1 164 000 l'an dernier.

À la même heure dimanche, le téléfilm Ma vie avec Liberace n'a retenu que 97 000 téléspectateurs sur ICI Radio-Canada Télé.

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Télé et radio

Gildor et Sarah-Jeanne, roi et reine du gala Artis

CHRONIQUE / Pour être surpris, on l'a été dimanche soir par cette 34e soirée Artis. Ce sont les artistes d'ICI Radio-Canada Télé, au nombre de 10, qui ont été récompensés le plus, devant ceux de TVA, salués à six reprises. Le monde à l'envers pour une soirée qu'on a longtemps qualifiée du «gala de TVA».

Il faut dire que District 31 est un phénomène contre lequel même le diffuseur privé ne fait pas le poids. L'immense ascendant de Gildor Roy sur le public s'est manifesté trois fois dimanche, pour cette série mais aussi pour son rôle dans Lâcher prise. Le futur grand-papa nous a fait un sympathique portrait familial. Aussi gagnante, Hélène Bourgeois Leclerc, dont le personnage a quitté la série en fin de saison, se fait dire par le public : «ne pars pas, Isabelle!» Quoique le vote a eu lieu avant les adieux. Véritable reine de la soirée, Sarah-Jeanne Labrosse a fait le plein de trophées avec trois, dont le plus prestigieux, celui de la personnalité féminine. «Merci de me dire que ma personnalité, est correcte!» a lancé la Donalda des Pays d'en haut et égérie de Révolution, très émue. L'actrice a aussi décroché le trophée jeunesse pour Le chalet à VRAK et le gala Mammouth à Télé-Québec.

Du côté des dramatiques saisonnières, l'auditoire a aussi attendu le départ du curé Labelle dans Les pays d'en haut pour récompenser Antoine Bertrand, auparavant reconnu dans la catégorie des comédies. Une ultime victoire sur Séraphin pour le bon curé. «Amour de ma vie, ramasse-toi!» a lancé le maître des remerciements à sa blonde, dans l'un des segments les plus drôles de la soirée.

Télé et radio

Pas de place pour l’ego pour Gino Chouinard

CHRONIQUE / Bientôt 12 ans qu’il se lève au beau milieu de la nuit du lundi au vendredi, après l’avoir fait quatre ans le week-end. Mais Gino Chouinard a eu une vie avant «Salut bonjour», de sorte qu’il compte 30 ans de carrière à son actif, un anniversaire qu’a voulu souligner son équipe vendredi dernier.

«Je devais aller tourner une publicité à Québec, mais on m’a fait croire qu’il fallait que je reste parce qu’on consacrait une partie de l’émission au Gala Artis. J’ai été bien naïf», raconte l’animateur de 51 ans, encore sous le coup de l’émotion. Prenant le contrôle de l’émission, Jean-Michel Anctil a alors refait la ligne du temps de la carrière de Gino, sortant bien sûr de multiples extraits et photos, pas toujours les plus flatteurs!

Il est loin le temps où, durant ses années d’études au Conservatoire Lassalle, il annonçait des rabais sur des jeans avec un porte-voix au centre d’achats Pie-IX à Montréal. Ou qu’il annonçait des sous-vêtements et des serviettes en coton molletonné au magasin La Baie du Mail Champlain. «J’aimais ça parce que ça me permettait de construire des messages publicitaires. C’était une école, et ça faisait partie de mon apprentissage», dit-il aujourd’hui avec philosophie.

C’est à titre d’annonceur maison du jeu Double défi qu’il a fait ses débuts à l’écran à TVA, le 10 mai 1989, avant de devenir la voix de Fais-moi un dessin et de Charivari. «Après 10 ans comme annonceur à TVA et à la radio de Joliette, je voulais me réinscrire à l’université pour finir un bac, mais finalement ce creux de vague-là n’a pas duré longtemps. Je pense que j’ai bien fait», affirme celui qui a ajouté une corde à son arc depuis en devenant ambassadeur et propriétaire des boutiques Chocolats favoris.

Sur ces 30 ans, Gino Chouinard en aura passé six à Québec, à la barre notamment des émissions Ciné-magazine, Zap week-end et à la chronique culturelle du Grand journal de TQS Québec, mais aussi au micro de CHIK. «C’était des années d’exploration. Durant mon université, je travaillais dans un hôpital comme préposé aux bénéficiaires tout en faisant de la télé et de la radio communautaires. Quand je suis arrivé à Québec, je faisais de l’écran pour la première fois après des années comme annonceur à TVA. J’ai pu délimiter ma zone, ma couleur, ma personnalité. Au Grand journal, on nous laissait très libre. Mon patron d’alors, Pierre Taschereau, qui est maintenant mon patron à Montréal, nous encadrait bien mais nous permettait de créer notre couleur. Le grand journal avait connu un succès phénoménal à l’époque.»

Près du record de Guy Mongrain

À la veille de battre le record de Guy Mongrain, qui a quitté Salut bonjour après 13 ans de service, Gino Chouinard ne songe pas encore au jour où il pourra rester couché le matin. «Guy est une référence, mais je ne me donne pas comme but d’atteindre son record. Je préfère me demander si j’ai encore du plaisir. J’ai une belle équipe, je ne sais pas si je vais encore être capable de me lever à cette heure-là, mais pour l’instant, quand j’y réfléchis, je n’ai pas le goût d’arrêter.» Née à l’automne 1988, l’émission est encore la référence le matin. «L’automne dernier, on a fait autour de 360 000 pour 45 parts de marché», dit avec fierté l’animateur, citant au passage la forte concurrence des multiples plateformes.

Et pourtant, il n’y a pas que des avantages à tenir la barre d’une émission aussi populaire. «La charge de travail de quatre heures de direct fait que la vie sociale est inexistante. Ma fille a 12 ans, mon fils a 9 ans, ils sont rendus à venir me donner un bisou à 20h15 avant d’aller faire de la lecture. Je ne sors jamais, c’est une de mes déceptions, j’aimerais ça aller voir des chums, des humoristes, des chanteurs, mais j’ai un choix à faire.»

Gino ne caressait pas du tout l’ambition de succéder à Guy Mongrain, ni même à Benoît Gagnon, qui l’a fait durant trois ans. «Je ne l’avais tellement pas qu’il a fallu me convaincre de remplacer Guy Mongrain à son premier été d’absence. J’avais été annonceur à Charivari, Guy était un modèle pour moi, je ne me sentais pas prêt à le remplacer.» L’animateur souffre-t-il du syndrome de l’imposteur? «Je viens d’une famille bien modeste, où il fallait laisser la place aux autres. J’ai grandi dans des commerces, mon père était postier, il s’occupait de l’hôtel de mon oncle, j’ai toujours été en contact avec le public, il a toujours fallu que je prenne peu de place. Aujourd’hui, une bonne partie de ma job est de mettre les autres en valeur. C’est comme si cette jeunesse-là, en contact avec le public, a fait de moi un bon gars de service à la clientèle. C’est comme ça que je me vois à Salut bonjour.»

Abonné au gala Artis — il a remporté son 12e trophée dimanche dans la catégorie des émissions de services — Gino Chouinard entend bien sûr ce commentaire, «c’est toujours les mêmes qui gagnent», sans toutefois le prendre personnel. «Ça ne m’insulte pas, je comprends ces commentaires. Dans ma catégorie, il y a de très belles personnalités, de bons animateurs. C’est le public qui décide, alors j’ai beau me sentir un peu coupable ou mal à l’aise comme je l’ai déjà mentionné dans mes remerciements, je n’ai pas de contrôle là-dessus. J’ai cessé de m’en faire avec ça, mais j’avoue que je me suis questionné et j’ai souhaité qu’ils en fassent gagner un autre. J’ai beau être modeste, à un moment donné, il faut que je prenne ce qui m’arrive.»

Tout le monde s’entend sur une chose : Gino Chouinard compte parmi les êtres les plus sympathiques du milieu artistique. Pas de place pour l’ego dans son cas. «Ce n’est pas valorisant de tirer sur la couverte des autres pour en prendre de son bord. Étonnamment, en agissant comme ça, je récolte davantage. Ce matin, j’ai été ébranlé par les témoignages de mes collègues. J’essaie toujours d’être un bon compagnon, un bon guide, un bon capitaine. Je suis fier d’avoir su créer quelque chose d’aussi sincère au sein de mon équipe.»

Richard Therrien

La gentillesse assumée du gala Artis

CHRONIQUE / Vous aimez vos galas bien épicés, capables de quelques méchancetés? La soirée Artis, dont TVA diffuse la 34e édition dimanche à 20h, précédée du tapis rouge dès 19h, ne mange pas de ce pain-là. Et c’est pleinement assumé, confie Jean-Philippe Dion, qui coanime la soirée avec Maripier Morin pour la deuxième année consécutive.

«Il est où le cahier de charges qui dit que, dans un gala, faut faire de l’humour incisif? C’est le fun pour qui? Pas pour le monde dans la salle, pas nécessairement pour le monde à la maison non plus», affirme celui qui porte aussi le chapeau de producteur au contenu pour ce gala de popularité. «On veut faire plaisir au monde. Le public a voté pour des gens, on est qui nous autres pour aller les critiquer devant eux?» Ce gala qui célèbre la télé, le duo d’animateurs le veut tout aussi festif et rassembleur qu’en 2018. L’an dernier, on a quand même joué safe, c’était notre premier, on a gardé une animation classique. Cette année, on se permet de faire des choses qu’on avait envie de faire dans un gala. On se délousse la cravate.»

Pour Jean-Philippe Dion, cet esprit de party rend meilleurs les remerciements des gagnants, souvent le point faible de bien des soirées du genre. «Dans un gala où tout le monde se sent un peu persécuté, c’est sûr que personne n’aura de fun. Nous, ce qu’on leur dit, c’est : “prenez votre temps, amusez-vous, ayez du fun”.» L’an dernier, les remerciements de Magalie Lépine-Blondeau, c’était du bonbon. Même chose pour Pierre Bruneau, qui a lancé une ligne coquine à sa Ginette. Tout ça me fait mourir de rire.» Pour réussir à faire prendre la mayonnaise, l’équipe fait remplir un questionnaire à tous les nommés pour connaître leur chanson de party préférée, avec le souci d’équilibrer la présence de chacun des réseaux, mais aussi de voir de nouveaux visages dans le gala.

Si vous croyez qu’une telle soirée est réglée au quart de tour six mois à l’avance, détrompez-vous. Encore lundi, on procédait à des changements et on retournait à la table d’écriture. «Je ne veux pas qu’on fasse des jokettes pour essayer de faire de l’humour de bas étage. Je retravaille beaucoup ça avec les scripteurs, Nicolas Boucher et Julien Tapp, et avec Maripier», explique Jean-Philippe.

Bien que fier du gala de l’an dernier, il en a retiré des leçons et a pris note des critiques. Notamment au sujet du choix de chanson en anglais pour Ariane Moffatt, qui reprenait What About Us de P!nk. «C’était notre erreur, on a oublié d’expliquer pourquoi», affirme l’animateur. Dans cette soirée qui célébrait les femmes et l’égalité des sexes, un tel titre pour présenter les personnalités féminines était pourtant justifié, comme l’a expliqué elle-même la chanteuse sur les réseaux sociaux au lendemain du gala. «On a beau avoir de bonnes idées, si on ne les communique pas et que les gens ne les comprennent pas, on a raté notre coup», poursuit l’animateur de La vraie nature, perfectionniste et très ouvert à la critique. «Si ce n’est pas bon ce que je fais, je veux qu’on me le dise. Dans la vie, on a toujours peur de blesser les gens. Mais c’est important de se dire la vérité, plutôt que de le regretter le lendemain du gala.»

On pourrait croire qu’un animateur de gala regarde toutes les remises de prix pour s’en inspirer. «J’ai regardé les Oscars et les galas de musique américains, et ça ne m’a pas inspiré. Ils ont un budget 1000 fois plus grand que nous, leur numéro d’ouverture coûte ce que l’ensemble de notre gala nous coûte, mais j’ai été plus inspiré par un vidéoclip de Sam Smith et Calvin Harris, Promises, pour le ton, l’ambiance, le style, plus que dans les codes de gala.»

Le mot variétés prendra tout son sens dimanche au Théâtre Denise-Pelletier, avec la présence sur scène de 18 danseurs dans une chorégraphie du duo gagnant de Révolution, Team White. Se relaieront également en musique le groupe ottavien LGS (Le Groupe Swing, composé de Michel Bénac et Jean-Philippe et connu pour son succès radio On perd la tête), Patsy Gallant, Mario Pelchat, Les sœurs Boulay, Véronique Claveau, Olivier Dion et Émile Proulx-Cloutier.

Seize trophées seront remis dimanche, y compris ceux des personnalités féminine et masculine, dont les nominations seront dévoilées durant le gala. Pierre Bruneau, Gino Chouinard et Dave Morissette risquent fort de monter sur scène encore une fois, mais les autres catégories pourraient causer des surprises comme l’an dernier, du moins, on l’espère.

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