Télé et radio

«Unité 9»: peut-on tout pardonner?

CHRONIQUE / Plus que 12 épisodes avant que Lietteville nous ferme ses portes. D’ici là, l’auteure Danielle Trottier compte régler plusieurs dossiers, mais pas à la sauvette. Les trois premiers épisodes d’«Unité 9», montrés aux journalistes, annoncent une quête vers la paix pour plusieurs personnages. Et pour y parvenir, ils devront chercher dans des zones grises et ô combien délicates.

Jeanne, qui nous a révélé Ève Landry au tout début de la série, sera certainement au centre de l’histoire pour ce dernier bloc d’épisodes. La belle amitié qu’elle entretient avec Eyota (Natasha Kanapé Fontaine), née au maximum, se poursuivra cet hiver. Par contre, ce lien qu’elle entretient depuis toujours avec Marie (Guylaine Tremblay) sera mis à rude épreuve. Jusqu’ici, personne d’entre nous n’aurait compris que Jeanne accepte d’adresser la parole à son agresseur, qui souhaite aujourd’hui obtenir la garde de la petite Victoire, née d’un viol. Vous verrez dès l’épisode de mardi que la réalité est plus complexe; de nouveaux éléments risquent de changer (un peu) votre opinion sur le violeur, Patrick Sirois (Maxime Dumontier).

Cette ambiguïté, qui a souvent suscité chez nous une empathie qu’on croyait improbable, a été l’une des grandes forces d’Unité 9 à travers les années : qu’on pousse le public à n’accorder ne serait-ce qu’une minute d’attention à des femmes qui ont commis des actes aussi horribles relevait du défi. C’est toute la profondeur et la subtilité de l’écriture de Danielle Trottier, qui nous ont gardés aussi longtemps devant notre écran le mardi à 20h. Pour l’auteure, c’est mission accomplie.

Prenez le personnage de Macha Vallières (Hélène Florent), qui a abusé d’enfants. L’image de son père, qu’elle a toujours idéalisée, en prendra un coup. Là aussi, sans jamais excuser l’acte, certains éléments expliqueront en partie le comportement de la détenue, encore appuyée par son ex-mari (Gabriel Sabourin), ce qui n’est pas banal. Mais qu’arrivera-t-il de notre Marie adorée? On peut supposer qu’elle fera enfin d’ici la fin de la saison son fameux aveu à Lucie, réclamé par le public, mais dans les faits, beaucoup plus ardu qu’une simple révélation.

J’adore Kathleen Fortin, qui apporte tout un relief au personnage de Manon «Boule de quille» Granger, que vous verrez beaucoup dans les prochains épisodes. Une stupéfiante transformation pour cette actrice, qui nous a éblouis en chanson à En direct de l’univers — Spéciale du jour de l’An. Il se crée entre Manon et le nouvel aumônier (René Richard Cyr) une relation des plus étranges; elle lui confie tout dans les moindres détails, y compris les abus sexuels dont elle a été victime. Ronald semble presque y prendre plaisir, ce qui ajoute à toute l’étrangeté du personnage. «Dans le fond, Ronald, c’est comme une femme de ménage; il veut juste nous aider à nous laver l’intérieur», dira Manon, dont on verra le frère dans des circonstances particulières.

Vous assisterez à plusieurs moments très émouvants dans les épisodes à venir. Dont une rencontre impliquant Manon, qui pourrait lui ouvrir de nouveaux horizons, et une scène où Jeanne fera la paix avec un des épisodes les plus durs de son passé. On a beaucoup pleuré sur le plateau en tournant les dernières scènes; nous verserons sans doute quelques larmes quand nous les verrons au printemps.

«Ça va faire peur au monde.» C’est une phrase qu’entendait le directeur des dramatiques André Béraud, quand il a donné le feu vert au projet d’Unité 9, d’abord refusé par TVA. L’univers d’une prison pour femmes faisait craindre une série glauque, trop sombre pour plaire au public. Le diffuseur a tenu son bout et le public s’est aussitôt pris d’affection pour ces criminelles. Le réalisateur Jean-Philippe Duval, qui venait du cinéma, aura tenu les sept saisons de la série, appuyé à quelques reprises par d’autres réalisateurs.

Déjà, la direction d’ICI Radio-Canada Télé sait ce qui devrait occuper la case du mardi à 20h cet automne. Le diffuseur développe un nouveau projet avec l’auteure Danielle Trottier et les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau, dont ils taisent pour l’instant la nature.

Près de 1,5 million pour «La fureur»

Jamais une émission ne dépasse le million le samedi soir à la télé généraliste. Mais c’était spécial cette semaine, alors qu’ICI Radio-Canada Télé ramenait La fureur pour un soir seulement. L’opération a été un succès, ralliant 1486 000 téléspectateurs, en direct devant leur écran, pour une part de marché de 46 %. Voilà qui donnera de l’espoir aux fans qui souhaitent le retour de l’émission. Pour ma part, je pense qu’un retour annuel serait le meilleur choix. Chaque semaine, ce serait peut-être un peu ambitieux. Le diffuseur n’a pas ailleurs pris aucune décision à ce sujet. À TVA Sports, le match opposant le Canadien aux Predators a été vu par 460 000 amateurs.

RICHARD THERRIEN

On veut encore «La fureur»

BLOGUE / C'est à se demander pourquoi personne n'y avait pensé avant. L'engouement pour «La fureur», qu'on a fait revivre le temps d'un soir samedi sur ICI Radio-Canada Télé, n'a rien perdu de sa vigueur, bien au contraire. Additionné du facteur nostalgie, l'effet «Fureur» avait même quelque chose de délirant, 20 ans après sa naissance dans le même studio 42. De la pure folie.

Déjà, après quelques minutes, on savait que ce retour pour un soir de La fureur serait un succès. Et que sans aucun doute, les fans n'attendront pas un autre 10 ans pour renouer avec le jeu mythique. C'est en pleine euphorie qu'est entrée Véro pour sa fameuse danse en ouverture. Comme dans le bon vieux temps, à part le décor, rien n'avait vraiment changé.

Joueurs vétérans – Élyse Marquis et Sébastien Benoit toujours aussi compétitifs – et ceux de la nouvelle génération – Mariana Mazza et Katherine Levac particulièrement euphoriques – se sont succédés au jeu, gars contre filles, avec la même furieuse rivalité. Une fois la chanson de ralliement passée, le jeu de «la chanson arrêtée» a donné le ton. D'un côté comme de l'autre, les candidats passeront leur temps à contester le pointage, comme dans le temps. La rivalité s'est même transportée dans le ménage Cloutier-Morissette : «J't'ai rencontrée icitte, j'peux te laisser icitte!» a lancé Louis à son épouse, lui remettant son jonc de mariage, que Phil Roy s'est empressé d'aller récupérer. Le duo se «réconciliera» plus tard, le temps d'une version modifiée du Feu sauvage de l'amour.

Le jeu a permis de revoir Linda Malo et Isabelle Brossard, qu'on n'avait pas vues depuis belle lurette. Un numéro réunissant les chanteurs des groupes Yelo Molo, Okoumé, Kaïn, La Chicane et Noir Silence a créé un moment magique en studio, le public reprenant en choeur leurs succès, de Juste pour voir le monde à Embarque ma belle. Dans un medley endiablé, Gabrielle Destroismaisons est venue faire un (trop court) bout de Et cetera.

Du côté des bémols, on aurait aimé voir les paroles arriver un peu plus vite à l'écran. Ça aurait entre autres évité un imbroglio impliquant Jay Du Temple, dans le jeu de la caméra musicale. La reprise d'un succès de Britney Spears par Charlotte Cardin était sympathique, mais on aurait souhaité plus d'invités spéciaux. Pour la fin, surprenante comme on les aime avec une victoire des filles 18 à 15, on aurait dû nous laisser la musique-thème au lieu de couper aussi sèchement; Le téléjournal aurait bien pu attendre, c'est pas tous les samedis soir qu'on peut renouer avec La fureur. Souhaitons que le diffuseur renouvelle l'expérience plus tôt que tard.

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Richard Therrien

Les choix télé de Richard Therrien

Vendredi Cinéma en fête: La grande séduction, Télé-Québec à 20h

Pour convaincre le Dr Lewis de pratiquer chez eux, les gens de Sainte-Marie-la-Mauderne sont prêts à tout.

Samedi 

Un jour, un destin - Michel Berger, messages personnels, TV5 à 21h30 UN JOUR, UN DESTIN 

Laurent Delahousse revient sur la vie de ce grand créateur de chansons.

Dimanche

Les jours de la semelle, un conte de Fred Pellerin, ICI Radio-Canada Télé à 20h

L’OSM et les Petits Chanteurs du Mont-Royal accompagnent en musique une nouvelle histoire du conteur.

RICHARD THERRIEN

«District 31»: une bombe avant les Fêtes

BLOGUE / Paraît que je détiens la palme du nombre de mentions de «District 31», selon Mesure Média. Faut dire que Luc Dionne m'a souvent donné l'occasion de commenter ses intrigues, qui nous ont encore une fois tenu en haleine tout l'automne.

J'ai visionné hier le 300e épisode, que vous verrez ce soir (jeudi) à 19h, sur ICI Radio-Canada Télé, le dernier avant les Fêtes. L'auteur avait annoncé une bombe, disons qu'il y a des têtes qui roulent. Lesquelles? Ne comptez pas sur moi pour brûler le punch, mais Luc Dionne ne fait pas durer le suspense bien bien longtemps; vous le saurez assez tôt dans l'épisode, du moins pour une des victimes. Ça fesse. Et ça va faire jaser durant le temps des Fêtes.

Cette saison d'automne, où District 31 a dominé le palmarès d'écoute, a été marquée par les enquêtes sur la mort de Léopold Jean et de Christian Phaneuf, de même que sur la captivité de Charlène Baribeau (Sophie Desmarais) dans le sous-sol de Yanick Dubeau (Patrice Godin), le faux gentil du poste de police. L'épisode de ce soir ne boucle rien de tout ça, bien au contraire. Le retour très attendu de Patrick Bissonnette (Vincent-Guillaume Otis) a eu lieu plus tôt qu'on le croyait, en début de semaine, même s'il a souvent été question de lui durant l'automne. Reste à voir si Daniel Chiasson (Gildor Roy) et son bon ami Laurent Cloutier (Patrick Labbé) seront démasqués. Et si Gabrielle Simard (Geneviève Brouillette) est aussi transparente qu'elle le laisse croire...

Dans la semaine du 3 décembre, District 31 a obtenu une moyenne de 1 512 000 fidèles, un exploit pour une quotidienne. Dans la semaine du 26 novembre, 1 596 000 étaient au rendez-vous.

La série sera de retour le lundi 7 janvier à 19h.

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Télé et radio

«5e rang» vaut-il le détour?

CHRONIQUE / La vie de Marie-Luce Goulet bascule à la mort suspecte de son mari. Plusieurs individus du village de Valmont sont alors soupçonnés. Mais pourquoi Guy Bérubé a-t-il quitté la maison pour se retrouver en si mauvaise posture? Cette question occupe les premiers épisodes de «5e rang», à partir du mardi 8 janvier à 21h sur ICI Radio-Canada Télé, contre «L’heure bleue» de TVA. La télé sort de plus en plus des villes, et ça fait du bien.

Il en fallait pourtant beaucoup pour ébranler Marie-Luce (Maude Guérin), pilier des Goulet, qui a hérité de la ferme familiale. Évolue autour d’elle toute une galerie de personnages, dont ses filles Kim et Julie (Catherine Brunet et Marie-Ève Milot) et son neveu Simon (Simon Pigeon), qui l’aide beaucoup sur la ferme. Ce n’est qu’au deuxième épisode que vous rencontrerez les quatre sœurs de Marie-Luce, et comprendrez qu’entre Marie-Jeanne (Catherine Renaud) et elle, rien ne va plus depuis longtemps.

Pour être honnête, 5e rang m’a laissé un peu tiède. La première série annuelle mettant en vedette Maude Guérin est signée Sylvie Lussier et Pierre Poirier, qui sortent heureusement des intrigues gentilles et parfois même burlesques de L’auberge. L’œuvre ne déborde pas non plus d’audace et d’innovation. En même temps, elle ne se prend pas pour une série lourde au propos original et mordant; on a affaire à un téléroman à l’aspect résolument plus moderne.

Là où 5e rang risque de garder mon attention, c’est avec ses personnages singuliers. Comme celui de Réginald (Maxime de Cotret), ancien militaire qui vit presque en ermite, n’hésitant à tirer en l’air avec son fusil quand un innocent joggeur s’aventure dans les parages, et qui s’alimente de ragoût de castor, d’écureuil et de mouffette. L’être ténébreux possède un chien d’assistance depuis qu’on lui a diagnostiqué un syndrome de choc post-traumatique.

On sourit en voyant Luc Senay, tout habillé cette fois, enfourchant son quatre-roues comme dans Faits divers. Voilà un personnage, le garagiste Paul Langlois, bourré de préjugés, qu’on ne risque pas d’aimer d’emblée. Pour l’instant, le policier de Valmont, Frédéric Longpré (Maxim Gaudette), ne transpire pas l’efficacité et la bravoure. L’importance du drame qui affecte les Bérubé nécessite la venue d’agents de la SQ, dont les méthodes sont sûrement plus musclées. Le couple gai de commères du village, Sam et Joe (Roger La Rue et Michel Laperrière), frise la caricature. Souvent attablés au casse-croûte de la place, ceux-ci commentent un peu grossièrement les allées et venues de leurs concitoyens, quitte à sortir quelques détails sordides sur la mort de Guy.

Les premiers épisodes ont quelque chose de glauque, une histoire de corps démembré dans le purin. Certaines scènes pourraient provoquer le même haut-le-cœur chez le public que chez les personnages. Certaines décisions des personnages principaux font sourciller; on se demande quelle mouche les a piqués pour perdre ainsi tout jugement. En même temps, leur découverte est si affreuse qu’on peut deviner leur panique. Disons que, dans les circonstances, la visite à la ferme d’un réputé chef montréalais, propriétaire d’un prestigieux restaurant qui pourrait éventuellement s’approvisionner à la ferme de Marie-Luce, passe soudainement au deuxième rang.

Comme toujours, Maude Guérin est formidable dans le rôle principal. La scène où Marie-Luce apprend le terrible drame arrache les larmes tant l’actrice est crédible. Comme il le faisait souvent dans L’auberge, le duo d’auteurs fait un clin d’œil aux fans de la première heure de 4 et demi... en ramenant le personnage de Jean-René (Martin Héroux), l’animalier de la clinique Dufour, qui entrait à l’école vétérinaire à la fin du téléroman. Il a maintenant sa propre clinique à Valmont, où travaille Kim Bérubé (Catherine Brunet), une des filles de Marie-Luce.

En plus d’avoir le titre de producteur associé, Francis Leclerc réalise les trois premiers épisodes, même si on ne sent pas sa signature. Christian Laurence s’est chargé des neuf suivants, et Myriam Verreault, des épisodes 13 à 18. Pour l’instant, 12 sont prévus à l’hiver, et 11 à l’automne, mais les auteurs souhaitent s’engager pour plusieurs saisons.

Télé et radio

Des Olivier très ordinaires

CHRONIQUE / La qualité des derniers Galas Les Olivier m’a rendu exigeant. Quand la barre est mise haut, on s’attend à rien de moins l’année d’après. Et malgré quelques bons moments, j’avoue m’être ennuyé de François Morency dimanche soir lors de ce 20e gala, qui a décerné l’Olivier de l’année et celui du spectacle de l’année à François Bellefeuille.

Pourtant, j’aime Pierre Hébert et Philippe Laprise, duo sans prétention et généralement drôle. Après un montage de moments des 19 précédents galas, les deux amis ont ouvert la soirée avec une explosion de confettis. Ce à quoi le barbu des Denis Drolet a répliqué que si son propre duo avait animé la soirée, «ça aurait été des clous, pis tout le monde serait mort! J’vous haïs toutes!» Hébert et Laprise ont gardé le gag le plus drôle pour Maxim Martin. À l’humoriste qui a découvert qu’il était le père d’un garçon, le duo a dit avoir retrouvé tous ses enfants inconnus, ceux-ci portant des t-shirts avec les inscriptions «Amos», «Coaticook», «Val-d’Or», «Amos en supplémentaire», «Rivière-­au-Renard» et... «Dans un char».

François Bellefeuille avait aussi reçu le trophée de la mise en scène hors d’ondes, pour son spectacle Le plus fort au monde. Quant à Maude Landry, que j’adorais à Info, sexe et mensonges, elle a réussi un doublé avec les Olivier de la découverte et de la capsule ou sketch radio. Martin Petit, dont la comédie Les pêcheurs a enfin été récompensée, a décoché cette flèche à Martin Matte, dont Les beaux malaises a souvent tout raflé : «Merci d’avoir arrêté ton osti d’show. T’as gagné plus de trophées que t’as écrit d’épisodes.» Like-moi! est repartie avec l’Olivier de la comédie de l’année. Un trophée que Les Grandes Crues auraient plutôt voulu remettre à La vraie nature — «avec Mathieu Baron qui se retient de pleurer en râpant du cheddar doux, tout en remerciant la vie de lui avoir donné une chance après le Loft» —, ou encore aux gars de XOXO— «y sont comme les chocolats de Pâques; y’ont comme de quoi de louche dans le regard, pis sont vides en dedans».

Simon Gouache a fait semblant de remplacer Korine Côté, censée accoucher, avant que celle-ci surgisse sur scène. «Ça, c’est une douleur que tu connaîtras jamais Korine!» lui a dit l’humoriste, excédé de rester dans l’ombre. C’était sans savoir qu’il allait prendre sa revanche plus tard en remportant l’Olivier du numéro humoristique. 

Sans surprise, L’âge adulte a décroché l’Olivier de la série web humoristique. «Faites du web, croyez en vos rêves», a lancé Guillaume Lambert, qui accumule les honneurs avec ce bijou de série. «Moi, chu drôle en tab...», a affirmé Mike Ward à ceux qui répètent que les humoristes sont plates en dehors de la scène, récompensé pour son podcast.

Ovation pour le numéro chanté d’Arnaud Soly et d’Éric Desranleau, le plus original de la soirée, pour l’Olivier du meilleur vendeur, remis à Louis-José Houde. Le numéro burlesque de Réal Béland et Dominic Paquet personnifiant les comptables plus bruns que bruns Raymond Chabot et Grant Thornton aurait gagné à être un peu plus court. Mais les voir courir après leurs graphiques qui s’envolaient dans le décor faisait rire aux larmes. À défaut d’avoir le même effet, la remise du prix «Merci pour tout» pour l’engagement social à Yvon Deschamps aurait au moins pu nous émouvoir. En vain.

Dans la colonne des «moins» : le très ordinaire et trop long numéro des animateurs sur les influenceurs et leurs petites crèmes. Difficile d’adhérer au troisième ou quatrième degré d’humour des filles des Magnifiques, déchaînées, aux gags violents de coups de hache, mais qui a néanmoins fait rire la salle. Il faut d’ailleurs souligner que l’assistance était tout sauf blasée, et réagissait beaucoup, ce qui peut faire toute la différence dans un gala. Il en aurait quand même fallu plus pour me convaincre.

Télé et radio

Testé sur 100 humains

CHRONIQUE / Sommes-nous racistes sans le savoir? Les vieux sentent-ils le vieux? Est-ce que ça rapporte de faire pleurer le monde avec les malheurs des candidats de concours de chansons télévisés? Le moins que l’on puisse dire de la nouvelle série «Le gros laboratoire», portée par Jean-René Dufort et la journaliste scientifique Marie-Pier Élie, c’est qu’elle ose aborder des thèmes délicats et ne craint pas le malaise. Sous le couvert de la légèreté et de l’humour, on peut parfois se permettre d’aller loin.

Cette adaptation québécoise d’un format des Pays-Bas en 10 épisodes d’une demi-heure, diffusée sur ICI Explora à partir du mercredi 19 décembre à 21h, n’a pas la prétention de tirer des conclusions véritablement scientifiques de ses expériences. Quoique l’échantillon de 100 cobayes dont elle disposait est un minimum pour analyser les comportements humains. Le but est de s’amuser, vous le comprendrez assez vite, mais certains tests vous surprendront.

Le tournage, qui s’est étalé sur huit jours l’été dernier à l’Université Bishop de Sherbrooke, a pris l’allure d’une colonie de vacances, alors que l’équipe de production dormait dans les mêmes dortoirs que les cobayes. Âgés de 20 à 77 ans, ceux-ci représentent toutes les couches de la société. On compte quelques évanouissements lors des épreuves plus physiques, mais pas d’abandons parmi les cobayes.

Certains tests sont plus gênants que d’autres. Comme par exemple lorsqu’on demande aux cobayes de sentir trois jeunes personnes et trois aînés, les yeux bandés, pour savoir s’il est vrai que les personnes âgées dégagent une odeur particulière. Les conclusions : en prenant de l’âge, les acides gras s’oxydent et libèrent un composé qui modifie l’odeur corporelle, qui pourrait alors se comparer à celle du carton mouillé. Rien à voir avec l’odeur de paparmane et d’encre à bingo décelée par certains cobayes. Je vous laisse découvrir les résultats de l’expérience.

J’ai moi-même souvent pesté contre ces présentations vidéos de candidats de La voix, qui exposent leurs malheurs avant leur prestation. Le gros laboratoire a demandé à une jeune chanteuse, Émilie, de se produire devant les cobayes; la première moitié sans presque rien lui dire; la seconde, en lui précisant qu’elle avait composé sa chanson pour son jeune frère décédé du cancer. Après quoi, on leur demandait de noter la prestation sur 10, et combien d’argent les cobayes mettraient sur un disque de la chanteuse. Les résultats risquent de vous surprendre autant que moi.

On s’est inspiré d’un jeu vidéo pour tester le niveau de racisme des cobayes. En décortiquant les résultats par régions, on fait des découvertes pas mal décevantes. Vous risquez de ne pas les aimer. Consolons-nous : les Québécois paraissent mieux que les Hollandais en matière d’intolérance. À l’inverse, certains tests sont d’une grande inutilité même s’ils divertissent. Comme lorsqu’on veut savoir si on lance un dé plus loin pour obtenir un 6. Ou si on risque moins de se faire piquer si on ne se lave pas. Pour celle-ci, 600 maringouins ont été mis à contribution.

Pas besoin d’être abonné à ICI Explora pour voir les premières émissions, puisque la chaîne est débrouillée du 18 décembre au 15 janvier. L’émission est produite par Richard Gohier chez Zone3, le même qui produit Infoman. Mention à Marie-Pier Élie, excellente à l’écran et insistante sur le protocole, pour donner un peu de crédibilité à ces expériences, aussi folles soient-elles. Les cobayes ont aussi été très bien choisis, parmi 1600 demandes. Les femmes prennent-elles plus de mots pour expliquer les règles d’un jeu? Les jurons ont-ils un effet analgésique sur la douleur? Les hommes mentent-ils plus que les femmes? Les questions sont infinies, même qu’on pense déjà à une deuxième saison.

Télé et radio

Un «Bye Bye» avec Dodo

CHRONIQUE / Elle a beau avoir dit 100 fois que ce serait son dernier, Dominique Michel sera bel et bien du «Bye Bye 2018», pour une courte apparition, à l'occasion du 50e anniversaire de cette revue humoristique de l'année. Dimanche, Simon Olivier Fecteau a profité de la présence de toute son équipe d'acteurs à «Tout le monde en parle» pour annoncer la bonne nouvelle, en plus de révéler que Marc Labrèche, Véronique Cloutier, Louis Morissette, RBO, Michel Côté, Marc Messier, Pauline Martin, Yves Jacques et René Simard, qui ont tous participé au «Bye Bye» au fil des années, seraient aussi de la partie, le 31 décembre prochain.

Claude Legault, qui participe à son premier Bye Bye, avoue avoir eu peur en s'embarquant dans ce projet. «J'espère qu'ils ne penseront pas qu'ils se sont trompés», s'est-il demandé durant la lecture des textes. Il est conscient qu'il sera forcément comparé à Marc Labrèche, à qui il succède, et qui fera seulement une apparition cette année. «Ben t'es formidable», s'est empressée de dire Anne Dorval à son collègue Claude. On a revu des images du Bye Bye 1988, le premier de L'Écuyer, qui y jouait un policier haïtien avec un accent créole exagéré, en plus de Dodo en Asiatique et Pauline Martin en Arabe, un sketch impossible aujourd'hui. Doit-on absolument aimer la personne qu'on imite? «Si ça a l'air d'un règlement de comptes, ce n'est plus drôle», croit Patrice L'Écuyer. Le Bye Bye est un peu notre Super Bowl de la publicité; le public pourra cette année voter pour sa pub préférée sur le site du Bye Bye de Radio-Canada.

Réjouissant de revoir Jim Corcoran, le plus franco des anglos, à sa première visite sur ce plateau, et à qui je donne mon étoile du match. On a réentendu des bouts de Perdus dans le même décor, Ton amour est trop lourd, C'est pour ça que je t'aime, qui se retrouvent toutes sur un album-compilation – il déteste ce terme –, un élan pour lui donner envie d'écrire de nouvelles chansons. Son père, qui lui reprochait de ne jamais chanter en anglais, lui a servi de modèle quand il a joué le père de Nelligan dans l'opéra du même nom. Celui qui a aussi été moine semi-clôitré de 17 à 20 ans a tout de même fini par écrire une chanson dans sa langue maternelle, Let Me Fall, interprétée par Josh Groban, pour un spectacle du Cirque du Soleil, qui lui a permis de payer son hypothèque. Ce n'est pas par rébellion mais par entêtement qu'il a quitté la maison familiale à 13 ans, son père étant convaincu qu'il reviendrait après deux semaines, ce qui n'est pas arrivé. La carte du fou du roi: «Afin de promouvoir la culture française, je propose que Doug Ford passe une semaine chez Jim Corcoran.»

Débat intéressant et pas complaisant entre deux enseignantes de confession musulmane, l'une voilée, l'autre pas, deux visions diamétralement opposées. Pour Leila Bensalem, enseignante au secondaire, le voile n'est pas qu'un signe religieux, mais un symbole de la montée de l'intégrisme. «Il est temps qu'on légifère», croit cette militante, au sujet de la volonté du gouvernement d'interdire aux employés de l'État en position d'autorité le port de signes religieux. «Une école n'est pas un lieu de culte, c'est un lieu de savoir», ajoute-t-elle, soulignant que le voile est «un  symbole d'asservissement de la femme». Bouchera Chelbi, qui œuvre au primaire, porte le voile depuis trois décennies. «En 10 ans [d'enseignement], je n'ai jamais eu de problèmes», plaide-t-elle. «Ça va donner l'occasion aux personnes qui n'attendent que ça, de pouvoir se montrer hostiles», croit-elle au sujet de la nouvelle loi. Elle se demande comment le premier ministre expliquera aux élèves pourquoi leur enseignante a perdu son emploi.

C'est entre autres pour apprivoiser sa propre colère que Magalie Lépine-Blondeau a voulu jouer Électre de Sophocle, montée à l'Espace Go. «On nous préfère dociles», dit-elle au sujet de la colère féminine, souvent associée à l'hystérie ou à la folie, un fait qu'elle associe à «la façon dont on élève les jeunes filles». Plutôt que d'aller en thérapie, elle a préféré appeler le metteur en scène Serge Denoncourt. Son Électre sera voilée, un choix historique «qui n'a pas de connotation religieuse», précise-t-elle. À l'opposé, elle incarne une danseuse cocaïnomane dans Appelle-moi si tu meurs, la série de Claude Legault pour le Club illico, un rôle qui la sort de sa zone de confort. Grande voyageuse, elle a visité environ 45 pays, mais c'est en Papouasie Nouvelle-Guinée qu'elle s'est sentie le plus dépaysée. Elle n'a pas aimé Manille mais adoré les Philippins.

Le chroniqueur économique Francis Vailles et le professeur de l'Université Laval, Richard Ouellet, ont remis en contexte la nouvelle tuile qui vient de tomber sur Bombardier, avec l'octroi de renouvellement des wagons de Via Rail à Siemens en Californie. Parmi les explications, Siemens fabrique déjà le même type de train et dispose des équipements nécessaires, ce qui réduit forcément les coûts. Sur la C Series, dont la moitié a été cédée à Airbus, Richard Ouellet affirme qu'«il fallait le faire si on voulait sauver la C Series». Même raisonnement pour le nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, qui n'est «pas un aussi bon accord que l'ALENA», précise M. Ouellet. «On n'a pas le choix d'être en libre-échange avec les États-Unis», conclut-il néanmoins. Francis Vailles ne partage pas l'indignation populaire au sujet des importantes compressions chez Bombardier, malgré l'aide gouvernementale, rappelant que ces subventions ne servent pas à maintenir un plancher d'emplois, mais plutôt à la survie de l'entreprise. «Et en affaires, pour survivre, il faut faire des profits», plaide-t-il.

Toujours émouvant de constater les effets bien réels suscités par le docu-réalité Face à la rue à Moi et cie sur notre regard envers l'itinérance. Dans Face à la rue : que sont-ils devenus?, Jean-Marie Lapointe retrouve quelques personnes rencontrées au fil des tournages, dont Lisette Perron et Roger Perreault, qui l'accompagnaient hier. Quand elle vivait dans la rue, Lisette se prostituait, consommait beaucoup de drogues dures. «Mon seau d'amour était complètement percé, j'ai pas beaucoup connu ça dans mon enfance», dit-elle. Aujourd'hui, elle est parvenue à se rebâtir et à sortir de l'itinérance. «C'est l'amour inconditionnel qu'on m'a donné qui a fait que j'ai fini par croire en moi et que j'ai réussi à sortir de cette chnoute-là.» La série a aussi été un baume sur l'existence de Jean-Marie Lapointe, qui a confié avoir dû demander de l'aide financière il y a quelques années, «proche du BS». «C'est ironique de dire qu'un show sur l'itinérance m'a peut-être empêché d'y glisser moi-même», a affirmé l'animateur, dans cette entrevue qui concluait de belle façon la dernière émission de l'automne de Tout le monde en parle, et qui mérite aussi son gros morceau d'étoile.

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RICHARD THERRIEN

TLMEP: un récit prenant et bouleversant

CHRONIQUE / L’information internationale n’a plus l’espace qu’elle mériterait sur notre chaîne publique. Mais dimanche à «Tout le monde en parle», tout le plateau était accroché au récit prenant, bouleversant et essentiel d’Émilie Dubreuil sur les espoirs terriblement déçus des migrants, principalement en provenance du Honduras et du Salvador. De retour du Mexique, la journaliste de Radio-Canada, à qui je décerne l'étoile du match, y a suivi leur caravane en route vers les États-Unis, et son témoignage déchire le coeur.

Ces milliers de migrants en quête d’un monde meilleur se sont unis pour se déplacer en groupe, sachant que ce sont des routes excessivement dangereuses; plusieurs y sont enlevés ou carrément assassinés chaque année. Leur voyage vers les États-Unis n’a rien à voir avec le rêve américain : «ils fuient le désespoir, les menaces de mort, une mafia extrêmement violente», rappelle la journaliste. Le réveil a été brutal une fois rendu à Tijuana, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, marquée par cet immense mur de métal et ces gardes armés. Dans cet enfer sur terre qu’est Tijuana, Émilie Dubreuil craint que ces migrants, particulièrement les femmes seules et les enfants, soient victimes de la traite des personnes et à la prostitution juvénile. Un bandeau rappelait hier que les Américains ont fermé complètement leur frontière à cet endroit.

Juste à temps pour les Fêtes, Judi Richards et ses filles Sarah et Karine Deschamps proposent Héritage, un album bilingue de reprises, dont Aimons-nous d’Yvon Deschamps, qu’elles ont incluses dans leur spectacle Noël chez les Deschamps. «Un Toulouse 2.0», a lancé Dany Turcotte, rappelant l’ancien trio pop de Judi Richards, récipiendaire du tout premier Félix en 1980. L’expérience de Karine Deschamps à La voix en 2013 lui a laissé un goût plutôt amer. «J’ai reçu beaucoup de messages méchants, et même ma famille en a reçu», a raconté la chanteuse. Ariane Moffatt, qu’elle avait choisie, a aussi été insultée pour s’être retournée. Sarah-Émilie, elle, est directrice de programme pour la fondation Evenko. Seule Annie, qui fait aussi de l’humour, n’était pas sur le plateau.

À la retraite depuis presque 10 ans, Yvon Deschamps se garde occupé, entre ses grilles de Sudoku et ses cours d’espagnol et de piano. Il donne aussi de son temps à une fondation qui porte son nom dans le Centre-Sud, pour venir en aide aux jeunes de ce quartier défavorisé de la métropole. Certains lui ont reproché de s’être associé au Pacte pour la transition, alors qu’il avait acquis la vieille Bentley de Charlie Chaplin. «J’ai 83 ans, j’me pitcherai pas dans l’trafic en bicycle!» a blagué le père des humoristes.

Seul de sa classe à ne pas avoir été approché par un agent après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques a trouvé «la lumière» en humour. L’amoureux de littérature, tiré à quatre épingles et découvert dans Like-moi!, ouvre et ferme son one-man-show, Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour, en lisant Émile Nelligan. Avant de donner son spectacle en France, il l’a testé auprès des Français de Montréal, «qui sont vraiment gentils». Mais «ceux de Paris ne sont pas si gentils que ça», a-t-il constaté une fois là-bas, où on lui a reproché son accent. Dès l’enfance, il jurait parmi la masse; un enfant qui pouvait parler du Molière d’Ariane Mnouchkine n’était pas forcément accepté des autres. «J’étais pas le caïd, j’ai eu des petits problèmes d’inclusion dans la cour d’école», admet-il. «Si tu me reçois avec de la fondue ou de la raclette, [ça signifie que] je ne suis pas assez important pour une cuisson», dit-il au sujet de ses efforts pour bien paraître.

Rayonnante, Ginette Reno a sauté de joie en recevant un disque d’or pour la vente de 40 000 copies de son 40e album, À jamais, son premier en sept ans. «Je ne suis plus sur la garantie», affirme la chanteuse, qui voit cet album comme son testament. Elle égrène ses problèmes de santé, «diabète, troubles cardiaques, surdité, apnée du sommeil, polypes intestinaux», avec l’énergie d’une battante, sans jamais se plaindre. D’ailleurs, elle reproche aux chanteuses, celles qui «préfèrent jouer au golf», de ne pas chanter à la mesure de leur talent. Un plateau avec Ginette Reno est toujours un plateau plein de vie.

«Votre fierté linguistique est une belle leçon pour nous, les Québécois francophones», a lancé Guy A. au quatuor invité à commenter les récentes décisions de Doug Ford touchant les Franco-Ontariens. La députée conservatrice Amanda Simard a pris position contre son propre parti, «un geste politique courageux», a souligné l’animateur. Elle a rappelé qu’«il n’y a pas d’épargne» dans la décision d’abolir le Commissariat des services en français, pour laquelle le premier ministre ontarien a reculé depuis, du moins en partie. Des quatre, l’avocat en droits linguistiques Ronald Caza était le plus vigoureux, considérant que le choix de Doug Ford envoyait un bien mauvais message, celui qu’il ne vaudrait plus la peine de faire des efforts pour protéger la langue et la culture, un combat de tous les jours pour les Franco-Ontariens. En réaction aux propos de Denise Bombardier sur la quasi disparition des francophones à l’extérieur du Québec, il a affirmé qu’il y avait plus de francophones en Ontario que dans la ville de Québec.

Fort sympathique ce Snails, producteur et DJ, dont la musique électronique fait danser les foules, et qui rêvait d’être invité à Tout le monde en parle. Issu du monde métal, il a créé son propre style, le «vomitstep», un «sous-genre musical». De par son succès international, certains le croient Américain, mais Snails s’appelle Frédéric Durand et vient de Ste-Émélie-de-l’Énergie. Membre votant de l’Académie des Grammy depuis que le duo Skrillex et Diplo l’a  remercié sur scène, il entreprend une longue tournée américaine.

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Télé et radio

TLMEP: la gentille sorcière

CHRONIQUE / Environnement, réincarnation, humour philosophique, il a été question de tout ça, dimanche à «Tout le monde en parle». Mais c’est une entrevue sur les monstres, en toute fin de soirée, qui aura le plus sorti du lot. Il faut dire que l'histoire de l'illustratrice américaine Emil Ferris, auteure du roman graphique «Moi ce que j'aime, c'est les monstres», à qui j'attribue l'étoile du match, relève parfois d'un film d'horreur.

Une agression sexuelle durant son enfance, pendant qu'un épisode de Mr. Magoo jouait à la télé, lui a pourtant fait détester les bandes dessinées durant longtemps. «J'espère qu'en le lisant, les gens trouveront l'inspiration de faire ce qu'ils aiment plus que tout», a lancé cette femme partie de loin.

Terrassée par une forme grave du virus du Nil en 2002, elle a eu tout le bas du corps paralysé, avant de retrouver une partie de sa dextérité. Entre-temps, sans le sou, elle a été expulsée de son appartement, et sa propre fille a dû vendre des vêtements pour qu'elle puisse se nourrir. Même une fois le bouquin complété, elle se servait à même le buffet d'un salon du livre!

La très attachante dame, qui se définit comme une sorcière, n'est pas banale. Pour son livre, elle a travaillé 16 heures par jour durant six ans, et essuyé les refus de 48 éditeurs. Celui-ci a été dessiné entièrement avec un stylo-bille. «C'était de la folie! Je ne sais pas à quoi attribuer ça, à part la maladie mentale», affirme la gentille sorcière, qui voit des monstres partout. Même en Guy A. et en Dany, qu'elle a dessinés en Dracula et sa victime, Renfield.

Autre moment marquant de cette émission par ailleurs un peu terne, cette entrevue remuante avec Louis-Philippe, ce père de famille de Saint-Jérôme qui a oublié son bébé dans sa voiture en août 2016, alors qu'il devait le mener à la garderie. «Jamais je ne vais accepter la mort de mon fils. Je vis avec», a dit le papa de deux autres garçons, et d'une fillette née après le drame. Depuis, les petits drames sont plus difficiles à vivre, mais heureusement, son couple a survécu malgré tout, et jamais sa conjointe ne lui a adressé de reproches. Il porte sur son bras un tatouage qui lui rappelle le petit Jacob chaque jour. Parce qu'on survit à un tel drame. «L'être humain est capable de survivre à ces choses-là. Ça donnerait quoi de ne pas survivre à ça?» demande Émilie Perreault, qui parle d'un bel exemple de résilience. Dans la série Faire œuvre utile, la journaliste a permis à Louis-Philippe de rencontrer Biz, qui a publié un roman sur une histoire semblable, Naufrage.

Dominic Champagne ne s'attendait pas à une réaction aussi violente à son fameux Pacte pour la transition, auquel ont adhéré de nombreux artistes, accusés par la suite de vouloir faire la morale sur la question environnementale. «Le festival de la bouette», résume le metteur en scène. Louis Morissette, lui, avait prévu cette réaction, hésitant au départ à apposer sa signature et en avait prévenu Champagne. De l'autre côté, celui-ci dit recevoir des centaines de courriels inspirants qui appuient le mouvement, et est sorti encouragé de sa rencontre avec le premier ministre François Legault et sa ministre de l'environnement. «J'ai envie d'inspirer mon premier ministre, je lui ai offert mes services», a-t-il dit, ajoutant qu'il pouvait être «un caillou ben tannant dans le soulier».

Pour l'ingénieure Catherine Morency, l'achat de véhicules électriques ne constitue pas un geste vert, à moins que ce soit pour des autobus, qui transportent plusieurs personnes. Elle ajoute qu'il ne manque pas de solutions alternatives à la construction de nouveaux liens routiers. L'économiste François Delorme se dit en faveur d'un organisme indépendant du gouvernement, comme la Banque du Canada, qui serait chargé d'atteindre les cibles en environnement. Il cite un rapport déposé en milieu de semaine, qui prévoit qu'on ratera les cibles de gaz à effet de serre pour 2030, à hauteur de 13%.

Trois millième invitée de «Tout le monde en parle», Virginie Fortin a reçu des critiques très élogieuses de son nouveau spectacle, Du bruit dans le cosmos. Un titre qui lui a été inspiré parce qu'elle s'est toujours questionnée sur l'infini et sur notre présence dans l'univers. Elle écrit ses propres textes avec son chum, Philippe Cigna, et pratique un humour philosophique, même si le terme «ne vend pas tant que ça». L'humoriste, une habituée du Festival Fringe à Édimbourg en Écosse, y va pour donner des spectacles, devant des salles remplies ou parfois vides, mais aussi pour s'inspirer d'autres humoristes. Elle s'est clairement inspirée de Josée Rivard, une figure populaire sur Facebook, pour une parodie à l'émission L'heure est grave à Télé-Québec. La dame forte en gueule et en opinions tranchées lui a répondu, sans qu'on sache trop si elle a aimé, ou pas, la parodie.

Auteur de la trilogie des Fourmis, Bernard Werber a publié La boîte de Pandore, l'histoire d'un professeur qui utilise l'autohypnose pour visiter ses vies antérieures. Le romancier français utilise lui-même ce procédé, et précise qu'il préfère revisiter ses vies agréables. Une médium lui a dit qu'il avait eu 111 vies, au cours desquelles il a été un archer anglais, un samouraï, une femme dans un harem en Égypte. Werber n'a aucune honte de parler de ses croyances. «Je n'ai aucune volonté de convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit», dit-il. Et tant mieux, si vous êtes sceptique, ajoute-t-il. «Pour chacun, il y a une réponse différente.» Savez-vous qui vous êtes vraiment? demande le roman. «C'est une œuvre de toute une vie», croit l'auteur, qui en apprend sur lui-même chaque jour. Il utilise la réincarnation comme «outil de détente», afin d'expliquer pourquoi on fait tel choix plutôt qu'un autre. Parce qu'on choisirait même la taille de son pénis avant sa naissance, selon M. Werber. Ce qui a fait dire à Guy A.: «avoir su!»

Alors que les trois précédents albums des Trois Accords ont été produits en partie à New York, Beaucoup de plaisir a été enregistré dans un petit chalet de Saint-Zénon, sans accès à Internet. Le fait qu'ils aient développé d'autres projets autour, comme le Festival de la poutine, explique peut-être leur longévité. Spécialement pour l'émission, ils ont transformé leur chanson Tout le monde capote en «Tout le monde en parle», ce qui pourrait devenir l'hymne de la grand-messe du dimanche soir. Assez pour oublier le ver d'oreille Rassemblés en un même corps, qu'ont plusieurs d'entre nous en tête depuis la visite de Mario Pelchat la semaine dernière.

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