Mario Pelchat et Sophia-Rose Boulanger gardent un beau souvenir de leur première collaboration, à la faveur de l'album Agnus Dei.

Retour aux sources pour Mario Pelchat

Bien avant d'entretenir des rêves de carrière, Mario Pelchat faisait partie du choeur de la paroisse Saint-Jean-de-la-Croix, à Dolbeau. C'était une affaire de famille, puisque sa soeur et son père l'accompagnaient lors des célébrations, lesquelles ont pris un tour moderne, nettement plus dynamique, à l'arrivée du prêtre Denis Delisle. Lui-même musicien, cet homme a contribué à la mode des messes à gogo en accompagnant ses camarades à la guitare.
« Il a réinventé les cérémonies religieuses et ça nous parlait, à ma soeur et à moi. Nous sommes ensuite passés de l'église au monde des bars, mais chaque année depuis, l'occasion m'est donnée de revenir à ce répertoire à l'occasion de baptêmes, de mariages et de funérailles. J'ai toujours aimé ça », a confié l'interprète, mercredi, lors d'une entrevue réalisée au journal.
L'idée de placer la spiritualité au coeur d'un album s'est cristallisée après le succès d'un enregistrement concocté en Irlande, The Priests. Son équivalent français, Les prêtres, a confirmé qu'il existait un public pour de telles productions, ce qui explique la sortie, vendredi, d'un encodé ayant pour titre Agnus Dei. Il met en vedette Mario Pelchat, la jeune Sophia-Rose Boulanger, originaire de Saint-Bruno, ainsi qu'un ensemble vocal constitué de huit hommes d'Église établis à Québec.
« J'ai recruté les prêtres via Facebook et le premier qui a répondu, l'abbé Julien Guillot, a souhaité que ce projet soutienne une cause, soit le déménagement de l'orgue Casavant de l'église Saint-François d'Assise. Il sera installé à la cathédrale de Baie-Comeau », annonce le Jeannois. Impressionné par la cohésion du groupe, dont les séances préparatoires ont été dirigées par Carole Lambert, il l'a accueilli en studio un mois seulement après l'avoir entendu en audition.
Hommage à John Littleton
Le répertoire abordé dans Agnus Dei éveille le souvenir de John Littleton, ce chanteur américain qui a multiplié les tournées au Québec dans les années 1970 et 1980. L'ayant rencontré dans son enfance, lors d'un spectacle qu'il avait donné à Dolbeau, Mario Pelchat était trop heureux de lui retourner l'ascenseur, même à titre posthume. C'est ainsi que des titres comme GethsémaniRassemblement et Allez sur les places ont été refaits dans le plus grand respect.
On pourrait croire que ce fut une partie de plaisir pour lui, une journée ordinaire au bureau, compte tenu du caractère familier de ces chansons. Or, plusieurs d'entre elles ont sollicité sa voix qui, lors des séances tenues en février, venait de sortir d'une zone de turbulence épousant la forme d'une sinusite. « Ô joie, chantée très haut, a constitué l'équivalent d'un marathon. À la fin, j'étais en sueur », donne-t-il en exemple.
Son duo avec Sophia-Rose Boulanger, Agnus Dei, lui a fait vivre une expérience différente. C'était leur première collaboration et elle l'a enchanté. « Je l'avais vue à La Voix et son timbre m'a ébloui. En studio, c'était très bon dès la première prise et malgré son jeune âge, Sophia-Rose s'est vite adaptée au fait que dans cette pièce, parfois elle est « lead » et parfois, elle fait les harmonies. Il y a des vétérans pour qui c'est plus difficile », énonce le chanteur.
Sa partenaire a aimé cette expérience, qui sera prolongée à la faveur de la tournée qui, en principe, se mettra en branle en décembre. « Au début, j'étais stressée, mais ça s'est bien passé. Comme j'avais fait du classique à La Voix, ça entrait dans mon registre », a confié la jeune interprète.