Johan Gass lance vendredi, à la Petite Boîte noire de Sherbrooke, son deuxième album, Libres et sauvages, à l’occasion d’un spectacle au cours duquel il présentera ses nouvelles chansons. L’artiste sera également au festival Danse de la tortue de Marston le dimanche 22 septembre ainsi qu’à la Meunerie de Saint-Adrien le 8 février 2020.

Retour au sacré pour Johan Gass

Lorsque cinq années séparent deux albums, c’est généralement parce que leur auteur a traversé une importante période de réflexion ou de changement. Effectivement, depuis la sortie de son premier disque Le temps file en 2014, le Sherbrookois Johan Gass a reconsidéré sa façon d’aborder la musique, en plus de mettre ses talents à d’autres profits, soit de participer à un projet de film d’animation issu de son imaginaire. Cette entreprise parallèle, dont le titre de travail était Arbre de vie, n’est d’ailleurs pas étrangère à son retour en musique.

« Pour réaliser ce film, j’ai collaboré avec Farzin Farzaneh et Ginette Souchereau. Nous avons monté le scénario et les modes narratifs ensemble. Je me suis occupé de la trame sonore et des textes », rapporte celui qui, en dehors de la musique, gagne sa vie dans les communication, notamment en tant que vidéaste professionnel à son propre compte, et qui avoue avoir aussi cherché, avec cette aventure du côté du septième art, à se retrouver lui-même.

« Je me suis aperçu que le leitmotiv de mon premier disque était non seulement de répondre à un besoin de création, mais aussi de reconnaissance, parce que je ne suis pas musicien à la base, explique le biologiste et environnementaliste de formation. Je pense que cette approche m’a blessé un peu, car je n’étais pas dans mon plein centre. Après, j’ai eu besoin de me retrouver, de faire un cheminement spirituel et d’aller dans mon imaginaire. Pour le film, j’ai composé une musique, laquelle est devenue la chanson Arbre de vie sur le nouvel album. C’est elle qui m’a permis cette plongée dans mon esprit, d’inventer des personnages et un univers avec tout un historique... Et plus je creusais dans mon imaginaire, plus je constatais que ces personnages étaient des aspects de moi. »

Spécial rurart

Le Québécois d’adoption (il vit ici depuis 2002) s’est notamment reconnecté à son amour de la nature, mais il a surtout trouvé sa voie artistique. « Le projet de film n’a finalement pas abouti, mais il m’a quand même donné beaucoup, puisque Libres et sauvages en est issu », résume-t-il à propos de cet opus 2 paraissant sur toutes les plateformes le 20 septembre.

Johan Gass précise qu’il n’a jamais arrêté d’écrire de la musique durant toute cette période et que son nouveau disque n’aurait probablement jamais vu le jour si ce n’avait été de son entourage qui lui a demandé de remonter sur scène, notamment ses amis de la ferme La Généreuse de Cookshire-Eaton.

JOHAN GASS
LIBRES ET SAUVAGES
POP ÉLECTRO FRANCO
Propagande

« Ils ont organisé un spécial RURART Johan Gass, ce qui a été un tournant. Il y avait des enfants dans le public et j’ai vu à quel point ils étaient fascinés. Une semaine plus tard, je participais à un atelier d’interprétation au studio B-12 de Valcourt, avec Gaële et Jipé Dalpé, et les deux m’ont poussé à m’interroger sur ce que j’avais dire et sur la façon de le faire passer sur scène. C’était vraiment puissant! C’est durant cette semaine que j’ai terminé la chanson-titre de l’album, Libres et sauvages. »

Une nouvelle gérante dans sa carrière l’a ensuite incité à lancer une campagne de sociofinancement pour réaliser le disque.

« Ça s’est comme enchaîné presque tout seul. Tout coulait de source. Jesse Ens s’est proposé lui-même pour participer à l’album et Skye Sauvage, qui est aussi ma conjointe, m’a avoué qu’elle avait envie d’ajouter des percussions électroniques sur ma musique. Bruno Green a accepté de faire le mixage et le matriçage. C’était super! »

Force de croyance

Un clip tourné en grande partie au bois Beckett accompagne le premier extrait Libres et sauvages et son esthétique donne un bon aperçu des principaux thèmes de l’album. On y voit Johan Gass en guerrier viking, entouré de personnages rappelant des tribus anciennes.

« Ce n’est pas tant un retour à la terre que je préconise, mais de se souvenir d’où on vient. J’ai lu récemment un article sur les grottes de Lascaux qui révélaient que les gens s’y sont succédé de génération en génération sur 40 000 ans. Quand on sait que l’agriculture a 8000 ans et que les pyramides d’Égypte en ont 3000, ça remet les choses en perspective. Notre époque moderne n’est rien à côté de tout ça. Il faut donc se rappeler d’où nous sommes issus : des peuples de la terre, pour qui la nature était sacrée. Si on se retrouve et si on aime son environnement, on va le protéger. Avec tous les moyens et technologies que nous avons aujourd’hui, nous pouvons aspirer à l’équilibre. Soyons les gardiens de la planète plutôt que d’en être le cancer. »

La métaphore du guerrier viking n’est donc pas celle du retour dans un passé magnifié, oubliant à quel point la vie était alors rude et que les peuples anciens étaient constamment en guerre.

« Par contre, ces gens avaient une force de croyance qui faisait déplacer beaucoup d’air. On peut retrouver cette force-là, devenir des guerriers poétiques qui permettent de faire de grandes choses. C’est le contraire de l’écoanxiété. Si on est désespéré, on n’aura pas l’énergie pour changer », souligne l’Alsacien d’origine.

Vous voulez y aller?

Lancement de Libres et sauvages
Johan Gass
Vendredi 20 septembre, 21 h
La Petite Boîte noire
Entrée : 15 $ (prévente : 12 $)