Originaire de La Patrie, le photographe Marcel Morin a jeté un tout nouveau regard sur la ville de Sherbrooke lorsqu’il y est retourné, 40 ans plus tard. Ce nouvel émerveillement mêlé à des souvenirs d’enfance lui ont inspiré une série de 50 photos, qu’il a jumelées à des textes spécialement rédigés par des personnalités de la ville sur le thème de l’espoir.

Redécouvrir la ville, 40 ans plus tard

Il y avait 40 ans que Marcel Morin n’avait pas remis les pieds à Sherbrooke. Après avoir vécu et immortalisé notamment l’Afrique, la Chine et l’Inde, le photographe et homme d’affaires originaire de La Patrie a décidé de pointer sa lentille vers la ville estrienne et d’en faire s’élever les voix avec un nouveau discernement, à mi-chemin entre le tourisme et la nostalgie.

« J’ai redécouvert la ville avec ses beaux bâtiments et son architecture souvent inspirée de l’Europe. Ses portes, ses toits, ses corniches... Souvent, quand on vit dans un endroit, on ne voit plus les bâtisses, la beauté de notre ville. On passe devant tous les jours et on ne s’en aperçoit pas », note celui qui a quitté l’Estrie à 17 ans pour vivre en Ontario et qui s’est ensuite établi en Chine en 2004 pour les besoins de son entreprise.

À travers 25 photographies achromes (tirées d’une série de cinquante) mettant en vedette les joyaux de l’architecture sherbrookoise, l’exposition Sherbrooke noir et blanc — l’Espoir, présentée dans l’Espace découverte du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, invite les spectateurs à adopter cette « nouvelle vision » du paysage, tout en la laissant se teinter des réminiscences du passé de chacun.

« Quand j’étais adolescent, j’ai joint les Cadets de Sherbrooke, se souvient pour sa part Marcel Morin. On allait au manège militaire de Sherbrooke les mercredis soir, et avant de retourner à La Patrie, on arrêtait au Louis Luncheonnette prendre un hot dog et un Vico [lait au chocolat] », se rappelle-t-il en pointant le cliché de l’emblématique restaurant.

À côté de l’œuvre, un texte de Pierre Ellyson, le propriétaire de la chaîne de restauration, est affiché : « Pour moi, l’espoir, c’est de voir vieillir tous les membres de ma famille heureux et surtout en bonne santé et que les gens de la Terre s’aiment et se respectent. »

« L’espoir, c’est la promesse d’un jour meilleur », a écrit le maire Steve Lussier pour accompagner le cliché Monument aux Braves-de-Sherbrooke.

Cette harmonieuse croisée entre littérature et photographie a été répétée pour chacune des images. Avec l’assistance de Serge Lavigne et de Pierrette Denault, Marcel Morin a interpellé cinquante personnalités de la ville afin que celles-ci se laissent inspirer par une œuvre et rédigent un bref poème sur le thème de l’espoir. Ainsi, des Sherbrookois tels que le recteur Pierre Cossette, l’ancien premier ministre Jean Charest, l’auteur David Goudreault, le chanteur Jim Corcoran, le maire Steve Lussier, l’ancien maire Jean Perrault et le chef d’orchestre Stéphane Laforest se sont prêtés à l’exercice.

« On a essayé de toucher à tous les domaines : la politique, les sports, les arts... Je voulais que ça rejoigne mon côté humaniste, explique Marcel Morin. À la base, je suis un photographe humaniste. Je capture surtout des gens de la rue et qui vivent en marge de la société », explique celui qui collabore avec le Journal de rue de l’Estrie.

D’ailleurs, tous les profits de la vente des photographies ou du catalogue recueillant la série complète seront remis à un organisme qui vient en aide à des personnes itinérantes ou à grand risque d’itinérance.

« Pays de connaissances, de savoirs et de liberté; sources d’espoir », a écrit Pierre Cossette, le recteur de l’Université de Sherbrooke, pour accompagner ce cliché de l’établissement d’enseignement.

Minutieux tableaux

En ce qui concerne cette exposition, Marcel Morin aime qualifier ses œuvres de « tableaux » plutôt que de « photos ». En réalité, chacun d’eux représente un minutieux et laborieux assemblage numérique, réalisé à partir de plusieurs clichés. Certains en comptent même des dizaines, comme ceux du couvent des Petites Sœurs de la Sainte-Famille (environ 35) et de la prison Winter (environ 20).

« Quand j’ai commencé le projet, je me suis donné quelques challenges. J’ai décidé de faire le projet complet avec une seule caméra dotée d’une lentille de 24 mm fixe. Ensuite, j’ai décidé de faire tout en noir et blanc pour que ce soient les ombres et les lumières qui s’expriment à travers la photo. Finalement, j’ai choisi de faire une photo plutôt artistique que journalistique. Ça nous donne du jeu, pour nous permettre de passer un message et de présenter le point focal de la photo », note celui qui a récemment été récompensé par le Prix Focus Urbain et nommé quatre fois au Gala des prix Focus Desjardins 2019.

Vous voulez y aller?

Sherbrooke noir et blanc — l’Espoir
Exposition de Marcel Morin
31 octobre au 20 décembre 2019
Espace découverte du Centre culturel de l’Udes
Accessible aux détenteurs de billet uniquement