Contenu commandité
Quels lendemains pour les lieux culturels? 
Arts et spectacles
Quels lendemains pour les lieux culturels? 
La pandémie va changer les lieux culturels. Lorsque salles, musées, cinémas, théâtres vont rouvrir leurs portes, ce ne sera plus comme avant. Nos journalistes aux arts des six quotidiens coopératifs ont fait le tour (virtuel) du propriétaire pour vous expliquer comment on compterait vous accueillir le temps venu.
Partager
Horizons flous

Arts et spectacles

Horizons flous

Depuis le début de la pandémie, Mario Trépanier, directeur général et artistique du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, a exploré de multiples scénarios pour une éventuelle réouverture, en tenant compte des nouvelles mesures de distanciation physique. Mais la grande part de flou quant à l’avenir l’empêche d’aller trop loin.

« Il y a tellement d’inconnues! Je suis souvent en contact avec des collègues d’autres salles de spectacles et c’est très difficile pour nous d’imaginer la façon dont on pourrait gérer ça, avec les jauges et les types de salles que nous avons. Ça ne veut pas dire que c’est complètement impossible, il y a une ouverture pour des projets-pilotes, des tests, des événements spéciaux, mais de là à revenir à une programmation standard… C’est dur d’y croire tant que les consignes resteront celles qu’elles sont. La ministre a parlé de juin pour un plan. On attend d’en savoir plus. »

Si une distance de deux mètres devait être respectée, ce sont trois sièges qu’il faudrait laisser vides latéralement entre chaque personne et une rangée sur deux devrait être fermée.

« On en arrive à environ 20 ou 30 pour cent de la capacité d’accueil actuelle [la salle Maurice-O’Bready compte 1501 places]. C’est sûr que, financièrement, ce ne serait pas viable. Il y a aussi tout le processus d’entrée et de sortie auquel il faut penser : le hall d’entrée, la collecte des billets, les toilettes… Si un spectateur doit sortir de sa rangée pendant la représentation, comment fait-on? On ne peut quand même pas lui demander de sauter par-dessus son siège! »

Et, question capitale, est-ce que le public serait malgré tout au rendez-vous? « Est-ce que l’expérience resterait satisfaisante et intéressante? Même question pour les artistes (pour l’instant, on ne pense qu’à des solos), pour le producteur, le diffuseur. C’est la raison pour laquelle des tests ou projets-pilotes nous apparaissent nécessaires. »

CALENDRIER OU CASSE-TÊTE

Depuis deux mois, les journées de Mario Trépanier ont davantage été occupées par la gestion de son calendrier de spectacles, bousculé par de multiples reports. Au début de la crise, le programme de la saison 2020-2021 était sur le point d’être imprimé. Le casse-tête qui s’est ensuivi n’est pas encore fini.

« Une programmation d’un an, c’est souvent un an et demi de travail, et en plus, nous devons faire plusieurs scénarios selon différentes hypothèses, explique-t-il. Pour l’instant, mon calendrier reprend le 1er juin, bien que cela semble peu probable, mais les plans B, C et même D dans certains cas sont déjà prêts. »

Dans les prochains jours, le Centre culturel verra aussi le retour d’une partie du personnel et en profitera notamment pour l’affecter à toutes les tâches d’entretien des installations, d’habitude concentrées en été, lorsque la salle est moins souvent utilisée.

« Étant donné que les employés de l’université sont syndiqués, il n’y a pas eu de mises à pied temporaires », précise-t-il.

Mario Trépanier tient quand même à relativiser sa situation. « Cette crise est beaucoup plus grande que nous et il y a plusieurs secteurs de l’économie que le gouvernement doit aborder. On se doute bien qu’il y a d’autres priorités. Mais la survie économique de nos grandes salles est menacée. Il y a donc beaucoup d’attentes. »  Steve Bergeron

Les cinémas n’attendent que le feu vert

Arts et spectacles

Les cinémas n’attendent que le feu vert

Ces jours-ci, les propriétaires de cinéma au Québec ont les yeux rivés sur le Danemark, la République tchèque, le Texas et la Géorgie. Dans ces endroits, les salles accueillent des spectateurs, qui doivent se plier à des règles de distanciation. Des mesures auxquelles sont prêts à se soumettre les principaux concernés et qu’ils ont même transmises à la Santé publique. Certains ont commencé à orchestrer l’après-confinement.

Le Clap, à Québec, a rappelé certains employés de plancher pour ses deux complexes. Ceux-ci nettoient les lieux fermés depuis plusieurs semaines, et rodent les équipements. «On se prépare pour le mois de juin, souligne le copropriétaire Robin Plamondon, afin que ce soit agréable tout en respectant les consignes de la Sécurité publique» qui seront éventuellement émises.

Du cinéma en toute sécurité

Arts Magazine

Du cinéma en toute sécurité

TROIS-RIVIÈRES — Les discussions qui ont cours dans le milieu du cinéma quant à une éventuelle réouverture des salles sonnent comme musique aux oreilles de Joël Côté, copropriétaire du Tapis Rouge, à Trois-Rivières.

«De notre côté, soumet-il, nous avons un plan pour une réouverture mais pour l’instant, on reste dans l’incertitude parce que nous n’avons eu aucune nouvelle officielle. J’ai écrit au député de Trois-Rivières et ministre du Travail de même qu’au ministère de la Culture pour le leur soumettre mais au-delà d’un accusé de réception, c’est resté lettre morte. Tous les ministères attendent les approbations de la Santé publique.»

«On sera les derniers à revenir à la normale», croit la DG du Palace de Granby

Le Mag

«On sera les derniers à revenir à la normale», croit la DG du Palace de Granby

Certains lieux rouvrent lentement leurs portes, mais ce n’est pas demain la veille que le public retrouvera le plaisir d’assister à un spectacle en salle, coude à coude, comme «dans le temps». Pour les bains de foule, il faudra attendre encore longtemps.

«Avec ce que j’entends, je crois qu’on ne peut pas parler d’un retour à la normalité avant janvier 2021...», croit la nouvelle directrice générale du Palace de Granby, Christine Plante. D’ici là, la réflexion bat son plein et de nombreuses pistes de solution sont soupesées dans l’éventualité d’une ouverture réduite des salles de diffusion.

Amphithéâtre Cogeco: planification et positivisme

Arts Magazine

Amphithéâtre Cogeco: planification et positivisme

TROIS-RIVIÈRES — «C’est certain que c’est venu nous déstabiliser. Il n’y a pas beaucoup de gens qui avaient vu venir ça avec une aussi grande force de frappe», raconte Steve Dubé, le directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières qui chapeaute l’Amphithéâtre Cogeco. Malgré l’importance des changements soufflés par la pandémie de COVID-19, l’équipe de M. Dubé n’a pas mis de temps à se remettre dans l’action pour prendre soin du personnel qui est l’un des piliers de l’organisation.

Par la suite, l’organisation s’est tournée vers le public qui attendait impatiemment de l’information. «On le dit depuis le début mais on a une clientèle extraordinaire et les gens sont extrêmement respectueux. Ils comprennent. Je dirais que la majorité des gens jusqu’à maintenant, bien qu’il y en a que pour différentes raisons ont demandé un remboursement, ce qu’on comprend, mais dans un gros pourcentage de cas, les gens ont conservé leur billet. On apprécie beaucoup ce geste.»

Les théâtres dans le brouillard

Arts

Les théâtres dans le brouillard

À une époque de l’année où les théâtres dévoileraient généralement le contenu de leur prochaine saison, un grand flou règne dans le milieu. Non seulement les équipes ne savent-elles pas quand elles pourront renouer avec leur public, elles ignorent aussi dans quelles conditions. Viable, le théâtre, en distanciation physique? Rien n’est moins sûr.

Dans l’attente du plan de relance promis pour juin par la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, bien des gens dans les institutions théâtrales de la capitale ont étudié le scénario depuis le début de la pandémie. Le constat semble être unanime : sans aide des gouvernements, rouvrir les théâtres en maintenant une distance de deux mètres entre les spectateurs (et les interprètes...) est difficilement envisageable.