Les quatre gagnants des prix littéraires de l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie : Éric Gauthier (prix estrien de la littérature de genre), Michèle Plomer (prix Alfred-DesRochers), Annie Lagrandeur (prix Suzanne Pouliot et Antoine Sirois) et Alex Gagnon (prix Alphonse-Desjardins).
Les quatre gagnants des prix littéraires de l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie : Éric Gauthier (prix estrien de la littérature de genre), Michèle Plomer (prix Alfred-DesRochers), Annie Lagrandeur (prix Suzanne Pouliot et Antoine Sirois) et Alex Gagnon (prix Alphonse-Desjardins).

Quatre réjouissants lauréats

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
Biennaux depuis l’an dernier, les prix de l’AAAE (Association des auteures et auteurs de l’Estrie) n’avaient pas été décernés depuis 2015. Et encore, il y a deux ans, le prix Alphonse-Desjardins n’avait pas été remis, tandis que le prix estrien de littérature de genre n’existait pas. Les quatre lauréats de 2017, dévoilés vendredi soir au Salon du livre de l’Estrie, ont donc quelque chose de réjouissant.

Ces derniers sont Michèle Plomer (prix Alfred-Desrochers), Alex Gagnon (prix Alphonse-Desjardins), Annie Lagrandeur (prix Suzanne Pouliot et Antoine Sirois) et Éric Gauthier (prix estrien de la littérature de genre). Chacun et repart avec une bourse de 2000 $.

Le moment fort de la cérémonie s’est produit lorsqu’Annie Lagrandeur a entendu son nom dans la catégorie de la littérature jeunesse. La jeune écrivaine a eu du mal à contenir ses émotions. Son roman La charmeuse de vent a été préféré à ceux de Catherine Desmarais (Cendrine Santerre) et du tandem Anne-Brigitte Renaud et Michèle Plomer (Sueurs froides). La lauréate, également libraire, a d’ailleurs souligné qu’elle recommandait régulièrement à ses clientes les deux autres ouvrages finalistes.

« Juste que vous ayez pris le temps de lire mon roman, c’est incroyable! » a lancé la gagnante aux membres de l’AAAE. « Je suis vraiment surprise! C’est un premier roman écrit pendant ma maîtrise et qui avait été refusé par plusieurs maisons d’édition. Je tiens donc à remercier celles que j’appelle mes deux fées marraines : mes deux éditrices en or, Michèle Plomer et Anne-Brigitte Renaud. »

Ces dernières étaient effectivement en compétition comme auteures dans la même catégorie que celle qu’elles avaient publiée dans leur nouvelle maison, Éditions Chauve-souris. Comble de coïncidence, Michèle Plomer a remis la main sur le prix Alfred-DesRochers, que lui avait valu son premier roman Le jardin-sablier en 2007.

« Je veux dire merci à tellement de personnes! » a commenté celle qui a répété l’exploit grâce à son plus récent roman Étincelle, devant Abattre la bête de David Goudreault et Le basket-ball et ses fondamentaux de William S. Messier. L’écrivaine magogoise se réjouissait notamment du fait que ce livre mettant l’amitié de l’avant ait pu toucher le jury.

« L’amitié, c’est souvent le parent pauvre de la littérature. Mais cette amitié-ci a subi un choc incroyable », dit-elle à propos de son roman racontant comment, à l’époque où elle vivait en Chine, une amie chinoise a survécu à de graves brûlures, à la suite d’une explosion causée par une fuite de gaz.

Convaincu qu’il n’avait aucune chance en entendant le nom des autres finalistes (L’heure sans ombre de Benoît Bouthillette et La bataille de Pavie d’André Jacques, deux anciens gagnants du prix St-Pacôme), Éric Gauthier a sursauté quand sa Grande mort de Mononc’ Morbide a été nommée, qualifiée de « pure folie extrêmement contrôlée » par le jury.

« Ça fait du bien. J’habite la région depuis 2008 et je me suis tout de suite senti accepté ici. Ça m’a donc fait très plaisir d’amener ma folie contrôlée à Sherbrooke pendant quelques pages dans mon livre. »

Premier lauréat du prix Alphonse-Desjardins depuis 2014, Alex Gagnon avoue sa surprise devant la réception de son essai Nouvelles obscurités : Lecture du contemporain, dans lequel il a proposé d’utiliser les outils critiques et théoriques de l’analyse littéraire dans la vie publique, par exemple pour décortiquer les discours politiques.

« Je craignais de m’aliéner autant le milieu universitaire que le grand public, mais je constate que c’est peut-être une réussite. Et je suis content d’être reconnu comme un écrivain. »