Toute l’équipe de Québec Issime chante Starmania s’est retrouvée en studio en mai dernier pour l’enregistrement d’un album souvenir des chansons du spectacle. Edith Pedneault, Robert-Étienne Siméon et Étienne Rathé étaient respectivement au violon, au saxophone et au violoncelle.

Quand Starmania arrive en ville

Plus que quelques jours avant que Québec Issime arrive en ville avec son Naziland, son Underground Café et ses Étoiles noires. Dès le 11 juillet et jusqu’au 18 août, huit voix et douze musiciens de haut calibre célébreront les 40 ans de Starmania dans une version concert présentée à la place Nikitotek. La Tribune s’est assise avec la distribution de cette adaptation attendue, que le directeur artistique et metteur en scène Pierre Doré qualifie de « gastronomie ».

Krystel Mongeau
Cristal

Après avoir joué dans Cowboys, de Willie à Dolly l’été dernier en remplacement de Marie-Ève Riverin, Krystel Mongeau aura encore le privilège de faire vibrer sa ville. Celle qu’on a pu voir dans Mix 4 et dans La voix 6 jouera cette fois le rôle de Cristal, l’animatrice télé.

« C’est tout nouveau pour moi, le jeu. Je n’ai jamais interprété quelqu’un d’autre que Krystel sur scène. »
C’est après sa prestation dans Cowboys, que Marie-Ève Riverin l’a approchée pour la faire entrer dans l’aventure Québec Issime chante Starmania. Coiffeuse à temps plein et chanteuse à temps partiel, la Sherbrookoise se réjouit de chanter auprès de son éternelle coach. La touchante chanson Monopolis, qu’elles interprètent en duo, est d’ailleurs sa favorite.

« J’ai connu Marie-Ève avec Mix 4 et elle a toujours été présente dans ma vie artistique depuis. Elle m’aide beaucoup à faire évoluer ma voix, particulièrement pour mon rôle, puisque le registre de Cristal est plutôt soprano, ce qui n’est pas dans mon habitude. »

Autre défi : travailler sa voix pour les deux facettes de la personnalité de Cristal, qui s’assombrit après sa rencontre amoureuse avec le rebelle Johnny Rockfort.

« On a certaines ressemblances, Cristal et moi. Je suis très pétillante et toujours heureuse, comme elle au début du spectacle. Quand je monte sur scène, ma fougue surprend les gens. On ne me croirait pas nécessairement capable de chanter de la sorte. »

Krystel Mongeau

Redgee
Johnny Rockfort

Lui aussi issu de l’univers de Mix 4 et de La voix 6, Redgee enfile la peau de Johnny Rockfort, chef des Étoiles noires, qui tombe éperdument amoureux de Cristal.

« Ça peut parfois être difficile de retourner dans son quotidien après avoir pris part à une aussi grosse production que La voix, mais Québec Issime était là pour me rattraper dès ma sortie. »

Du haut de ses 21 ans, Redgee vit sa première réelle expérience d’acteur. Il n’aurait pas pensé aborder cette facette du métier si tôt. Bien que sa voix soul épouse son personnage à merveille, il note très peu de ressemblances entre lui et Johnny.

« Il ne fait jamais rien à moitié  : qu’il soit rebelle ou amoureux, il l’est à fond. Je me rapproche plus de son deuxième visage, quand il devient plus doux et tranquille. Je ne suis pas quelqu’un qui va dans les extrêmes, même si je m’en approche parfois. »

Le message de Starmania demeure incroyablement actuel pour Redgee.

« Je connaissais toutes les chansons de Starmania individuellement, mais sans savoir d’où elles provenaient. Il y a tout un univers autour. Je crois qu’on a la parfaite distribution pour faire découvrir ces chansons-la sous un angle différent, sans dénaturer l’œuvre. »

Michaël
Ziggy

Si ce n’est pas pour ses 20 ans de métier, certains reconnaîtront plutôt Michaël grâce à son passage à La voix 5. Cette fois, il interprète Ziggy, le jeune disquaire mythomane et androgyne, en pleine émancipation.

« Il a envie de changer de vie et il veut faire partir de l’élite artistique de la société. C’est un rôle inspirant, parce que c’est un gars qui a décidé de s’affirmer, de prendre sa place et de foncer. Ça me parle bien gros, parce que c’est ce genre de valeurs que j’essaie de transmettre à mes enfants. »

D’ailleurs, le Saguenéen aborde ce rôle comme une occasion de se dépasser. « Vocalement, c’est un peu en dehors de ce que j’ai l’habitude de faire. C’est du rock et de la puissance, on s’éclate! »

Il y a dans son engagement une grande symbolique, puisque c’est Québec Issime qui, à l’époque de sa création, lui avait fait découvrir Starmania et son répertoire.

« C’est une œuvre que je trouve extraordinaire et qui traverse merveilleusement le temps. Plamondon et Berger étaient des visionnaires. Ils ont imaginé un futur qui nous ressemble quand même assez, avec les grandes villes qui prennent de l’expansion, les gens de plus en plus centrés sur eux-mêmes et les grandes puissances qui prennent plus de place. »

Marie-Ève Riverin

Marie-Ève Riverin 

Marie-Jeanne

La serveuse automate prend à nouveau vie à travers Marie-Ève Riverin, cette « gourou » du chant qui semble être le point rassembleur de toute la distribution. C’est en effet pour elle un retour dans la peau de Marie-Jeanne, 25 ans après la naissance de la troupe et de ses balbutiements starmaniaques.

« C’est une longue histoire d’amour que j’ai avec Marie-Jeanne. Je vois ça comme un privilège de pouvoir rejouer ce rôle-là. Elle est témoin de toute l’histoire, sans jamais vraiment prendre parti. C’est un personnage très noir, mais plein d’espoir. À 40 ans, on aborde ce personnage-là avec une autre maturité », dit celle qui agit aussi comme directrice vocale du spectacle.

Pour son interprétation, Marie-Ève a puisé émotion et inspiration chez deux grandes chanteuses disparues cette année : Maurane, qui a elle aussi incarné Marie-Jeanne, ainsi que France Gall, qui a déjà joué le rôle de Cristal.

Rosa Laricchiuta
Sadia

C’est depuis La voix 3 que les portes se sont ouvertes pour Rosa Laricchiuta. Rockeuse dans l’âme, celle qui incarne le nouveau cerveau des Étoiles noires se dit impatiente de chanter Travesti, Quand on arrive en ville et Ce soir on danse à Naziland.

L’attitude de meneuse et le côté dur à cuire de Sadia ne sont pas les seuls aspects du rôle qui l’interpellent. « Quand on m’a appelée pour me donner les chansons, je n’en revenais pas. Elles me vont comme un gant! Il y en a même une qui était déjà dans mon spectacle! En plus, je n’ai pas de limites pour les interpréter : je peux utiliser une voix rauque ou même crier si je veux! » lance celle qui avoue avoir toujours rêvé de participer à un opéra rock.  

Rosa Laricchiuta

Pierre Doré
Zéro Janvier  

« Starmania, c’est mon adolescence », confie Pierre Doré, pour qui l’œuvre est le premier contrat d’arrangements vocaux et musicaux.

« Je jouais Ziggy au départ, j’étais tout jeune et slim! lance-t-il. C’est ce qui nous a donné envie de gagner notre vie en faisant du théâtre musical, à moi et à Marie-Ève. »

Zéro Janvier sera un véritable travail de composition pour Pierre Doré. « Je suis d’un naturel très jovial et humaniste, tandis que Zéro Janvier est un extrémiste de la droite, autoritaire et suprémaciste. Luc Plamondon, là-dessus, était extrêmement visionnaire d’avoir inventé ce personnage 40 ans avant Donald Trump! »

Soucieux de son interprétation, Pierre Doré a demandé plusieurs conseils à Richard Groulx, qui a interprété son rôle dans trois moutures différentes de Starmania. Il faut dire qu’il cumule les tâches de directeur artistique, metteur en scène et pianiste dans le spectacle. « Comme Zéro Janvier est un businessman, mon bureau, ce sera mon piano! » rétorque-t-il amusé.

Sylvie Tremblay et Caroline Riverin
Stella Spotlight

Il n’y a pas de petites chansons dans Starmania, comme l’a dit Pierre Doré, et le répertoire de Stella Spotlight en est la preuve. Le personnage de la diva en déclin sera partagé en alternance entre Sylvie Tremblay et Caroline Riverin.

Saguenéenne d’origine, Sylvie Tremblay est installée à Sherbrooke depuis plusieurs années. Bien qu’elle ait une carrière bien remplie, Starmania ne faisait pas partie de son curriculum à ce jour.

« C’est un bonheur de travailler avec Pierre et avec cette équipe formidable, autant les musiciens que les comédiens-chanteurs. Les jeunes me poussent, c’est très stimulant! »

Entre son personnage et elle, bien des différences se dressent. « Peut-être que j’ai été moins happée par mon public qu’elle, je n’ai jamais été la grande diva. Je suis plus sereine. »

Vous voulez y aller
Québec Issime chante Starmania
Du mercredi au samedi, 20 h 30
Du 11 juillet au 18 août
Place Nikitotek
Entrée : 69,50 $ (étudiants : 45 $)