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L’exposition Expl’oser le masque, Explorer la ligne marie à la fois le travail d’architecte de Daniel Quirion ainsi que le travail d’artiste multidisciplinaire de Pierre Pino Noël.
L’exposition Expl’oser le masque, Explorer la ligne marie à la fois le travail d’architecte de Daniel Quirion ainsi que le travail d’artiste multidisciplinaire de Pierre Pino Noël.

Quand art et architecture se rencontrent

Émilie Pinard-Fontaine
Émilie Pinard-Fontaine
La Tribune
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Sherbrooke — La nouvelle exposition Expl’oser le masque, Explorer la ligne à de quoi en surprendre plus d’un. En effet, pour une première fois l’art multidisciplinaire de Pierre Pino Noël côtoie les créations architecturales de Daniel Quirion. L’idée folle vient de Pierre Pino Noël qui a proposé il y a trois semaines à l’architecte d’exposer à ses côtés afin de « parler de l’aspect artistique dans la profession d’architecte » et « d’occuper le territoire » du centre-ville.

« Au départ, j’avais la galerie à moi. Daniel, ça fait une couple de fois qu’on se dit qu’on va faire quelque chose ensemble et là, j’ai pensé : crime un architecte ! Daniel c’est un artiste, mais un architecte c’est plus sur un piédestal, on ne connaît pas le travail d’un architecte et moi je sais que lui c’est un artiste et je sais qu’avant qu’il ait fait un projet, il y a toujours un croquis de départ, une idée de départ, un développement au même titre qu’un artiste », lance d’entrée de jeu Pierre Pino Noël.

Il lui a donc proposé sur un coup de tête de participer à l’exposition et Daniel Quirion « a dit oui tout de suite ! »

« Je suis quelqu’un qui aime bien vulgariser, sensibiliser les Sherbrookois à la qualité bâtie, au patrimoine et je le fais depuis une vingtaine d’années. Alors je me sentais un peu interpellé d’autant plus quand Pierre me disait que l’exposition en question était devant Wellington-sur-Mer qui était mon bébé de l’année dernière », explique Daniel Quirion.

« Aussi, l’architecture en soi on n’en parle pas beaucoup, sinon lorsqu’on la détruit, quand elle est en péril », poursuit-il

Il a donc monté en deux semaines près d’une vingtaine de panneaux qui étalent les projets sur lesquels il a travaillé dans les dernières années qui ont vraiment un aspect créatif. Il y présente à la fois des projets du passé, qui font désormais partie du paysage sherbrookois, mais aussi des projets qui ne sont pas encore réalisés.

Avec très peu de concertation, les deux artistes ont donc préparé leur exposition chacun de leur côté et le tout a été mis ensemble la veille du vernissage.

« Quand on a fait le montage, mon Dieu que c’était du bonbon ! » exprime avec enthousiasme Pierre Pino Noël.

Pierre Pino Noël explore le masque sous toutes ses formes en laissant les matériaux s’exprimer d’eux-mêmes.

Expl'oser le masque

Pour Pierre Pino Noël, il était important de se trouver un projet pour s’occuper pendant ce deuxième hiver pandémique. Ayant déjà créé quelques masques, il est parti sur cette idée et il « s’est payé la traite ! » comme il le dit si bien.

« J’ai fait de l’improvisation libre et j’ai vraiment créé sans aucune obligation, sans aucun but non plus », explique-t-il.

Il faut dire qu’il a une longue relation avec le masque.

« [Je fais] le clown [depuis] 1977, avec le mime un petit peu, la Commedia dell’arte... Je travaillais le cuir déjà et j’en ai toujours fait un peu. À tout bout de champ [dans mon travail] il y a un masque qui apparaît, il y a un visage et je ne le vois pas des fois tout de suite, mais un moment donné je m’en aperçois. Alors je me suis dit : pourquoi pas ? »

Fin observateur et à l’écoute de ses matériaux, Pierre Pino Noël part avant tout de l’objet lui-même afin d’en faire une création artistique.

« Je pars de l’objet et c’est l’objet qui me dit. Ce n’est pas moi qui choisis un masque, c’est le masque qui me choisit. Alors, il faut écouter, il faut juste écouter », confie-t-il.

Près d’une vingtaine de planches présentent les projets architecturaux réalisés par Daniel Quirion dans les dernières années, en plus de donner un aperçu de certains projets à venir.

Explorer la ligne

De son côté, Daniel Quirion, dans sa quête d’innovation, adore jouer avec l’histoire, s’inspirer de la nature, mais aussi de l’humain.

« Vraiment le plus important c’est les gens, l’humain qui l’utilise. Qu’est-ce qui fait le sens pour lui ? Qu’est-ce qui évoque quelque chose pour lui ? » explique-t-il.

« J’aime ça être l’emmerdeur positif qui fait en sorte de juste amener la petite magie, la petite bougie d’allumage et de voir à quel point le bâtiment ou l’œuvre architecturale peut être cet élément rassembleur là. C’est drôle parce que l’exposition m’a fait prendre conscience à quel point j’ai touché dans les dernières années à des projets qui sont circulaires, qui rassemblent ou qui amènent cette espèce de notion là du bien commun », poursuit-il.

Daniel Quirion ne voit pas en quoi sa démarche d’architecte et la démarche artistique sont différentes.

« C’est très drôle parce qu’un architecte dans le fond sème à tout vent dans la ville, dans le sens où il y a vraiment des interventions un peu partout. Là, j’ai la chance de tout ramener ça et vraiment de le démocratiser, de le vulgariser. C’est un honneur pour les architectes, il faut que les architectes parlent de leur travail, il faut qu’on parle plus d’architecture ! » lance-t-il.

D’ailleurs, lorsqu’il a vu sortir les planches pour l’exposition, il s’est rendu compte du chemin qu’il avait parcouru et du nombre de projets auxquels il a contribué avec les années.

« C’est chouette et c’est à Sherbrooke, ça c’est encore plus trippant. Je dois dire que je me sens extrêmement fier d’être Sherbrookois, fier de pouvoir faire de l’architecture ici, en région », exprime-t-il.

L’exposition Expl’oser le masque, Explorer la ligne sera présenté à la galerie du 96 Wellington Nord jusqu’au 5 août prochain.