De gauche à droite : Jonathan Drouin, Luis Clavis, Julien Harbec, Thomas Hébert et François-Simon Déziel.
De gauche à droite : Jonathan Drouin, Luis Clavis, Julien Harbec, Thomas Hébert et François-Simon Déziel.

Qualité Motel : le côté givré de Valaire

 Parce que « c’est la quantité qui compte », les membres du groupe Qualité Motel lancent un nouveau microalbum de cinq chansons qu’ils qualifient comme la suite « logique et peu sérieuse » de ce qu’ils avaient créé en 2018 avec C’est pas la qualité qui compte. Pour l’occasion, les cinq Sherbrookois se sont posés autour d’une table afin de faire un bref retour sur les dernières années où ils ont enchaîné spectacles et collaborations musicales.

« Je ne me rappelle pas la dernière fois où on a pu profiter de l’été comme ça », confie Jonathan Drouin, l’air somme toute assez content. Pour ceux qui l’ignorent toujours, Qualité Motel est le prolongement du groupe pop-électro-jazz Valaire, donc le premier album Mr. Brian souffle quinze bougies cette année.

Les cinq gars ont commencé à jouer ensemble au début des années 2000 sous le nom de Misteur Valaire. Avec une formation musicale axée sur le jazz et « sur la vie », s’amusent-ils à dire, le groupe s’est rapidement fait une place avec son style aux influences multiples.

En 2016, après un « ménage de printemps », Misteur Valaire est simplement devenu Valaire. « Dans le milieu, on nous appelait déjà les Valaire. On a fait des démarches à l’international et le “Misteur” était un vrai souffre-douleur. Les anglophones avaient du mal à le prononcer et c’était logique pour nous de procéder au changement », explique Jonathan Drouin.

Par contre, c’est en 2012 que Qualité Motel a vu le jour à son tour, ici à Sherbrooke. « Le projet est né grâce à Jean-Pierre Beaudoin, le directeur général et artistique de la Fête du lac des Nations. On jouait avec Valaire cette année-là et il nous avait demandé un “DJ set” avant notre performance officielle. C’était embryonnaire et on avait fait environ une heure d’improvisation », se remémore Thomas Hébert.

Les membres du groupe révèlent s’être inspirés d’un groupe originaire de Chicoutimi, les Lions du rythme, qui créait de la musique sur un fond de jeux vidéo à ce moment. « Pour nous, c’était l’occasion de faire quelque chose de plus évolutif qui n’avait pas nécessairement de forme. Il y avait des belles affaires, d’autres pas », se rappelle Jonathan Drouin, plus ou moins satisfait.

« Valaire devenait plus grand. On jouait moins, mais on faisait des salles de spectacles et des festivals à plus grand déploiement, ajoute Thomas Hébert. Qualité Motel nous permettait de retourner jouer dans les bars devant moins de gens, chose que l’on apprécie encore énormément à ce jour. »

Effectivement, les cinq musiciens, qui ont l’habitude d’avoir en leur possession plusieurs instruments sur scène, se partagent une simple table où se trouvent quelques synthétiseurs et autres outils électroniques. « Qualité Motel, ça entre dans une minivan, rigole Jonathan Drouin. Ça vient contrebalancer toute la lourdeur logistique de Valaire. »

Une formule « after show »

Pour bien décrire leur projet parallèle, les membres du groupe ajoutent à la blague que « Valaire s’adresse au public de 21 heures alors que Qualité Motel s’immisce bien en fin de soirée, plus vers minuit ». Cela leur a d’ailleurs permis à maintes reprises de faire des « doublés », alternant les deux projets dans une même soirée.

« Qualité Motel, c’est notre vent de fraîcheur, c’est plus festif. C’est tout ce que l’on ne s’est jamais permis de faire avec Valaire, où on met vraiment tout notre cœur dans la composition et l’originalité. Avec Qualité Motel, on se permet de créer des chansons plus pop et de remixer des chansons connues. Bref, des choses qu’on n’oserait probablement pas faire avec Valaire », affirme Thomas Hébert.

Lors de leur performance pour l’édition virtuelle de la Fête du lac des Nations, le 17 juillet, les Sherbrookois sont effectivement parvenus à mélanger compositions originales et autres titres surprenants tels que Party de gars de Mixmania, Loin de nous de Sylvain Cossette ou encore Wannabe des Spice Girls. Vêtu des plus belles chemises à motif de dragons et portant lunettes fumées, le quintette a semblé avoir beaucoup de plaisir lors de son seul concert prévu en été 2020.

« C’est la quantité qui compte »

Après avoir créé des chansons avec, entre autres, Marie-Élaine Thibert, Simon Proulx du groupe Les Trois Accords et Koriass sur l’album précédent, les membres de Qualité Motel ont tenu cette fois-ci à contacter des artistes de la relève tels que Claudia Bouvette, Kirouac, Mike Clay et le groupe de rap francophone LaF.

« Il nous restait des chansons sans paroles qui n’ont pas paru sur l’album de 2018. On trouvait que le confinement était le moment idéal pour lancer l’idée aux artistes qu’on avait en tête. Tout s’est fait virtuellement et de façon assez fluide », mentionne Luis Clavis (Louis-Pierre Phaneuf de son vrai nom).

La collaboration entre Claudia Bouvette et Qualité Motel sur Unavailable a été assez bien reçue à sa sortie le 7 juillet dernier sur les différentes plateformes musicales. La jeune chanteuse, qui a le vent dans les voiles, a d’ailleurs eu carte blanche pour les paroles qui devaient au départ être en français.

« L’écriture en anglais s’est faite naturellement pour elle. On a l’habitude de s’adapter aux artistes avec qui l’on collabore. La langue nous importe peu. On se donne la permission de faire un peu de tout et c’est ce qui est intéressant avec Qualité Motel », souligne Luis Clavis.

Les membres du groupe ont également pu compter sur la participation de l’humoriste et chanteur Steeve Diamond, qui personnifie Émile Bilodeau sur l’une des chansons du nouveau microalbum. « On réserve toujours quelques surprises », commentent-ils.

« On a hâte de pouvoir retrouver les foules et de faire danser les gens. Pour l’instant, on profite de la situation pour se reposer, confie Thomas Hébert, tout nouvellement père de famille. On prévoit aussi composer à l’automne pour Valaire, c’est à suivre! » conclut-il.