Louise Deslongchamps, chef du Chœur Florilège, Éric G. Langlois, metteur en scène du concert Bleu, et Louise de La Bruère, première chef du chœur, en poste pendant 21 ans, de 1983 à 2004.

Projection dans le bleu pour Florilège

Bien sûr que cela fait un petit velours à Louise de La Bruère de constater que Florilège, le chœur qu’elle a contribué à fonder il y a maintenant 35 ans, continue de vivre et de donner des concerts. Comme tous les ensembles musicaux, le groupe vocal a connu ses hauts et ses bas, dont des changements de direction rapprochés, mais l’arrivée de Louise Deslongchamps comme capitaine du navire a apporté un souffle nouveau dans les voiles, après quelques années plus houleuses.

Louise de La Bruère est d’autant plus heureuse que Louise Deslongchamps, lorsqu’elle était enfant, a été son élève et, plus tard, choriste pendant deux ans au sein de Florilège. Arrivée en septembre 2016, la nouvelle chef de chœur rend aujourd’hui hommage à la fondatrice, en l’invitant à diriger deux chansons lors du concert des 35 ans de l’ensemble vocal, le week-end prochain.

« Je suis à la fois honorée et très touchée », commente Mme de La Bruère, qui n’a jamais cessé d’assister aux concerts après qu’elle se fut retirée en 2004, et qui est toujours un peu mal à l’aise lorsqu’on lui donne le titre de fondatrice.

« Moi, je dirigeais la chorale de la paroisse Notre-Dame-de-Protection lorsque quelques membres sont venus m’exprimer leur désir de créer un chœur à Fleurimont. Parmi eux, il y avait Pierre Montour, Pierre Brosseau et Mario Goupil, qui a été le premier président. Rien ne se serait passé sans leur initiative. Je me souviens que j’ai beaucoup hésité. J’ai finalement répondu que je le ferais le temps qu’ils trouvent quelqu’un d’autre. Et je suis resté 21 ans! » raconte-t-elle en éclatant de rire.

Lorsque Louise Deslongchamps a repris les rênes de Florilège, elle devenait la cinquième chef du chœur en cinq ans. « Pour cette raison, j’ai prévenu les chanteurs qu’il n’y aurait pas de spectacle la première année. Je voulais qu’on apprenne à se connaître et que l’on prenne le temps nécessaire pour y arriver. Notre premier concert ensemble a donc été celui de Noël dernier. »

Également directrice de l’Escaouette à Asbestos, des Chante-Dames à Victoriaville, et codirectrice avec Chantal Boulanger du Chœur du Cégep de Sherbrooke, Louise Deslongchamps s’est retrouvée avec un ensemble vocal qui allait bien, même s’il avait diminué en ampleur (comme plusieurs regroupements artistiques, Florilège a connu des cycles et a déjà vu ses effectifs grimper jusqu’à plus de 60 membres, pour redescendre à 27 en ce moment). Elle n’a toutefois pas touché aux trois principales caractéristiques instaurées dès la fondation : la variété du répertoire, l’apprentissage de mémoire et le recours à la mise en scène.

« Sais-tu chanter? »

Le public doit donc s’attendre à une prestation tout sauf monotone, voguant de Ferland à Brel, en passant par Koriass et Cohen. Pour souligner l’anniversaire, Louise Deslongchamps a aussi inclus des classiques de Florilège, tels l’Ave Maria de Caccini et Happy Day. Louise de La Bruère dirigera Festin du jeudi gras, un air de la Renaissance, et la chanson Je connais des bateaux de Mannick.

« Mais il y a des choses assez récentes, comme Jai Ho, le thème du film Slumdog Millionaire », ajoute Éric G. Langlois, qui a été recruté comme metteur en scène en janvier dernier. « On ne se connaissait pas du tout, on avait seulement une amie en commun. »

Première question de Louise Deslongchamps à son nouveau coéquipier : « Es-tu musicien et sais-tu chanter? » Elle ne pouvait pas mieux tomber, l’acteur de formation étant aussi chanteur et claviériste. « Un metteur en scène qui comprend que les choristes doivent respirer et tenir des notes, ça fait une différence! »

Éric Langlois est donc allé d’une mise en scène avec quelques déplacements, mouvements et éléments de costumes, mais jamais au détriment de la voix. Il a ainsi mitonné un spectacle avec quelques surprises, dont la participation de danseurs et d’enfants.

« La première chanson que Florilège m’a chantée, c’est Hymne à la beauté du monde [dans un arrangement de Marc O’Reilly]. J’avais l’impression de voir la planète exploser de sa maladie, poursuit le metteur en scène. C’est là que nous avons eu l’idée d’inclure des enfants, car elle est à eux, la planète. En plus, on vient de passer le jour de la Terre. C’est cette chanson, avec les autres qui parlent de ciel, d’envol, de la mer, qui m’a donné l’idée du thème Bleu. »