Le cinéaste sherbrookois Yan Giroux est devenu dimanche le tout premier lauréat de l’Iris du meilleur premier film, grâce à son long métrage À tous ceux qui ne me lisent pas. Sur scène, il était accompagné de son coscénariste Guillaume Corbeil et de sa productrice Élaine Hébert. Le film a aussi remporté les Iris du meilleur scénario et de la meilleure interprétation masculine (premier rôle), décerné à Martin Dubreuil.

Prix Iris : Yan Giroux heureux pour Yves Boisvert

Avec 12 nominations, il était difficile, pour le cinéaste sherbrookois Yan Giroux, de ne pas espérer remporter au moins un prix au Gala Québec cinéma cette année. C’est finalement trois statuettes qui ont été remises dimanche soir au long métrage À tous ceux qui ne me lisent pas : meilleur premier film, meilleur scénario et meilleure interprétation masculine (premier rôle), décernée à Martin Dubreuil. Inutile de préciser que le réalisateur a été enchanté de sa soirée.

« D’un point de vue personnel, c’est très gratifiant de recevoir l’appui du milieu, mais ça permet aussi de continuer de rendre hommage à un poète que très peu de gens connaissaient », confie Yan Giroux au lendemain du gala, à propos de son œuvre librement inspirée de la vie du défunt poète estrien Yves Boisvert.

« La poésie a parfois de la difficulté à joindre son public. C’est même aussi parfois le cas du cinéma québécois. Avec un gala comme celui-là, j’espère que ça va donner envie à plus de gens de voir le film et de lire ce qu’Yves Boisvert a écrit. »

Pour Yan Giroux, le plus important des trois prix est celui de Martin Dubreuil. « Il a livré toute une performance. J’ai vraiment l’impression qu’il était mûr pour recevoir ce prix-là dans son cheminement et dans sa carrière. C’est quelqu’un qui se dévoue à son art; il s’est donné pour le cinéma québécois », déclare-t-il au sujet de l’acteur qui, comme l’a souligné l’animatrice Édith Cochrane lors du gala, a joué dans « une centaine de courts métrages ».

Si Yan Giroux connaissait et respectait déjà Martin Dubreuil, c’est toutefois avec minutie qu’il l’a sélectionné. « Il a vraiment gagné son rôle. C’est à la deuxième ronde d’auditions qu’il nous a réellement impressionnés. Après ça, il s’est vraiment engagé dans la construction de son personnage, il a même rencontré plusieurs amis d’Yves. »

De nouvelles voix

Yan Giroux avait un lien particulier avec le défunt poète, qu’il a connu en rencontrant la fille de sa conjointe Dyane Gagnon (incarnée par Céline Bonnier dans le film). Devant l’anonymat d’Yves Boisvert malgré une profonde relation avec son art, Yan Giroux a eu envie de lui consacrer son premier long métrage. Un pari bien joué, puisqu’il a été récompensé de l’Iris du meilleur premier film, prix qui faisait son entrée au Gala Québec cinéma cette année.

« Un premier film, c’est souvent beaucoup d’années de travail, confie le réalisateur. C’est un moment particulier et c’est un tournant dans une carrière. Je trouve que c’est vraiment une belle initiative du gala de créer ce prix. D’une certaine façon, c’est une bonne façon d’accueillir de nouvelles voix dans la grande famille du cinéma québécois », confie celui qui avait tout de même plusieurs courts métrages à son actif.

« En espérant qu’avec le temps, par exemple dans dix ans, on pourra regarder ceux qui ont reçu ce prix-là et voir que ce sont des réalisateurs et des cinéastes qui ont persévéré dans le domaine. »

Autre première fois : le dramaturge avec qui il a coécrit le scénario, Guillaume Corbeil, a connu son baptême du monde du cinéma avec À tous ceux qui ne me lisent pas. Si ce n’était de son humour, de sa connaissance du milieu littéraire et de sa distance par rapport au personnage principal, il n’y aurait pas eu d’Iris du meilleur scénario, croit le cinéaste.

« Je sentais que Guillaume avait l’énergie et qu’il allait apporter quelque chose de différent à l’écriture. »

La force du texte primé dimanche selon lui? « À la base, il y avait une idée : faire un hommage à Yves Boisvert. Mais ça, c’était assez abstrait. Il fallait réussir à faire un film sur la puissance de la création et la façon dont l’art peut jouer un rôle dans nos vies sans tomber dans quelque chose de trop sentimentaliste ni de pathétique », d’analyser Yan Giroux.

Nouveaux projets

Déjà tournés vers de nouveaux défis, Guillaume Corbeil et lui ont terminé le scénario d’un prochain court métrage. Le réalisateur révèle aussi être actuellement en écriture avec Micro_scope (NDLR la société de production derrière À tous ceux qui ne me lisent pas) pour un long métrage qui sera inspiré du Surveillant, court métrage tourné par le Sherbrookois au parc Dufresne en 2012.