Bruno Lemieux, professeur de littérature et communication au Cégep de Sherbrooke et cofondateur du Prix littéraire des collégiens, a reçu le Prix Guy-Rocher, décerné pour la première fois par la Fédération des cégeps.
Bruno Lemieux, professeur de littérature et communication au Cégep de Sherbrooke et cofondateur du Prix littéraire des collégiens, a reçu le Prix Guy-Rocher, décerné pour la première fois par la Fédération des cégeps.

Prix Guy-Rocher : un professeur sherbrookois honoré

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
SHERBROOKE — Le Sherbrookois Bruno Lemieux, professeur de littérature et communication au Cégep de Sherbrooke, fait partie des lauréats du prix Guy-Rocher, décerné pour la première fois par la Fédération des cégeps, pour avoir cofondé le Prix littéraire des collégiens (PLC) il y a 17 ans et en avoir assuré la pérennité. 

M. Lemieux a gagné ce prix conjointement avec Claude Bourgie Bovet, présidente de la Fondation Marc Bourgie et également cofondatrice du Prix. 

« Quand j’ai reçu l’appel m’annonçant que j’étais colauréat du Prix Guy-Rocher, ça m’a pris un moment avant de comprendre de quoi il s’agissait », indique Bruno Lemieux, qui pensait être appelé pour faire partie d’un comité de travail ou de réflexion. 

« J’ai d’abord été surpris, puis vivement ému. J’ai pensé à tout ce que ça représentait. Presque 20 ans de travail, des milliers de jeunes qui ont lu des romans québécois contemporains partout au Québec, des centaines de profs qui ont contribué… J’ai aussi pensé à mon partenariat très complice avec Claude. C’est à la fois un très grand honneur et un très grand bonheur », exprime le lauréat. 

Il accueille toutefois cet honneur avec beaucoup d’humilité. « Quand on sait tout ce que Guy Rocher a fait pour l’éducation au Québec, il faut rester très humble. Ça m’incite à continuer mon travail avec modestie », mentionne le Sherbrookois. 

À la suite de cette reconnaissance, M. Lemieux a reçu beaucoup de messages de la part de partenaires et de collègues, mais aussi d’anciens étudiants et d’auteurs en lice au PLC. 

« C’est ce que je trouve magnifique avec ce projet-là. C’est un peu comme une pierre lancée dans l’eau. On voit très bien les premières ondes, puis le mouvement diminue, mais se poursuit quand même dans le temps », compare le professeur. 

Ce projet pédagogique a certainement des effets à long terme, croit M. Lemieux. En effet, une étudiante ayant participé au projet-pilote qui a mené à la création du PLC il y a 20 ans l’a contacté récemment. « Je ne suis pas devenue prof de cégep en littérature, mais il y a certainement une trace du Prix des collégiens dans chaque réunion où je débats et à chaque fois que j’enseigne en pédagogie active à l’université. Merci! » lui a écrit Ursule Boyer-Villemaire, désormais professeure au département de géographie de l’UQAM. 

Hommage à Guy Rocher

Ce nouveau prix honorifique, qui sera remis tous les deux ans, a été annoncé l’hiver dernier dans le cadre du 50e anniversaire de la Fédération des cégeps. 

Le prix porte le nom de Guy Rocher en l’honneur de sa contribution à l’édification d’un système éducatif démocratique et moderne pour le Québec, apprend-on dans un communiqué. 

L’homme a en effet porté plusieurs chapeaux en lien avec l’éducation : ex-membre de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (Commission Parent), qui a donné naissance au cégep en 1967, ancien sous-ministre au Développement culturel et au Développement social, professeur de sociologie à l’Université de Montréal, etc.

« Je suis très touché que la Fédération des cégeps, créant un prix prestigieux, ait voulu lui donner mon nom. J’en suis honoré », mentionne M. Rocher dans un témoignage vidéo. 

Cet homme est une grande source d’inspiration et un modèle à suivre, selon Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps. « C’est un immense honneur pour la Fédération que M. Guy Rocher ait accepté d’associer son nom à un prix qui est destiné à reconnaître des personnes qui contribuent à prolonger son œuvre », indique-t-il par voie de communiqué, ajoutant que « les lauréats de cette première édition en sont des exemples inspirants ».

Michèle Fortin, gestionnaire du secteur public et administratrice de sociétés, et Pierre Fortin, professeur des sciences économiques de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, ont également été honorés pour souligner leur engagement et leur contribution à l’avancement de l’éducation au Québec.

Avenir du PLC

Depuis le début de l’automne, le Prix littéraire des collégiens est associé au Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ).

« J’espère que le prix que j’ai reçu va sensibiliser tous ceux qui peuvent agir au fait qu’il est important de soutenir financièrement les activités culturelles dans les milieux scolaires mais aussi communautaires, que ce soit les partenaires économiques, la classe politique, les patrons d’entreprises, etc. », exprime le cofondateur du PLC. 

Il explique que le plus difficile à faire, au fil des ans, est de rassembler les sommes requises pour la tenue de l’événement, mais il est confiant de la pérennité du Prix avec le RIASQ.

Notons que les prochains romans québécois qui seront en lice au PLC 2021 seront annoncés au courant du mois de novembre.