Les gagnants 2018 des Prix en arts et culture de l’Estrie : derrière, Jean-Francois Letourneau, David Goudreault, Jérôme Lavallée, Félix Lavallée et Stéphane Lavallée; devant, Ian Fournier et Hubert Lavallée.

Prix en arts et culture en Estrie : une année de gars

 Il y avait autant de nominations féminines que masculines cette année pour les Prix en arts et culture en Estrie, mais, sans le savoir, les différents jurys des quatre prix ont tous choisi des finalistes masculins comme lauréats.

David Goudreault, Ian Fournier, Jean-François Létourneau et le clan Lavallée (Stéphane Lavallée et ses trois fils Jérôme, Félix et Hubert, de la Chapelle du Rang 1) se sont respectivement partagé les prix CALQ — Œuvre de l’année en Estrie, Excellence Culture Estrie, Relève et Développement culturel, hier, lors de la soirée Apéro culturel. Celle-ci se déroulait au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke.

La diversité se trouvait plutôt dans les différents domaines et disciplines salués indirectement par le choix des gagnants de 2018, soit la littérature, la chanson, le conte et la diffusion de spectacles doublée de la réalisation d’une série web.

Pour David Goudreault, qui n’en est pas à sa première récompense, le prix du CALQ (accompagné d’une bourse de 5000 $) avait tout de même une valeur particulière, puisqu’il couronnait Abattre la bête, troisième et dernier tome de sa série romanesque. L’écrivain, également slameur et poète, avait déjà remporté le Prix Excellence Culture Estrie en 2016.

« Que mon roman ait été choisi parmi toutes les intéressantes œuvres diffusées en Estrie durant la dernière année, c’est très significatif. Que le dernier roman de la trilogie soit récompensé vient apaiser toutes mes craintes de mal terminer cette histoire, qui avait été accueillie de façon exceptionnelle au départ. On vient de me dire que j’ai bien travaillé », de commenter le lauréat, qui a élégamment salué les deux autres finalistes de sa catégorie : la poétesse Hélène Dorion, pour son recueil Comme résonne la vie, et la danseuse et chorégraphe Amandine Garrido Gonzalez, pour son spectacle jeune public Acuna.

« Merci au Conseil des arts et lettres du Québec pour ce prix qui représente, pour moi, du temps d’écriture qu’on m’offre », a ajouté David Goudreault, avant d’annoncer un tout nouveau roman pour le printemps, Les amours propres.

Moteur de rétablissement

Les personnes qui ont remarqué le succès de la Chapelle du rang 1 à Lac-Mégantic en seulement deux années d’activité ont pu constater que celui-ci était le fruit du travail de tout un clan, le propriétaire Stéphane Lavallée faisant monter sur scène, outre ses trois fils, son père, son frère, sa belle-sœur et sa belle-fille. Le diffuseur a aussi été récompensé pour avoir contribué à la réalisation d’une série de six capsules web en collaboration avec la Fabrique culturelle de Télé-Québec.

« La Chapelle, c’est plus que la revalorisation d’un lieu historique datant de 1891 : c’est un lieu de rencontres et de retrouvailles pour une communauté qui en a bien besoin. Notre salaire, ce sont les sourires et les mercis. Lac-Mégantic est une communauté qui se reconstruit autour de la culture, laquelle est un puissant moteur de rétablissement et de développement. »

En 2018, l’artiste Ian Fournier a composé 50 nouvelles chansons et pièces musicales, en plus de faire paraître quatre albums et de travailler à un projet d’accès à la culture pour les aînés, Gériart. Pour son désir de se développer en tant qu’artiste en région, il a donc reçu le prix Excellence culture Estrie.

« Pour un gars du Lac-Saint-Jean qui est arrivé ici il y a neuf ans, je peux dire que j’ai été super bien accueilli. Et je suis entouré d’artistes merveilleux prêts à me suivre dans mes projets. »

Jean-François Létourneau est finalement reparti avec le prix Relève. Ce professeur de littérature au Cégep de Sherbrooke a en effet fait le saut vers la scène, avec le spectacle de conte, de musique et de poésie Sur les traces du territoire : on mourra jamais, du collectif Marchands de mémoire.

« Je tiens à souligner l’apport de mes coéquipiers musiciens (qui ne sont pas de la relève, eux) pour faire la transition de la page blanche vers la scène, un endroit beaucoup plus dangereux. Ce prix est une belle tape dans le dos pour continuer. »