Frédéric Normandin

Portes ouvertes sur la couleur

Bien connu comme illustrateur depuis qu'il a signé les images des albums pour enfants écrits par Dany Laferrière, Frédéric Normandin dévoile un autre volet de sa pratique artistique avec l'exposition Colportage. Présentée à la Maison des arts et de la culture de Brompton, celle-ci réunit une dizaine d'oeuvres abstraites peintes par le Sherbrookois.
« Je suis allé vers l'art abstrait pour faire contrepoids à mon travail d'illustrateur. Peut-être parce que je fais des petits bonshommes tout le temps, peut-être aussi parce que j'ai 40 ans, j'avais envie d'explorer autre chose. Mais je n'ai pas réussi à me départir de ma palette de couleurs! »
De fait, les toiles de l'artiste peintre sont remplies de couleurs éclatantes. Les teintes pastel qu'il superpose sur ses grands formats créent un univers vivant, vibrant, rempli d'images aux contours indéfinis.
« J'aime ce côté flou qui fait que chacun voit ce qu'il veut bien voir. Mes toiles deviennent ainsi un terrain de jeu pour l'imaginaire des gens », explique Frédéric Normandin, qui utilise l'acrylique et le crayon pour colorer ses univers et créer ses compositions.
«Très instinctif»
« C'est très instinctif et plus ou moins conscient comme choix. Je commence par briser la blancheur de la toile avec des coups de pinceau. Puis, je relève des éléments que je fais ressortir. Je superpose les couleurs, je m'amuse. Un de mes profs, lorsque j'enseignais la scénographie à l'École nationale de théâtre du Canada, disait que devant une toile, il fallait s'imaginer être un enfant de six ans, un dimanche après-midi, quand la pluie rend impossible tout jeu extérieur et qu'il faut créer un univers avec une boîte de crayons et du papier blanc. C'est tout à fait l'esprit de mon travail. »
Sauf qu'en lieu et place du papier blanc, le peintre a choisi de s'exprimer sur des portes, entières ou coupées, en jouant avec les éléments qui caractérisent celles-ci.
« C'est un support facile à trouver. Et je trouve ça drôle de peindre sur un canevas qui n'est pas noble à la base. J'aime aussi le format de la porte. Ça me permet une ampleur dans le mouvement, c'est très physique. Ça m'amène à créer d'une tout autre façon qu'en illustration, où je travaille davantage sur tablette graphique. »
Jusqu'ici, le peintre avait affiché ses toiles uniquement dans des cafés de la région. Pour la Maison des arts et de la culture, il a bâti une exposition sur mesure... et dans l'urgence!
« C'est un petit marathon, mais je travaille toujours comme ça, je crée bien sous pression. Peut-être bien que ça me vient de mes études en scénographie, où tout devait être fait rapidement parce que the show must go on, comme on dit. Je retourne inconsciemment vers ça », exprime celui qui
expose aussi au Café Pierre Jean Jase, présentement, des oeuvres réalisées entre 2003 et 2013.
Colportage
Frédéric Normandin
Jusqu'au 9 mars
Maison des arts et de la culture de Brompton