Juste à temps pour la Fête de la Well, de jeudi à samedi, l’Hôtel Wellington se pare de poèmes et d’œuvres inspirées par ceux-ci. Trois poètes et six artistes sherbrookois ont uni leur talent pour l’occasion.

Poésie pour embellir l’Hôtel Wellington

L’enseigne qui orne la devanture de l’Hôtel Wellington attire l’œil, intrigue les passants. Hôtel de la poésie, annonce-t-elle en rouge sur fond noir.

C’est que, depuis un peu plus d’un mois, derrière les portes closes de l’établissement du centre-ville, une poignée de créateurs s’affairent à revamper la façade de l’endroit. 

À partir des mots des poètes Frank Poule, Sophie Jeukens et Marianne Verville, les artistes et muralistes Do Lessard, Arnold, Marie-Philippe Plante, Émile C.D., Jorge et Méga Nan ont imaginé des œuvres pour orner les larges fenêtres en arche qui se déploient sur la longueur du bâtiment. Mots jolis et œuvres inspirées par ceux-ci se voisineront sur la devanture de l’édifice aux gargouilles distinctives.  

« Tout ça s’inscrit dans la foulée du parc éphémère, des bacs à fleurs redécorés sur la rue et de la revitalisation du Quartier Well Sud. C’est le chargé de projet à la Ville de Sherbrooke, Philippe Cadieux, qui a en quelque sorte chapeauté le projet », souligne le poète Frank Poule, aussi directeur du Tremplin 16-30. 

Les artistes sherbrookois ont eu financement et carte blanche pour créer leur murale sur de grands pans de bois.

« On a vraiment pu laisser notre créativité s’exprimer, on n’avait pas de commande à respecter. C’est très agréable de mener un projet dans ces conditions-là et de créer une œuvre qui va vivre dans la rue, qui pourra être appréciée par tous ceux qui circulent par ici », précise Marie-Phillippe Plante.  

Le résultat est pour l’instant pétri de mystère, chaque œuvre est voilée d’un grand tissu écru. 

« Les créations reflètent la vie du coin. Chacun a sa vision, sa signature, mais comme on a travaillé en couches successives, ça donne un effet 3D à nos œuvres », explique le muraliste Arnold. 

Démolira? Démolira pas?

Dès jeudi, 17 h 30, le public pourra admirer le fruit de ce travail collaboratif. En tout, six extraits de poèmes et six masques format géant se déploient sur panneaux. Au-dessus de chacun, le cadre a été repeint en rouge. Les œuvres seront dévoilées dans le cadre de la Fête de la Well, qui se déroule jeudi, vendredi et samedi, sous le thème : Habiter, partager et fêter la Well (détails sur la page Facebook de l’événement).  

Elles devraient rester en vitrine jusqu’à ce que le sort de l’Hôtel Wellington soit connu. L’édifice, rappelons-le, pourrait être démoli l’an prochain. 

« Ce bâtiment reste tout de même un symbole fort de la rue Well Sud. Les œuvres créées ont chacune leur couleur. Les poèmes ont été l’inspiration et le moteur pour tous, mais certains artistes ont choisi d’illustrer les mots d’une façon plus littérale alors que d’autres ont plutôt préféré camper une ambiance. Je trouve que c’est une belle occasion de raconter différentes histoires de la Well Sud », exprime Frank Poule.  

Un secteur qui est boudé par certains et parfois craint par d’autres. Était boudé et craint, devrait-on sans doute écrire ici. Parce que les efforts de tous portent leurs fruits, estiment les artistes qui travaillent de ce côté de la Well depuis plusieurs années. 

« On voit des changements. Le parc éphémère, cet été, a créé quelque chose, un point de rencontre où tout le monde était inclus et se sentait accueilli », notent Marie-Philippe et Arnold.