Placé au pied du mur dans son projet de documentaire sur son ancienne conjointe, la regrettée auteure-compositrice-interprète sherbrookoise Micheline Goulet, le cinéaste Pierre Javaux s’est résigné à mettre sa maison en vente pour enfin terminer ce film sur lequel il travaille depuis dix ans.

Pierre Javaux prêt à vendre sa maison pour terminer son documentaire

Le cinéaste sherbrookois Pierre Javaux prend les grands moyens pour terminer son long métrage documentaire sur la vie de l’auteure-compositrice-interprète et poète sherbrookoise Micheline Goulet : l’homme de 71 ans a mis sa maison en vente et a lancé une campagne de sociofinancement.

« C’est le projet de ma vie », lance Pierre Javaux, qui est également président du Festival Cinéma du monde de Sherbrooke. « J’ai fait des commandes en tant que réalisateur pendant 40 ans, mais ce projet-là est extrêmement personnel. Micheline est l’amour de ma vie. Je veux aboutir. » La relation entre Pierre Javaux et Micheline Goulet a commencé en 1983. Ils ont vécu ensemble deux ans au début des années 1990 avant de se séparer pendant les sept années suivantes. En 2001, ils se sont remis à se fréquenter pour une période de deux ans avant de se séparer à nouveau, puis de redevenir un couple jusqu’à la mort de Micheline en 2005, à la suite d’un cancer. L’artiste n’avait alors que 48 ans.

Micheline Goulet a écrit plus de 700 chansons durant sa carrière. Elle a également complété un doctorat en littérature à l’Université de Sherbrooke en plus d’enseigner pendant dix ans au Cégep de Sherbrooke. Elle a écrit plus de 300 pages de journal lors des six derniers mois de sa vie.

« Je trouvais que c’était un personnage sherbrookois qui n’a pas eu la chance ni le temps de se faire une visibilité », souligne M. Javaux, qui préside aussi la Course des régions.

Un saut de dix ans

Mais pour terminer son projet de film, intitulé Le saut dans le vide et qui est sur les rails depuis 10 ans, Pierre Javaux a besoin de financement.

« J’ai accès à des crédits d’impôt, mais pour les avoir, il faut finir le projet, et pour ça, il faut des sous, explique-t-il. La banque veut une garantie. J’ai mis quatre mois, avec un comptable de production, pour pouvoir remplir les documents. Vous devriez voir les tableaux qu’ils demandent, ça n’a pas de bon sens. Ils attendent un endossement personnel de toute façon. C’est les bretelles et la ceinture. Je n’avais pas assez de liquidités, parce que je me suis relativement bien endetté pendant plusieurs années pour ce projet-là. Je n’ai pas d’autre revenu que ma pension. »

Il a donc pris la décision de mettre sa maison en vente.

« Je vais me réduire à un petit trois et demi ou quatre et demi. J’ai quand même presque 72 ans, c’est le temps de réduire », philosophe-t-il.

Sociofinancement

Pierre Javaux, qui avait organisé un concert-bénéfice à la salle Le Tremplin en 2015, lance aussi une campagne de sociofinancement. Il tente de retrouver le public et les anciens élèves de Micheline Goulet.

« Il y avait 800 personnes à son dernier spectacle à salle Maurice-O’Bready, souligne-t-il. Elle a aussi enseigné à 120 étudiants au Cégep pendant 10 ans. »

Presque tout le matériel est tourné. Pierre Javaux espère réaliser une entrevue supplémentaire avec Jim Corcoran et certaines scènes de style docufiction restent encore à peaufiner. Il ne lui manque que les derniers fonds pour terminer le projet le plus important de sa vie.