Pier-Carlo Liva lance ces jours-ci la sixième saison de la Maison d’opéra et de concerts de Sherbrooke, petit diffuseur sherbrookois de musique classique qui prend sans cesse de l’ampleur depuis 2014. Sa conjointe, la soprano Catherine Elvira Chartier, est étroitement associée à l’initiative.

Petit diffuseur devenu grand

Le petit train de la Maison d’opéra et de concerts de Sherbrooke (MOCS) est décidément rendu bien loin si on compare aux premiers pas de 2014. Après un prudent commencement par demi-saisons de trois concerts, Pier-Carlo Liva, architecte de cette série de prestations classiques, annonce dix rendez-vous pour la sixième année (la plus ambitieuse depuis le début), dont trois nouveautés : une classe de maître, des contes de Noël pour enfants et un véritable opéra.

« Et ce ne sera pas un opéra en formule concert ni un récital d’airs célèbres : il y aura bel et bien des costumes et des éléments de décor, même si l’accompagnement sera au piano seulement. Si la réponse est bonne, peut-être que nous pourrons un jour offrir un opéra avec petit orchestre et davantage de chanteurs, dans une plus grande salle », suggère le directeur artistique, qui s’est acoquiné avec une compagnie de Montréal, Opéra Immédiat, pour présenter au complet Don Pasquale de Donizetti, le 19 octobre, avec quatre voix.

Quant à la classe de maître, prévue pour le samedi 21 septembre en après-midi comme prélude à un concert flûte, piano, violon et soprano en soirée, elle sera donnée par le flûtiste suisse Christian Delafontaine. Même si, par définition, une classe de maître s’adresse avant tout à des étudiants, le grand public est invité à découvrir cette façon particulière d’enseigner la musique. « Il y a une intention pédagogique derrière ça », avoue Pier-Carlo Liva.

Finalement, le directeur de la MOCS s’est trouvé une « fée des étoiles » en la personne d’Anny Arsenault pour offrir, en compagnie d’un trio à cordes, des Contes de Noël musicaux pour enfants, le samedi 7 décembre.

« Anny est enseignante au primaire à Sherbrooke, elle a étudié le chant avec ma conjointe [la soprano Catherine Elvira Chartier] et c’est une de nos collaboratrices à la MOCS. Elle côtoie le monde de l’enfance depuis longtemps. Ce n’est que récemment que j’ai appris qu’elle écrivait aussi des histoires. »

Le pianiste Michel Fournier, en concert le 26 janvier 2020.

Respecter la mission première

Malgré l’expansion prise avec les années, la Maison d’opéra et de concerts n’a pas failli à sa mission première : donner une scène en région aux artistes classiques d’ici. Si plusieurs musiciens de Montréal se retrouvent désormais parmi les invités, tels la soprano Marianne Lambert, qui viendra lancer son nouvel album le 19 avril, et le quatuor La Muse (29 mars), l’Estrie conserve le haut du pavé.

D’ailleurs, encore cette année, la saison s’amorce avec les coups de cœur de Pier-Carlo Liva lors du dernier Festival-concours de musique de Sherbrooke. Ce sont la violoniste Jeanne Côté, le pianiste Julien Gagné et le duo de flûtes formé de Félicia Lévesque et Emmanuel Rigaud-Larose. Rendez-vous le samedi 14 septembre.

Les musiciens d’ici seront aussi à l’honneur les 10 novembre (le guitariste Andrew Paul MacDonald), 15 décembre (grand concert de Noël), 26 janvier (retour du pianiste Michel Fournier après plusieurs années d’absence) et 22 février (De Messiaen à Ingari).

« Dans le cas d’Andrew MacDonald, c’est lui-même qui s’est proposé », raconte le directeur de la MOCS en riant.

Le guitariste Andrew Paul MacDonald donnera un concert le 10 novembre, accompagné de la pianiste Carmen Picard.

Presque de l’artisanat

« Avec le temps, je me suis rendu compte que le public préférait connaître toute la programmation d’avance. Effectivement, je m’aperçois que l’impact est plus fort quand la saison est dévoilée au complet. Et en faisant un gros lancement au début de l’automne (plutôt que de partir en promotion pour chaque concert), j’ai pu alléger la logistique, dont la pose d’affiches dans la ville et les environs (j’en suis rendu à presque 200!). »

Il faut dire qu’en tant que diffuseur de taille « humaine », Pier-Carlo Liva peut rester attentif aux besoins et suggestions de l’auditoire. « Quand tu fais du développement, tu demeures à l’affût de tous les petits détails. C’est presque de l’artisanat! Tu ne peux pas simplement t’appuyer sur les valeurs sûres, en n’invitant que des artistes connus ou à la mode. Bien sûr, on ne peut pas plaire à tout le monde, mais à la suite de quelques sondages, la moitié des concerts se tient maintenant le samedi, au lieu du dimanche après-midi seulement, comme au début. »

Hormis le conte de Noël pour enfants (10 $ pour tous), les billets sont en vente au coût de 35 $ (30 $ pour les 65 ans et plus, 15 $ pour les 25 ans et moins et gratuit pour les 12 ans et moins). Ceux et celles qui s’abonneront aux dix concerts obtiendront un rabais de 10 pour cent. Tout se déroule, comme d’habitude, à l’église Plymouth-Trinity de Sherbrooke. Tous les renseignements se trouvent au maisondoperaconcerts.com. Il est aussi possible d’acheter directement ses billets sur le site.

La soprano Marianne Chapdelaine sera du concert de Noël du 15 décembre, en compagnie du baryton Guillaume Poulin, du ténor Jean-Luc Poulin et d’un quatuor à cordes.