En 2016, la situation à Paris, près de la station de métro Stalingrad, n’a rien de très romantique : des centaines de nouveaux arrivants font la file en vue d’obtenir des réponses à leurs questions.
En 2016, la situation à Paris, près de la station de métro Stalingrad, n’a rien de très romantique : des centaines de nouveaux arrivants font la file en vue d’obtenir des réponses à leurs questions.

Paris Stalingrad : La crise des migrants vue de Paris

CRITIQUE / Paris Stalingrad, documentaire de Hind Meddeb et Thim Naccache sur la crise des migrants dans la capitale française, est un film dérangeant. À la fois serein et agressif, il place le spectateur devant les moins beaux aspects de la gestion, par la France, de l’afflux de réfugiés. Des réfugiés qui viennent, dans plusieurs cas, des anciennes colonies françaises...

En 2016, la situation à Paris, près de la station de métro Stalingrad, n’a rien de très romantique : des centaines de nouveaux arrivants font la file en vue d’obtenir des réponses à leurs questions. Matelas par terre, petits bouts de pain... Leur immigration difficile les force à s’unir pour s’entraider. Ils cherchent désespérément des endroits où aller, tandis que l’État installe des rochers dans leurs lieux de prédilection. « Que voulez-vous de nous? Nous ne sommes pas des terroristes », s’écrient-ils devant les forces de l’ordre.

À travers les manifestations et au milieu des conditions insalubres dans lesquelles vivent de nombreux exilés, la réalisatrice Hind Meddeb rencontre Souleymane, un jeune réfugié du Darfour. Sa poésie vient ainsi créer un contraste percutant avec le paysage sombre et froid de ce quartier de la France. L’homme de 18 ans marche, chante et sourit. Il tisse des liens d’amitié dans les rues de Paris, plaçant le spectateur devant ses privilèges et ses propres critères de confort.

amertume et colère

Dans sa démarche artistique, Hind Meddeb, que l’on voit entrer facilement en contact avec les sans-abris, fait preuve de détermination et de compassion. En recourant à des séquences directes parmi les migrants, à l’histoire plus personnelle de Souleymane et à une narration qui ajoute des détails plus précis, elle parvient à nous faire vivre le moment présent auprès des réfugiés. Toutefois, en ne donnant pas la parole à ceux qu’elle remet en question, la documentariste engagée reste sans réponse, comme nous et comme eux.

Le fil conducteur de l’histoire laisse entrevoir un grand sentiment d’amertume et de colère envers le gouvernement français. D’un point de vue international, le cinéphile peut tomber dans une série de questionnements politiques à tenter de comprendre l’impossible par manque d’informations. Une enquête s’impose.

Somme toute, Paris Stalingrad nous rappelle l’importance d’encadrer les nouveaux arrivants. La triste réalité que ce documentaire présente nous oblige, comme citoyen, à réfléchir aux traitements donnés à ceux qui aboutissent sur notre propre terre d’accueil.

AU GÉNÉRIQUE

Cote : ***½
Titre : Paris Stalingrad
Genre : documentaire
Réalisateurs : Hind Meddeb et Thim Naccache
Durée : 1 h 28