La pianiste Mari Kodama a interprété le Concerto numéro 23 de Mozart accompagnée de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke samedi.

OSS : régal de Kodama (et de chocolats)

Le public avait sincèrement l'air de se régaler samedi soir à la salle Maurice-O'Bready à l'occasion du concert de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke, dont le titre était « Classiques et chocolat! ».

La présence de la pianiste Mari Kodama, venue interpréter le Concerto no 23 de Mozart, était bien entendu à la source de ces réjouissances. Le chef Stéphane Laforest a d'ailleurs souligné que Mme Kodama (par ailleurs l'épouse du maestro Kent Nagano) a joué à Sherbrooke il y a quelques années, et qu'on lui en parlait encore souvent!

Samedi, elle a en tout cas captivé l'audience, qui écoutait avec attention chacun des motifs rapides qu'elle jouait en réponse à l'orchestre tout au long du Concerto. Elle a entamé le lent deuxième mouvement le dos courbé sur son instrument, offrant une performance très émouvante de cette partie de la pièce - qualifiée en introduction par M. Laforest comme l'une des plus belles pages du répertoire de Mozart.

À la toute fin du Concerto, Mme Kodama, très sobre dans sa présence jusque là, s'est levée avec un grand sourire avant de faire une chaleureuse bise à M. Laforest, puis à la première violoniste Élaine Marcil. La foule s'est levée et lui a offert une vraie standing ovation (avec quelques cris). Après sa sortie de scène, alors que les lumières avaient été rallumées pour l'entracte, la pianiste a créé une surprise en revenant offrir au public un rappel avec la fameuse Lettre à Élise de Beethoven. 

Quatuor de chocolats

En plus du Concerto de Mozart, l'OSS a joué samedi l'Ouverture d'Egmont de Beethoven et la Symphonie no 104 de Haydn. Ces trois compositeurs étant de l'époque classique, on comprend bien la première partie du nom du concert. Mais « chocolat »?

La réponse au mystère se trouvait après l'entracte, alors que l'orchestre interprétait la pièce Chocolats symphoniques du compositeur québécois Maxime Goulet, qui enseigne d'ailleurs à l'École de musique de l'Université de Sherbrooke.

Pour la composition de sa pièce, M. Goulet, qui dit trouver son inspiration dans des scènes de la vie de tous les jours, a utilisé des descriptions... de chocolats! « Un jour, je suis rentré dans une chocolaterie, et je lisais la description de différents chocolats. Ça parlait de texture et de contrastes, qui sont des termes que nous utilisons en musique. J'ai donc eu l'idée de composer quatre mouvements à partir de la description de quatre chocolats! » a-t-il mentionné en introduction de sa pièce.

Le nom des mouvements suffisait à mettre l'eau à la bouche : Chocolat au caramel, Chocolat noir, Chocolat à la menthe et Chocolat au café...

Heureusement, l'OSS a eu la bonne idée de vendre à la porte des petites boîtes de dégustation de quatre chocolats correspondant aux noms des mouvements. On pouvait ainsi sentir le caramel couler dans notre bouche tout en écoutant le son coulant des cordes, sentir l'amertume du chocolat noir accompagnée des staccatos des instruments à vent ou encore les touches exotiques du café rappelées par les pizzicatos des cordes, façon ukulele.

C'était encore un concert réussi pour l'OSS : il restait peu de sièges vides dans la salle, et les applaudissements étaient sentis.