En compagnie des violoncellistes Marie-Ève Beaulé et France Veillette, le président de l’Orchestre symphonique de Sherbrooke Vincent Cloutier, le chef d’orchestre et directeur artistique Stéphane Laforest, le directeur général Nicolas Bélanger et le directeur adjoint chez BMO Dany Boilard.

OSS : 80 ans et des ailes

L’Orchestre symphonique de Sherbrooke (OSS) entamera sa 80e saison l’automne prochain avec la fringance d’un adolescent. Dans un contexte où la musique classique peine à tirer son épingle du jeu, l’ensemble musical réussit à dégager des surplus. Le risque d’ajouter deux concerts pop à la saison 2018-2019 aura notamment été payant.

Le capitaine du navire Stéphane Laforest (il vient justement de passer le cap des 20 ans à la tête de l’orchestre) et son équipage ont donc décidé de profiter de ce vent en poupe. Non seulement la saison 2019-2020 comptera à nouveau deux concerts pop, mais on promet de faire un « événement » de chacun des cinq rendez-vous de la série des Grands Concerts, afin de souligner dignement l’anniversaire.

« On sent vraiment depuis environ cinq ans que nous avons l’appui du public, de la Ville de Sherbrooke, de nos partenaires et de nos commanditaires », résume le président Vincent Cloutier, chiffres à l’appui : « L’assistance moyenne de la dernière saison a été de 1350 personnes. Et avec plus de 1300 billets vendus, le prochain concert pop de l’OSS le 15 mai [les grands succès de Broadway avec Marc Hervieux, Stéphanie Bédard et Robert Marien] s’annonce comme un record de vente à la billetterie. »

Quelques autres signes de la santé de fer de l’OSS : « Les 873 abonnés de l’année dernière, et les plus de 200 qui se sont déjà réabonnés, deux jours seulement après le début de la campagne, rapporte le directeur général Nicolas Bélanger. Il a aussi fallu ajouter une deuxième représentation à notre dernière matinée scolaire (2700 élèves) et certaines écoles nous appelaient encore à la fin pour vérifier s’il y avait encore de la place. Quant à la soirée-bénéfice jazz du 31 mai prochain avec Ron Di Lauro, il reste seulement quelques billets… »

Même le porte-parole du principal commanditaire, Dany Boilard de chez BMO Groupe financier, mentionne que les billets de faveur destinés à ses clients s’envolent comme des petits pains chauds, alors qu’ils trouvaient difficilement preneurs il y a six ou sept ans. « Nous avons des clients qui sont devenus des abonnés. »

Symphonie alpestre

Inutile de dire que maestro Stéphane Laforest est aux oiseaux, surtout à la suite de l’hommage qui lui a été rendu pour ses vingt bougies avec l’OSS et la performance offerte par ses musiciens le 19 avril dernier dans la costaude Symphonie no 5 de Gustav Mahler.

Le chef a d’ailleurs programmé une autre pièce très exigeante lors du concert du 80e anniversaire, le 18 avril 2020, soit la Symphonie alpestre de Richard Strauss, laquelle requerra 85 musiciens sur scène. Qu’un tel morceau se retrouve au programme d’un orchestre en région relève de l’exception, affirme-t-il.

« Je n’ai pas accepté la direction de l’OSS pour me pratiquer. En 20 ans, la palette d’œuvres symphoniques qui a été offerte ici est immense. La Symphonie alpestre est une pièce magnifique qui donne l’impression d’être en Autriche », souligne-t-il, avant d’ajouter que le pianiste Richard Raymond sera également là pour interpréter le Concerto no 1 de Tchaïkovski.

L’année s’amorcera le 5 octobre avec un autre concerto pour piano, le troisième de Beethoven, interprété par Charles Richard-Hamelin, « pianiste de l’heure au Canada » dixit Stéphane Laforest. La Septième Symphonie, du même compositeur, complétera le programme.

Suivra, en novembre, un programme français (Debussy, Satie, Ravel), avec la harpiste Valérie Milot comme invitée.

« Les quelques fois que l’OSS s’est attaqué au répertoire français ont été très réussies. Ce concert nous permettra d’aborder une musique un peu différente, avec des effectifs un peu plus modestes, mais l’excellente acoustique de la salle Maurice-O’Bready rend l’exercice possible. »

Les Plaisirs coupables n’ont plus besoin de présentation et seront de retour le 16 février, cette fois avec la musique de ballet. Finalement, Sibelius sera à l’honneur le 14 mars, avec sa Deuxième Symphonie et son Concerto pour violon interprété par Kerson Leong.

Pour Noël, le chef a prévu un concert choral, avec plusieurs chœurs et ensembles vocaux de la région comme invités.

Tim Brink

Les concerts pop seront évidemment de retour, avec un deuxième Gala rock symphonique (21 novembre), lequel fera cette fois une place à un artiste de la région, Tim Brink, aux côtés de Rick Hughes et Yvan Pedneault. Marc Déry, Antoine Gratton et Kim Richardson se joindront ensuite à l’OSS le 30 avril 2020 pour une soirée Beatles symphonique.

« Il nous reste seulement à trouver des commanditaires pour ces concerts », de conclure le maestro avec un clin d’œil.

Le prix des abonnements augmente de 5 $, mais inclura le stationnement, même si l’Université vient d’abolir le stationnement gratuit le vendredi soir et les week-ends. Les conférences préconcert du musicologue Louis Brouillette auront lieu désormais avant tous les concerts, y compris ceux hors série. Et un troisième concert de l’OSS en autant d’années est prévu à Chartierville le 17 août. Un concert disco avec le Boogie Wonder Band…