Michel Pellerin, en compagnie du détaillant japonais Miki Gakki.

On s'arrache les guitares de Michel Pellerin

Un nouveau fabricant de guitares fait sa marque sur la scène nationale et internationale depuis quelques années. Se démarquant par la qualité de ses instruments et sa capacité à répondre aux besoins précis des musiciens, Michel Pellerin compte maintenant des distributeurs dans quatre pays.
« Je compte maintenant cinq détaillants au Canada et j'en ai un aux États-Unis, au Japon et en Corée du Sud. Il y a aussi des pourparlers avec une entreprise d'Angleterre », énumère le luthier résidant de Thetford Mines.
Titulaire d'un AEC en lutherie du Cégep de Limoulou, M. Pellerin a perfectionné son art auprès de luthiers d'expérience, en plus de se faire la main dans des magasins de musique, ainsi qu'au sein de l'entreprise Godin au début du millénaire. C'est toutefois un séminaire auprès du maître californien Ervin Somogyi, en 2011, qui devait faire toute la différence.
« Lorsqu'elle est décédée, ma marraine m'a légué un petit montant d'argent. J'ai décidé de l'investir dans mon avenir, je me suis dit qu'elle serait contente que ça serve à ça plutôt qu'à l'achat de bébelles, raconte l'artisan. Ça a tout changé pour moi, ça m'a permis de mieux comprendre la logistique d'une guitare et de me démarquer. Avant, j'y allais davantage par essai et erreur, je plafonnais. »
Ces nouveaux apprentissages ont permis à Michel Pellerin de mieux répondre aux besoins spécifiques de sa clientèle. La renommée des nouvelles guitares s'est répandue comme une traînée de poudre au fil des clients satisfaits. Parmi les artistes qui possèdent aujourd'hui une guitare fabriquée dans la région, on compte Mara Tremblay, Vincent Vallières, Fred Pellerin, Pascale Picard, Daniel Grenier et le nouveau guitariste de Céline Dion, Kaven Girouard.
Les musiciens qui font appel au luthier recherchent des particularités qu'ils ne sont pas capables d'obtenir auprès des grands fabricants. Il se souvient notamment d'un client qui se démarquait par ses mains imposantes, il désirait obtenir une guitare munie d'un manche plus large. D'autres recherchent des sonorités bien précises.
« Dépendamment de ce que la personne recherche, je vais choisir une essence de bois répondant à ses besoins. Je suis aussi capable de travailler sur le barrage et sur la table d'harmonie afin d'obtenir les sonorités recherchées. Le bois est un matériel vivant. D'une essence ou d'une pièce à l'autre, il n'a pas les mêmes propriétés, pas la même rigidité. C'est un vrai travail d'artisan de faire les bons choix », explique-t-il.
Une entreprise de taille humaine
La liste d'attente pour obtenir une nouvelle guitare Pellerin faite sur mesure est d'une année actuellement. Les plus pressés pourront en obtenir une déjà fabriquée auprès des différents détaillants. Le luthier estime pouvoir augmenter quelque peu sa production, mais n'a pas l'intention de produire en série.
« Je ne veux pas en faire 500 par année et construire une usine. Je n'ai pas l'intention non plus d'ouvrir d'autres marchés à court terme. Mon objectif est de travailler en collaboration avec les détaillants que j'ai déjà. Je privilégie la relation avec les gens, ajoute-t-il. Mon souhait est que ma renommée continue de croître afin que les clients se les arrachent et qu'il y ait une rareté ».