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Omar Sy joue le rôle d'Assane Diop, un émule d'Arsène Lupin
Omar Sy joue le rôle d'Assane Diop, un émule d'Arsène Lupin

Omar Sy modernise Arsène Lupin [VIDÉOS]

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
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Lorsque la vénérable société Gaumont a demandé à Omar Sy quel rôle il aimerait jouer, le sympathique acteur n’a pas hésité. «Si j’avais été anglais, j’aurais dit James Bond. Mais comme je suis Français, j’ai dit Lupin. Tout est possible avec ce personnage : c’est le véhicule parfait!» confie-t-il au Soleil lors d’une entrevue par visioconférence en direct de Paris, où il effectue la promotion de la série… Lupin, dans l’ombre d’Arsène.

Omar Sy était toutefois juste un peu familier avec l’œuvre. «On ne peut pas grandir en France et ne pas savoir qui est Lupin. Mais je n’étais pas un expert. J’ai dû m’y replonger en plus que je n’allais pas faire Lupin, mais un personnage qui est fan.»

Assane Diop s’inspire du gentleman cambrioleur pour s’attaquer à la corruption, duper les riches et les puissants, et venger son père, mort 25 ans plus tôt après avoir été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Un traumatisme qui le hante et l’obsède, autant que les aventures de Lupin. Dont il adopte les mêmes apparats : tours de passe-passe, maquillage, déguisement, anagrammes et sens du spectacle!

Les références à l’œuvre de Leblanc s’avèrent tellement omniprésentes qu’elles s’insèrent dans la trame narrative.

Installé à Los Angeles dans la foulée du stupéfiant succès international d’Intouchables (2011), Omar Sy a «la chance» de pouvoir alterner les tournages sur les deux continents, passant indifféremment des superproductions hollywoodiennes (Le monde jurassique, Transformers) aux films d’auteur français (L’écume des jours, Chocolat). Mais il n’avait pas encore joué dans une série d’une telle ampleur.

Netflix France veut réaliser un coup d’éclat avec ce suspense enlevé au scénario bien ficelé et aux rebondissements nombreux, elle dont les productions n’ont jusqu’à maintenant pas réussi à toucher un large public parmi les 195 millions d’abonnés répartis dans 190 pays (à part avec Marseille, mais pas pour les bonnes raisons…).

«Il y avait une volonté de s’offrir une belle récréation avec un personnage divertissant, un propos et une série française ambitieuse et populaire, et qui puisse s’exporter. On avait la volonté de montrer qu’en France, on a les acteurs, les réalisateurs, les techniciens, les histoires pour faire de grandes choses!» soutient Omar Sy.

Le petit et le grand écran ont connu maintes adaptations du mythique personnage de Maurice Leblanc. Mais comme son titre l’indique, il ne s’agit pas d’une nouvelle version des aventures de Lupin, à l’image de l’excellente série Sherlock avec Benedict Cumberbatch, mais plutôt d’une transposition dans le Paris du XXIe siècle.

Et bien contemporaine : ce «Robin des bois» 2.0 maîtrise à fond les nouvelles technologies, mais il est aussi séparé de Claire (Ludivine Sagnier), la mère de son fils ado…

Ce «Robin des bois» 2.0 maîtrise à fond les nouvelles technologies.

L’émule de Lupin se révèle à l’image de son interprète : charismatique, sourire enjôleur, futé, à l’aise dans tous les rôles et peu volubile. Omar Sy répond succinctement, et avec précaution quand il aborde des sujets plus sensibles. Il ne s’étend pas, par exemple, sur le fait que la série traite des questions de profilage racial et de harcèlement.

Mais il s’anime plus lorsqu’on lui demande ce que représente le fait que le personnage principal soit Noir et issu de l’immigration.

«En le jouant, c’était une donnée un peu inévitable (rires). Il y avait quelque chose d’assez naturel et organique. Je suis surpris par la surprise des autres, [soit] que Lupin puisse avoir ce visage-là aujourd’hui. Lupin est bien ancré dans son époque. C’est l’image idéale du Français. Je reste dans le cadre. Je pense que Maurice Leblanc serait très content de ce Lupin.

«Lupin, c’est personne et c’est tout le monde. On est tous un peu comme ça, fait de pleines choses.»

La pandémie s’en mêle

La COVID-19 a interrompu le tournage, mais l’équipe a complété Lupin en novembre. Une chance alors que plusieurs productions sont en pause et que les cinémas restent fermés (au moins jusqu’à la fin janvier, en France comme ici).

Dans ce contexte, Omar Sy ne sait d’ailleurs pas quel sera sa nouvelle entreprise parmi les nombreuses possibilités qui s’offrent à lui. «C’est difficile de se projeter dans l’avenir. Par lequel je vais commencer, j’en ai aucune idée.» Il apparaîtra néanmoins en 2022 dans Monde jurassique : Domination, dont le tournage s’est conclu à la fin de l’automne.

Lupin, dans l’ombre d’Arsène est composée de dix épisodes, dont les cinq premiers, d’une quarantaine de minutes, sont offerts à compter de vendredi. Trois sont réalisés par le Français Louis Leterrier (Insaisissables) et deux par la Chilienne Marcela Said (Mariana).

Ludivine Sagnier se glisse dans la peau de Claire, l'ex-conjointe d'Assane Diop.

Outre Sy et Sagnier, la distribution comprend de bonnes pointures : Hervé Pierre, Nicole Garcia, Clotilde Hesme...

Il n’y a pas eu de calcul dans la décision d’Omar Sy d’endosser Lupin, lui qui n’a pas de plan de carrière et fonctionne à l’envie. Mais si jamais la série cartonne et augmente sa visibilité à Hollywood, «ce serait une bonne chose», concède-t-il.

Omar le Québécois

Omar Sy est un des rares acteurs français à avoir joué un Québécois. Et deux fois plutôt qu’une! Personne n’a gardé un souvenir impérissable de Youssouf Hammal dans Safari (2009), mais il occupait un rôle beaucoup plus conséquent dans L’appel de la forêt, sorti en début d’année.

Dans l’adaptation du roman éponyme de Jack London, Omar Sy interprète Perrault, un meneur de traineaux à chiens qui livre le courrier au Yukon pendant la ruée vers l’or. Il n’était pas question pour l’acteur de 42 ans d’adopter un accent québécois, rigole-t-il. 

Ses affinités avec le Québec ne s’arrêtent pas là puisqu’il a partagé le plateau avec Antoine Bertrand dans le touchant Demain tout commence (Hugo Gélin, 2006).

À quand un long métrage ici? «Dites aux réalisateurs québécois que je suis partant!»