Olivier Hébert et son LoFi Octet donneront le concert d’ouverture du OFF-Festival des harmonies du Québec jeudi à la Petite Boîte noire. L’entrée est gratuite.

Olivier Hébert, compositeur « jazzique »

Fusionner jazz et classique? On peut dire que c’est la marotte d’Olivier Hébert depuis une bonne douzaine d’années. Depuis, en fait, que ce Sherbrookois a découvert la musique symphonique à l’Université de Montréal, alors qu’il était en plein milieu d’un baccalauréat en contrebasse... jazz!

Résultat : la fondation d’un octuor, le LoFi Octet, où se rencontrent musiciens classiques et musiciens jazz, puis la parution d’un premier album en 2013, et finalement un deuxième, pas plus tard qu’en mars dernier. Avec son opus 2 Correspondance, Olivier Hébert pousse encore un peu plus loin l’amalgame entre ces deux styles qui semblent avoir très peu d’accointances, mais qui comportent une proximité que son ouïe aiguisée a su détecter lorsqu’il est passé du stage band à la fosse d’orchestre.

« J’ai fait mon DEC en musique à Sherbrooke, en trombone, puis je me suis tourné vers la contrebasse jazz à l’université. Puis j’ai découvert l’orchestre symphonique de l’UdeM et je m’y suis joint, ce qui est un peu inusité, reconnaît-il. C’est rare que les étudiants du programme de jazz se retrouvent dans l’orchestre, mais moi, ça m’a ouvert tout un pan de la musique auquel je n’avais encore jamais porté attention. J’ai tellement tripé que j’ai fait une maîtrise où j’ai exploré le répertoire de la contrebasse pour orchestre. Ça m’a évidemment beaucoup influencé pour la suite. »

Notamment dans cette idée de vouloir créer un ensemble mélangeant quatuor à cordes et quartette jazz. « En entrant à l’orchestre avec des oreilles de jazzman, j’entendais davantage les structures harmoniques (en tant que contrebassiste, je jouais toujours les notes les plus graves). J’ai donc eu l’impression que ces deux branches étaient moins éloignées l’une de l’autre que l’on pourrait penser. Comme je ne voyais pas de gros clivage entre les deux, ça tombait sous le sens pour moi de les mettre ensemble et de les rendre perméables. Mais pour un musicien qui ne connaît qu’un seul des deux côtés, ça peut paraître difficile », admet-il.

Octuor nourricier

Ironiquement, Olivier Hébert n’a jamais eu de problème à recruter des musiciens pour le LoFi Octet. Même que son ancien professeur de contrebasse, Jean-François Martel, joindra l’octuor pour trois pièces lors de la prestation de jeudi à la Petite Boîte noire.

OLIVIER HÉBERT ET LOFI OCTET
CORRESPONDANCE 
 JAZZ FUSION 
 Oddsound

« En fait, c’est toujours dur de réussir à réunir tout mon monde en même temps... mais j’ai rarement de difficulté à trouver des remplaçants. Mes interprètent embarquent avec beaucoup d’enthousiasme, du moins ceux et celles qui aiment sortir de leur zone de confort et se confronter à leurs propres limites, ce qui est très sain. Les musiciens jazz apprennent à travailler le mélange des sons, à attendre parfois les autres, à laisser respirer, et ceux de musique de chambre acquièrent des notions sur la rythmique et la régularité. Bref, ça nourrit tout le monde. »

Cette originalité dans les tympans a prédisposé Olivier à devenir un arrangeur respecté en concerts classiques pop. Par exemple, c’est lorsqu’il a vu le travail d’Olivier pour le groupe Valaire (dont fait partie son frère Thomas) que Yanick Nézet-Séguin a accepté d’embarquer à bord du projet d’un concert symphonique du quintette électro avec l’Orchestre métropolitain en 2014. On doit également à Olivier les arrangements d’événements ponctuels (FIJM, FEQ) impliquant Koriass, Dramatik, Valaire et Patrick Watson.

Parallèlement, Olivier continue de mener une carrière d’enseignant et de musicien aussi bien en jazz qu’en classique. Cela lui a permis de collaborer autant avec le Chœur symphonique de Sherbrooke que Vic Vogel.

« Évidemment, j’ai quelques idées de grandeur : j’aimerais bien faire un mélange jazz-classique avec un orchestre complet, mais c’est déjà pas mal cher avec huit musiciens! » ajoute-t-il en riant.

Comme ce ne sont pas tous les parents et amis d’Olivier qui ont pu se rendre au lancement de Correspondance en mars à Montréal, le concert que le LoFi Octet donnera jeudi à la PBN fera également office de lancement sherbrookois, en plus d’être aussi la soirée d’ouverture de l’OFF-Festival des harmonies du Québec. L’entrée est gratuite, donc monsieur et madame Tout-le-monde peuvent se mêler sans problème à la fête de famille. L’intégrale de l’album, qui compte une douzaine de plages, sera jouée.

Vous voulez y aller?

Olivier Hébert et LoFi Octet

Jeudi 9 mai, 20 h

La Petite Boîte noire

Entrée gratuite