Passage Véro-Dodat (1976) par Robert Doisneau.

Nouvel élan pour le Musée national de la photographie

Après avoir fermé ses portes pendant six mois au début de l’année 2016, le Musée national de la photographie (MNP) de Drummondville prend un nouvel élan et fait les choses en grand.

Non seulement l’institution muséale ouvre ses portes dans un nouveau local quatre fois plus grand, rue Hériot, mais elle réussit un coup fumant en accueillant l’exposition Passages et galeries du grand Robert Doisneau, photographe parisien de renom.

« On fait venir les œuvres de France. C’est la première fois qu’elles sont exposées en sol nord-américain », précise le directeur général du MNP, Jonathan Hugues Potvin.

En tout, 30 photos ont traversé l’Atlantique.

« Doisneau était et reste un photographe mythique. Cette exposition est magnifique. La parcourir permet de mesurer la vision unique qu’avait ce grand artiste. Chaque image raconte quelque chose. On peut passer plusieurs minutes devant chacune sans se lasser », souligne M. Potvin.

Après six mois passés à aménager les nouveaux locaux, celui-ci est heureux d’accueillir à nouveau des visiteurs. La relance, rendue possible grâce à l’appui financier de la Ville de Drummondville, de la MRC de Drummond et de partenaires privés, a permis au lieu de diffusion de l’art photographique de se repositionner sur l’échiquier culturel.

Nouveau nom, même mission

« Notre musée est le seul en son genre au Québec, peut-être même au Canada. La Ville a vraiment cru au projet, elle l’a pris en main. Le conseil d’administration est composé de gens de grande expérience qui ont mis leur expertise à profit pour qu’on bâtisse sur du solide. Pendant notre phase de restructuration, on a réalisé que le Musée était méconnu du grand public. On a réfléchi à ce qu’on devait mettre en place pour assurer la pérennité de l’endroit et pour accroître sa visibilité. »

Fondé par l’artiste Jean Lauzon en 2006, le Musée populaire de la photographie est ainsi devenu le Musée national de la photographie.

« C’est un nom qui collait à notre vision et à notre ambition d’être un musée spécialiste de la photographie. Le mot populaire n’apparaît plus, mais on pourrait dire que c’est notre gros sous-titre. Parce qu’on souhaite rejoindre le plus de monde possible, on veut développer le volet éducatif. Le déménagement permet de le faire davantage. Avant, le musée logeait dans le sous-sol de la basilique Saint-Frédéric, l’humidité était un problème pour la préservation du matériel, et il n’y avait pas d’accès pour les personnes à mobilité réduite. On est maintenant au rez-de-chaussée d’une grande bâtisse, où on peut facilement accueillir les groupes scolaires ou les visiteurs plus âgés. »

Le MNP entend aussi faire des demandes de subventions auprès du gouvernement provincial et du fédéral.

Passage du Grand Cerf (1976) par Robert Doisneau.

22 000 artéfacts

« L’agenda a été très chargé pendant le déménagement, mais on a pu compter sur une formidable mobilisation du milieu et l’apport précieux de nombreux bénévoles qui n’ont pas compté leur temps, insiste le directeur général. Simultanément, le musée a aussi acquis la collection de Bruce Anderson, qui compte 1086 appareils originaux de grande qualité. On travaillait sur ce dossier depuis longtemps. La valeur de cette collection est estimée à plusieurs centaines de milliers de dollars. Elle est exposée dans ce qui est maintenant l’Espace Anderson. Elle vient bonifier le large éventail d’appareils qu’on avait déjà. Actuellement, on a plus de 22 000 artéfacts photographiques. »

Le plus vieil appareil photo que possède le MNP est une chambre daguerrienne datant de 1831.

« On a deux appareils de ce type en exposition. Ce sont des pièces originales. Dans le monde, on en recense seulement huit », insiste M. Potvin.

À une époque où l’image instantanée est à portée de main grâce à l’omniprésence du téléphone intelligent, la fascination pour les appareils d’époque est grande.

« Les jeunes qui n’ont pas connu autre chose que la photo numérique sont toujours étonnés de voir d’où vient la photographie. Les personnes plus âgées, elles, s’amusent à trouver leur premier appareil photo dans notre vaste collection », exprime M. Potvin.

VOUS VOULEZ Y ALLER

Passages et galeries
Robert Doisneau
Musée national de la photographie de Drummondville
Jusqu’au 25 avril

Simultanément à son déménagement, le Musée national de la photographie a aussi acquis la collection de Bruce Anderson, qui compte 1086 appareils originaux. La valeur de cette collection est estimée à plusieurs centaines de milliers de dollars. Elle est exposée dans ce qui est maintenant l’Espace Anderson. Elle vient bonifier le large éventail d’appareils et de plus de 22 000 artéfacts photographiques.

En attendant Bryan et Jean-René...

Dans ses nouveaux locaux, le Musée national de la photographie a deux salles d’expositions temporaires. Et des projets plein la malle.

Au cours des prochains mois, ses murs accueilleront notamment les clichés de Jean-René Dufort (25 avril au 8 juillet) et de Bryan Adams (11 juillet au 31 octobre).

L’exposition du populaire Infoman s’inscrit dans la foulée du livre Mon œil, qu’il a publié en 2016. Œuvres photographiques et extraits de textes seront à l’honneur. Le vernissage est prévu le 28 avril, en présence du coloré animateur.
Bryan Adams, qui excelle dans l’art du portrait, présentera quant à lui une exposition tissée de photos de différentes célébrités canadiennes.

Le chanteur a notamment immortalisé sur pellicule les chanteuses Nelly Furtado et Avril Lavigne ainsi que la reine d’Angleterre et le premier ministre Justin Trudeau.

« L’agence qui possède la collection de photo de Bryan Adams se trouve en Allemagne. Le commissaire Mat Humphrey viendra d’Europe pour orchestrer l’accrochage des œuvres. Au total, une trentaine de photographies seront affichées dans nos deux salles principales. »

Au fil des ans, Bryan Adams a notamment exposé à Londres, en Allemagne, à Paris, en Italie, en Suède, au Texas, à New York et dans différents musées du Canada, dont le Musée national des beaux-arts du Québec, en 2015.  

« Parmi les activités importantes à notre agenda, il y a aussi notre Gala des prix Focus, qui reviendra en septembre pour une deuxième année. La première édition fut un grand succès. On attendait 200 candidatures, on en a reçu 1000! On honorera cette année le photographe Antoine Désilets », souligne M. Potvin.