Après toute une saga, le conseil d’administration du Centre d’art de Richmond a changé. Le nouveau CA veut que l’organisme demeure dans le Couvent Mont Saint-Patrice.

Nouveau CA, nouvelles orientations

SHERBROOKE — Le Centre d’art de Richmond restera dans le Couvent Mont Saint-Patrice. Dominic Fontaine-Lasnier, maintenant à la tête du conseil d’administration dit « transitoire », s’opposait à ce que l’organisation déménage.

Benoît Saint-Pierre, président du CA du Couvent Mont Saint-Patrice, entre autres, occupe une place sur le CA.

« On fait partie du mouvement citoyen qui a d’abord été choqué par l’annonce du déménagement et qui s’est investi à poser des questions », explique M. Fontaine-Lasnier.

L’élection de sept membres s’est avérée une surprise. « On avait déposé des candidatures. On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait sept postes de libres, mais ç’a finalement été le cas. On les a comblés », raconte le nouveau président.

Quelques priorités ont été ciblées par les nouveaux membres du CA. « Notre premier but est de reconstruire les ponts avec la communauté, la Ville, la MRC et les ministères. Les ministères étaient choqués à bien des égards par cette nouvelle. Après, il faudra trouver une nouvelle direction au Centre d’art », dit-il, ajoutant que de nombreux candidats potentiels font connaître leur désir d’assurer la relève. Le poste de directeur sera ouvert dans les prochaines semaines. « L’un des prochains dossiers, c’est la programmation de l’an prochain, enchaîne M. Fontaine-Lasnier. Ce dossier arrive à la mi-février. On n’est pas pris de cours. [...] Il faut le faire assez rapidement. »

D’autres éléments doivent être repensés, selon M. Fontaine-Lasnier. « Au quotidien, il y a beaucoup d’organisation à faire. La billetterie était ouverte 35 h par semaine. C’est un élément particulier parmi d’autres, mais c’est autant d’heures que la salle Maurice-O’Bready. Ce n’est pas normal pour les petites salles de région d’avoir autant d’heures d’ouverture », considère-t-il.

Benoît Saint-Pierre, lui, voit le changement du CA d’un bon œil. « C’est une bonne nouvelle. Ça nous permet de revenir avec un mode de collaboration pleine et entière. La survie du Couvent est liée à celle du Centre d’art, vice-versa. C’est le plus important locataire et nous ne sommes pas loués entièrement », rappelle-t-il.

Les spectacles prévus restent à l’horaire. Les cours de musique demeurent aussi en vigueur et seront même bonifiés. Des cours parascolaires d’éveil musical et une chorale pourraient être offerts.

Bisbille

Rappelons que le Centre d’art de Richmond a fait couler beaucoup d’encre dans les dernières semaines, puisque le CA démissionnaire voulait déménager l’organisme afin de présenter des spectacles devant 300 personnes. Actuellement, la salle du Couvent accueille au maximum 185 spectateurs.

« Ils prétendaient que le déménagement était la seule issue, qu’ils avaient bien fait leurs devoirs, exprime Dominic Fontaine-Lasnier. Ils se sont butés à un moment donné à la loi. Ils avaient un engagement avec Patrimoine Canada qui les obligeait à rester 10 ans au Couvent pour rentabiliser la subvention qu’ils avaient eue pour mettre aux normes l’ensemble de la bâtisse en ce qui concerne les incendies. »

L’ancien président, Dominic Pearson, persiste et signe. Sans être amer, il se dit un peu peiné par la tournure des événements. « On les voit les chiffres et on voit que c’est difficile. On n’a pas de possibilité d’augmenter les revenus en faisant des spectacles. C’était la principale raison pour laquelle on voulait déménager. On s’est butés à plein d’objections, donc on a décidé de quitter », commente-t-il.

Pour lui, la raison du CA de démissionner n’a pas de rapport avec l’entente de 10 ans qu’a fait l’organisme avec Patrimoine Canada. « On avait plein d’options devant nous. On faisait du bénévolat, on était là pour avoir du plaisir. Plus personne n’en avait, on a décidé de démissionner », conclut M. Pearson.