La mise en scène de Gilles Maheu, de Carbone 14, et les chorégraphies de Martino Müller dynamisent, étoffent et approfondissent certains pans du drame.

«Notre Dame de Paris»: à fleur de peau

CRITIQUE / Vingt ans après sa création, «Notre Dame de Paris» s’impose toujours comme un spectacle dynamique et gorgé d’émotions. Un fleuron qui a brillé plus de 4700 fois dans une vingtaine de pays et qui revient au Québec en conquérant, pour une soixantaine de représentations.

Le premier tiers est un déferlement flamboyant de chorégraphies haletantes. On a l’impression de connaître mot à mot toutes les chansons, voire de reconnaître les acrobaties et les éléments de décor, même si on n’a jamais vu la production. Il faut dire que les images ont beaucoup circulé, mais on ne s’était peut-être pas rendu compte à quel point.

La mise en scène de Gilles Maheu, de Carbone 14, et les chorégraphies de Martino Müller passent toujours bien la rampe. Elles dynamisent, étoffent et parfois approfondissent certains pans du drame.

Des chansons qui ne pardonnent pas

Les chansons de Luc Plamondon et de Richard Cocciante ne pardonnent pas; elles permettent aux interprètes de briller de mille feux, mais les laissent cruellement démunis s’ils se placent un peu à côté de la note. C’est malheureusement arrivé quelques fois à Marin Giroux (Phoebus) dans les passages plus aigus. La voix bien rauque, bien grave et bien puissante de l’Italien Angelo Del Vecchio, qui attaquait le rôle de Quasimodo dans sa troisième langue, est toutefois saisissante. En deuxième partie surtout, où les pièces sont plus introspectives, il a été particulièrement brillant. 

La Libanaise Elhaida Dani en Esmeralda, qui a une belle présence sur scène, s’est illustrée dans les pièces-clés malgré un début qui manquait légèrement de puissance. Les airs de Fleur-de-Lys ont donné davantage de fil à retordre à Valérie Carpentier, dont la voix semblait souvent sur le point de casser. Le Français Jay, en Clopin, s’en est bien tiré. Daniel Lavoie, encensé par Luc Plamondon lorsque les producteurs et créateurs sont venus s’exprimer à la fin de la représentation de mardi, est toujours aussi droit, avec la voix un brin plus ample. Ses récitatifs sont impeccables.

Le jeu, les mimiques, les voix, tout est très intense dans la livraison. Devant les déhanchements lascifs d’Esmeralda et les mouvements de bras grandiloquents de Gringoire (Richard Charest), on se dit que si chaque personnalité est ainsi bien campée, le jeu aurait toutefois été davantage touchant s’il avait eu un peu plus de subtilité et de relief, pour mieux mettre en valeur les points d’orgue.

La distribution évoquée alterne avec une seconde, qui rassemble Elhaida Dani (Esmeralda), Matt Laurent (Quasimodo), Robert Marien (Frollo), Flo Carli (Gringoire), Idesse (Fleur-de-Lys), Yvan Pedneault (Phoebus) et Gardy Fury (Clopin).

Notre Dame de Paris est présentée au Grand Théâtre de Québec jusqu’au 26 août, puis se déplacera à Trois-Rivières, Montréal, Sherbrooke et Ottawa.