Betty Bonifassi

Nos spectacles coups de coeur de la dernière année

Les spectacles auxquels on assiste nous laissent parfois froids. Mais il arrive aussi qu'ils nous touchent droit au coeur.
Alors, ce sont des frissons dans l'échine, des émotions vives, du temps suspendu. Alors, c'est le moment de grâce qui se produit, qui s'imprime dans nos mémoires. Avant de plonger dans 2016 et ses promesses, dix de nos journalistes ont jeté un oeil sur la dernière année. De la malle à souvenirs, ils ont ressorti, parmi tous ceux qu'ils ont vu dans la région, leur spectacle numéro un de 2015.
L'énergie de Betty Betty Bonifassi
Théâtre Granada, 21 mars
Il y a eu le succès international des Triplettes de Belleville, le beat de Beast, les tournées avec DJ Champion, et plus récemment cet hommage à Piaf où elle en jetait chaque fois qu'on lui tendait le micro. Mais c'est lorsqu'elle est venue livrer sur la scène du Granada, en mars, son premier album solo éponyme que Betty Bonifassi m'a varlopé l'âme à grands coups de bonheur. Y avait son énergie, son plaisir évident d'être là, sa voix de feu, sa dévotion pour ces chants tirés de l'époque esclavagiste qu'elle interprète avec une intensité qui ne s'invente pas. Des frissons madame. Sonia Bolduc
<p>Olivier Martineau</p>
Sympathiquement irrévérencieux Olivier Martineau
Le Vieux Clocher de Magog, 30 juillet 2015
Du mec, on ne savait pas grand-chose, sauf qu'il avait une gueule sympa et que c'était son premier one-man-show. Zéro attente, donc. Il a dit deux phrases et c'était joué : notre quatuor est passé de sceptiques à fans inconditionnels. Encore aujourd'hui, on ne peut s'empêcher d'évoquer son spectacle en affichant un sourire de quatre mètres. Il faut dire qu'on a ri. Beaucoup. Énormément. À la folie. À un point tel qu'il nous fallait consciemment nous empêcher de rire pour pouvoir rire le gag suivant tant le rythme était effréné et les sujets bien ficelés. Du grand stand-up comique, du vrai. À ajouter à sa liste des bonnes résolutions pour 2016. Maryse Carbonneau
Un Boeing en haute altitude
Maison des arts de Drummondville, 2 juillet
La barre était haute pour l'équipe de La Meute. Elle reprenait le siège sur lequel avait trôné pendant 20 ans Gilles Latulippe à la Maison des arts de Drummondville. Force est d'admettre que le capitaine André Robitaille et ses pairs ont relevé le défi haut la main en présentant Boeing Boeing, une « valeur sûre » du monde du théâtre, du 13 juin au 5 septembre. Si c'est à Bernard Fortin et Martin Héroux qu'on a confié les principaux rôles de l'oeuvre, Pauline Martin a eu tôt fait de voler la vedette. Elle en a impressionné plus d'un par la qualité de son jeu dans le rôle aussi physique que comique de Berthe, la femme de ménage. Yanick Poisson
Retour réussi pour Pierre Flynn
Pavillon des arts et de la culture de Coaticook, 13 novembre
Avant d'assister au spectacle de Pierre Flynn, j'étais loin d'être le plus grand fan de cet artiste. J'avais aimé certaines de ses chansons à une autre époque, mais sans plus. J'ai commencé à taper du pied et à bouger sur mon siège au son de ses chansons dès le début. Surprenant, parce qu'il a d'abord présenté ses nouvelles pièces. Je ne les connaissais pas, mais je les ai aimées instantanément. Preuve qu'un artiste talentueux qui revient après un silence de 14 ans, ça reste un artiste de talent. Jean-François Gagnon
<p>Bernard Adamus</p>
La nuit de Bernard Adamus
La nuit du pont couvert, Lingwick, 22 août
Stationner sa voiture dans le noir sur le bord d'un chemin à Lingwick. Suivre les indications d'un bénévole planté dans un champ. Marcher sous les arbres parsemés de guirlandes de lumières, échanger 15 $ pour une corde de laine rouge nouée autour du poignet, se rendre au pont couvert où sont installés un bar, une foule serrée, mais surtout une scène avec Bernard Adamus dessus. Show endiablé : pont à la solidité éprouvée! Après, feu de camp géant, nuit sous la tente ou retour à Sherbrooke sous les étoiles. Magique. Camille Dauphinais-Pelletier
<p>Saratoga</p>
Doux duo
Saratoga
La Petite Boîte Noire, 11 décembre
Il a suffi d'une chanson pour que le coup de coeur soit immédiat. La première fois que j'ai entendu Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse, le tendre duo formant Saratoga, j'ai été charmée par leurs voix qui s'entremêlent à merveille et leurs mélodies. C'était au Show Tardif - soirée animée par le collègue Dominic Tardif - et une ou deux chansons, ce n'était pas assez. Je me suis promis d'aller les voir dès que l'occasion se représenterait. En décembre dernier, j'étais donc du public venu les entendre à la Petite Boîte noire. Et le charme a opéré de nouveau. Depuis, leurs chansons tournent en boucle à la maison. Isabelle Pion
Hommage aux corps en mouvement
Ballet BC
Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, 27 janvier
L'année 2015 a bien commencé avec la performance de la plus grande compagnie de danse de la Colombie-Britannique, Ballet BC. Avec trois chorégraphies bien distinctes, mais tout aussi renversantes, le grand talent des 18 danseurs de la troupe fascine. Comme un hommage époustouflant aux corps en mouvement, la troupe a dansé l'étrange rituel tribal A.U.R.A. de l'Italien Jacopo Godani, Walking Mad du Suédois Johan Inger et la Petite Cérémonie loufoque et sophistiquée du Français Medhi Walerski. Coup droit au coeur lors de la finale de la Petite Cérémonie alors que l'ensemble des danseurs se déchaîne frénétiquement sur Les quatre saisons de Vivaldi. Un grand moment qui remplit le corps du spectateur d'émotions et le cloue sur sa chaise, les yeux ronds. Mélanie Noël
Piaf, le spectacle
Auditorium de la polyvalente Montignac de Lac-Mégantic, 5 novembre
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas assisté à un spectacle de calibre international. Le phénomène Édith Piaf se prêtait très bien à un spectacle de cette envergure. La voix pure et forte de la chanteuse française Anne Carrère, sa présence charismatique, la mise en scène qui rappelait des épisodes de la vie de la grande Piaf et l'émotion générée par l'interprétation de ses immenses succès ont créé en moi cette étincelle, cette magie, ce bonheur d'une soirée exceptionnellement réussie. Merci Anne Carrère, alias Édith Piaf. Ronald Martel
Les aiguilles et l'opium : du grand art et du génie
Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, 22 avril
La salle était pleine au bouchon. C'était un moment de théâtre rare et d'autant plus précieux qu'il n'y aurait qu'une seule représentation. J'avais peur que mes attentes élevées soient déçues. J'avais tout faux. La création de Robert Lepage, née une première fois il y a plus de 20 ans, n'avait pas pris une ride. C'était un moment d'exception. Il y avait ce décor en mouvement, fascinant d'ingéniosité. Il y avait Marc Labrèche au sommet de sa forme, dans le jeu dramatique autant que dans l'humour. Il y avait la finesse des trois histoires d'amours chagrines habilement enchâssées ensemble et cette scénographie aussi unique qu'impressionnante. Il y avait, enfin, la présence poétique de Wellesley Robertson III. Tout ça amalgamé ensemble créait un moment d'exception, une soirée à nulle autre pareille. Karine Tremblay
<p>Klô Pelgag</p>
La douce folie de Klô Pelgag
Théâtre Granada, 14 novembre
Klô Pelgag arbore un déguisement de squelette. Ses musiciennes sont vêtues de magnifiques robes de mariées et coiffées de casquettes des Expos. Son batteur se révèle un divertissant magicien plus près du nu que du vêtu. Sur scène, la douce folie de l'auteure-compositrice-interprète et ses acolytes s'affiche sous toutes ses flamboyantes coutures. En plus de nous servir sa poésie déjantée et touchante, Klô Pelgag se lance dans des monologues improvisés entre deux chansons. Rires garantis. Mais il faut avoir l'oreille aiguisée : les mots jaillissent de sa bouche aussi vite qu'une fusée supersonique. Puis, le tourbillon d'idées passé, elle entame une mélodie au piano. Les cordes et la batterie la rejoignent dans une musique quasi symphonique, et le public s'y rallie aussi, conquis. Sarah Saïdi