Lac-Mégantic sera l’hôte la semaine prochaine d’un concert classique d’une rare ampleur, soit l’interprétation de l’ « Oratorio de Noël » de Jean-Sébastien Bach par l’Ensemble Caprice et l’Ensemble vocal Arts-Québec, soit 38 musiciens et choristes sur la scène de la salle Montignac. Debout à la flûte, le chef de l’Ensemble Caprice, Matthias Maute.
Lac-Mégantic sera l’hôte la semaine prochaine d’un concert classique d’une rare ampleur, soit l’interprétation de l’ « Oratorio de Noël » de Jean-Sébastien Bach par l’Ensemble Caprice et l’Ensemble vocal Arts-Québec, soit 38 musiciens et choristes sur la scène de la salle Montignac. Debout à la flûte, le chef de l’Ensemble Caprice, Matthias Maute.

Noël au temps de Bach

Fêter Noël qui vient, cela peut signifier, pour certains, de communier avec le caractère sacré du moment. Ce que l’Ensemble Caprice de Montréal va offrir, en interprétant l’ « Oratorio de Noël » de Jean-Sébastien Bach.

L’Ensemble Caprice a un rayonnement international, ayant effectué plusieurs tournées sur presque tous les continents — seule l’Australie n’a pas encore reçu sa visite. L’ensemble a été créé il y a 30 ans par Matthias Maute, originaire d’Allemagne et arrivé au Québec il y a 20 ans. Codirecteur artistique avec sa compagne de vie, Sophie Larivière, il est également un chef d’orchestre et un flûtiste réputé, comme Mme Larivière d’ailleurs. Tous deux enseignent dans des écoles de musique de haut niveau.

« Caprice a donné 55 concerts en 2019, sur quatre continents. Nous voyageons beaucoup, notre ensemble est très actif. Notre mission, c’est de faire rayonner notre musique partout dans le monde », révèle M. Maute.

Et un oratorio, qu’est-ce que c’est? Dans sa plus simple expression, c’est une histoire racontée en musique classique. Une œuvre lyrique dramatique.

« C’est proche de la cantate et de l’opéra, mais en plus sobre, sans costumes, ni décors, livré par un orchestre, donc sans les artifices du théâtre. »

Cette forme musicale est née au XVIIe siècle, mais a été popularisée au XVIIIe, avec des œuvres très connues comme La passion selon saint Mathieu de J.S. Bach et Le Messie de Haendel. Bach n’a pas hésité d’ailleurs à se servir de la même musique pour des histoires religieuses et d’autres profanes. Même Paul McCartney a créé un oratorio, titré Oratorio de Liverpool, en 1991.

« Nous nous servons d’instruments de l’époque, adaptés au son que le compositeur souhaitait produire, soit des flûtes en bois, des hautbois avec moins de clés, des violons baroques, des archets plus courts. Pour les flûtes, le son est moins fort et axé sur l’articulation, donc la transmission des paroles », résume M. Maute.

Bach controversé

La feuille de route de l’Ensemble Caprice compte plusieurs pages prestigieuses, truffées d’innombrables participations à des festivals musicaux d’importance et de nombreuses nominations pour les meilleurs concerts de musique ancienne, baroque ou Renaissance, les meilleurs disques et spectacles, etc., tant à l’ADISQ qu’aux Prix Opus, mais aussi au Grand Prix de Montréal, etc.

L’Ensemble a même remporté un Prix Juno en 2009, pour son CD Gloria! Vivaldi et ses anges!, et trois Prix Opus du Conseil québécois de la musique. Le Prix Echo Klassik, en Allemagne, l’a également nommé, de même que le célèbre Gramophone Magazine, qui a encensé son CD Telemann et les gitans baroques. L’Ensemble Caprice a déjà 20 disques produits chez Analekta.

« L’Ensemble vocal Arts-Québec collabore avec l’Ensemble Caprice. Il fournit les solistes et le chœur, selon la situation, et il existe depuis 40 ans. Nous avons ensemble beaucoup d’expérience et de traditions. Je dirige les deux ensembles, comme directeur artistique. Ça facilite les choses. Sur scène, nous aurons 38 musiciens et chanteurs, en grande pompe », poursuit Matthias Maute, visiblement passionné.

« L’Oratorio de Noël est conçu pour six représentations sur six jours. Six cantates différentes qui parlent de la naissance de Jésus, du jour de l’An, jusqu’à la visite des rois mages. Nous allons en faire seulement quatre, pour un spectacle adapté de deux heures. »

« Bach est aujourd’hui plus connu qu’à l’époque où il était vivant, poursuit Mathias Maute. Il était moins populaire que Telemann. Mais son style était plus complexe, avec des harmonies qui ne pouvaient pas être chantées. Il était controversé et ne se faisait pas toujours des amis. Mais c’était un érudit de la composition, par sa richesse dans la musique. Il était moins aimé pour son manque de naturel. Mais sa musique fait parler plusieurs voix en même temps, alors que chez les autres compositeurs, c’était une seule à la fois. Bach a donc un discours plus complexe, mais on le comprend toujours quand même. Il a dépassé les limites de son temps. Trois cents ans plus tard, il nous touche toujours. »

Le tour des régions

M. Maute trouve important le passage de l’Ensemble Caprice à Lac-Mégantic.

« C’est un projet où le Comité culturel Mégantic et la Ville de Lac-Mégantic s’investissent avec nous. Pour cette troisième année de notre tournée chœur et orchestre au Québec, nous faisons le tour des régions, pas seulement les grandes villes, pour offrir aux gens du Québec une musique classique de grande ampleur. Nous voulons remettre aux citoyens du Québec la splendeur de cette musique. »

Le musicien aime beaucoup travailler à ce qu’il qualifie de grands projets avec sa conjointe Sophie. « Notre bureau est dans notre maison, alors nous passons beaucoup de temps à travailler sur l’Ensemble Caprice! »

Un nouveau CD est en préparation pour paraître en février, alors que débutera au même moment une nouvelle tournée en sol américain, avec un opéra de Vivaldi : Motezuma.

Vous voulez y aller?

L’Oratorio de Noël de J.-S. Bach
Ensemble Caprice et Ensemble vocal Arts-Québec
Vendredi 13 décembre, 20 h
Salle Montignac, Lac-Mégantic
Entrée : 37 $ (étudiants : 24 $)

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Marie-Michèle Desrosiers

D’autres Noëls...

Au Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS), le conte Casse-noisette sera présenté par la compagnie Les Avaleurs d’étoiles aux enfants de 3 à 7 ans ainsi qu’à leurs mamans et papas, le samedi 7 décembre à 10 h, par l’entremise du théâtre d’ombres et de marionnettes. L’entrée est de 9 $ pour les 12 ans et moins, de 13 $ pour les 13 ans et plus, mais il existe aussi un tarif famille (38 $ pour quatre billets). Plus d’information sur le site internet du MBAS.

Tout le monde aime se faire enchanter par des histoires de Noël, et c’est ce qu’offrira la Maison d’opéra et de concerts de Sherbrooke, qui a pu attraper la mère Noël au vol pour un après-midi de contes tout en musique. Un trio à cordes accompagnera en effet la lecture de la vénérable vieille dame, qui sera secondée par ses lutins. Exceptionnellement, le prix d’entrée sera le même pour tous les âges, soit 10 $. Rendez-vous le samedi 7 décembre à 15 h à l’église Plymouth Trinity. Auteure d’un des contes présentés, Anny Arseneault jouera le rôle de la mère Noël, alors que les lutins seront incarnés par des élèves de l’école Sacré-Cœur.

Envie de revivre les Noëls d’antan, à l’époque où l’on ne s’éclairait qu’à la bougie? Les traditionnels concerts Sous les chandelles offrent cette possibilité le samedi 7 décembre à 20 h à la cathédrale Saint-Michel. L’Ensemble Ambitus, composé d’Isabelle Bouchard et Caroline Laurent aux violons, Dillon Archer à l’alto et David Bouchard au violoncelle, a préparé un programme comportant notamment des Ave Maria, la suite pour orchestre du ballet Casse-noisette, l’Alléluia de Haendel, le Minuit, chrétiens, L’enfant au tambour, Greensleeves et le Concerto pour la nuit de Noël d’Arcangelo Corelli... Entrée : 30 $. 

Si vous vous dépêchez, peut-être aurez-vous la chance de mettre la main sur un des quelque 100 billets qui restent pour le spectacle Noël, une tradition en chansons, le vendredi 13 décembre à la salle Maurice-O’Bready. C’est dire que déjà 1400 personnes ont pris rendez-vous avec Brigitte Boisjoli, Marie-Michèle Desrosiers, Christian-Marc Gendron, Marie-Denise Pelletier, Nathalie Simard, Marie-Élaine Thibert et Yoan pour entendre les airs de Noël les plus connus. Vous êtes maintenant prévenus! Entrée : 57 $. Steve Bergeron