Accompagné de Robert « Merlin » St-Cyr (à gauche), leur ancien gérant qui a aussi repris du service pour les épauler dans ce retour, les membres de Morse Code Michel Vallée, Jean Ravel et Daniel Lemay sont prêts à redonner vie à cette formation québécoise mythique des années 1970. Après une prestation-test à Québec en janvier, le groupe lancera officiellement sa tournée L’héritage à Sherbrooke le 4 mars prochain.

Morse Code : un retour en guise d’hommage

Lorsque Michel Vallée a appelé son ex-collègue de Morse Code Christian Simard pour lui demander s’il souhaiterait faire revivre leur mythique formation des années 1970, il ne s’attendait pas à ce que son ami lui annonce que ses jours étaient comptés. Mais l’ancien claviériste et principal chanteur du groupe, emporté par un cancer du pancréas en décembre 2016, l’a tout de même encouragé à aller de l’avant avec ce projet, réclamé par plusieurs admirateurs.

Une quinzaine de mois après la disparition de Christian Simard, Morse Code, premier groupe de rock progressif francophone québécois, reprend donc du service avec un nouveau spectacle, L’héritage, dans lequel il fait un survol de ses plus grands succès en français et rend hommage à l’ami désormais absent. Michel Vallée (basse et chant), seul membre du noyau initial, a vite convaincu Daniel Lemay (guitare, flûte et chant), membre depuis 1975. Le frère de Christian, Gilles Simard, qui avait joint le groupe dans les années 1980 en tant que batteur, a aussi dit oui.

Mais impossible de débusquer un musicien capable d’assumer chant et claviers comme Christian Simard savait le faire. Après auditions, Morse Code a donc recruté Jean Ravel comme chanteur principal et Greg Beaudoin comme claviériste.

« Nous avons trouvé nos deux pièces manquantes. Même Daniel, qui est assez critique de nature, est resté bouche bée lorsqu’il a entendu Jean. Et avec Greg, quand on ferme les yeux, c’est comme si Christian jouait », commente Michel Vallée.

« Les plus gros souliers à chausser ont été pour Greg, poursuit Daniel Lemay. C’est déjà un claviériste hors pair, mais il a dû travailler fort, car Christian était capable de faire plein de choses en même temps », dit-il, précisant que Greg Beaudoin utilise six claviers différents pour recréer le son d’origine.

Chanteur polyvalent s’en il est, pilote du spectacle Rock Story depuis une douzaine d’années ayant déjà été interprète dans Starmania, La légende de Jimmy et Notre-Dame-de-Paris, Jean Ravel a découvert l’univers de Morse Code avec énormément de plaisir. « Je ne connaissais que quelques chansons, mais c’est en les apprenant que j’ai senti que ce projet m’appelait. On dirait presque qu’elles ont été écrites pour moi. Elles sont dans ma tonalité et les textes sont encore d’actualité même après 40 ans. J’y suis vraiment très à l’aise. »

Fièvre du français

Né à Québec, Morse Code Transmission a d’abord produit deux albums en anglais en 1971 et 1972, chez RCA. En 1975, après avoir signé un nouveau contrat avec Capitol, le groupe laisse tomber le Transmission et fait la transition vers le français, créant certaines de ses chansons les plus connues telles que Qu’est-ce que t’as compris?, La marche des hommes, Le pays d’or et La cérémonie de minuit.

« C’étaient les années de la fièvre du français : l’élection du Parti québécois, le succès de Beau Dommage et d’Harmonium... On voulait toucher les francophones. Le groupe s’est associé avec Chantal Dussault, qui s’est occupée des textes », raconte Daniel Lemay.

Après deux autres albums et une première séparation à la fin des années 1970, Morse Code se reforme dans les années 1980 et donnera des spectacles sporadiquement, jusqu’à l’ultime opus, D’un autre monde, paru en 1995.

« Même s’il n’a pas été un grand succès, nous aurons quelques chansons de ce disque sur scène, parce qu’il est quand même sur les étagères des véritables amateurs de Morse Code », souligne Michel Vallée.
Des prestations au Gesu de Montréal, à Terrebonne et à Québec sont prévues dans les prochains mois. Le groupe est également ouvert à la création de nouveau matériel. « Chantal Dussault est prête à réécrire pour nous et il y a aussi un documentaire en cours de réalisation », ajoute-t-il.