Composé de six artistes d'origine française, suisse, américaine et vietnamienne, l'original groupe folk franco-américain Moriarty sera mercredi soir en spectacle à la Place de la Cité. Au menu : des chansons tirées de ses disques et quelques nouveautés récemment composées.

Moriarty : du coeur et du folk

Après avoir joué au Boquébière puis au Théâtre Granada, le sextuor français Moriarty revient pour un quatrième spectacle à Sherbrooke, cette fois dans le cadre des Concerts de la Cité.
«On aime beaucoup votre coin de pays. Il y a quelque chose qui nous attire ici. Peut-être parce qu'on a tous été élevés dans une maison bilingue, on retrouve au Québec quelque chose qui nous rappelle notre enfance, cette espèce d'aisance dans plusieurs langues et dans plusieurs cultures. C'est toujours une joie d'y revenir», exprime l'harmoniciste Thomas Puéchavy.
Le groupe folk franco-américain profitera de son passage dans le coin pour aller faire saucette en studio, à Montréal. Avec le réalisateur Jean Massicotte, il enregistrera deux nouvelles chansons.
«Avec la crise que traverse l'industrie du disque, on ne sait pas encore sous quelle forme on les rendra disponibles, mais on a composé plusieurs nouveaux morceaux dernièrement, précise Thomas. On jouera d'ailleurs certains d'entre eux à Sherbrooke. Et on pigera dans le reste de notre répertoire. Ça fera un beau mélange d'histoires avec du sang, de la sueur, des larmes, un coup de poing au plexus.»
Tout ceci au sens figuré, évidemment. Une façon d'imager qu'un spectacle de Moriarty est en soi un voyage. Parce qu'il y a ce parfum d'Americana qui teinte les chansons. Parce qu'il y a l'harmonica, la contrebasse, la guitare et les percussions qui, joués d'inventive façon, transportent à tout coup le mélomane.
«Et parce qu'il y a la voix de Rosemary qui touche au coeur, qui prend aux tripes», mentionne Thomas.
L'émotion et le ressenti sont d'ailleurs l'épicentre de la musique signée Moriarty qui, à ses débuts, en France, dans les années 1990, reprenait des chansons issues du répertoire rock et blues.
«On allait d'instinct vers la musique qui nous touchait, nous faisait pleurer. On a cependant réalisé assez rapidement qu'on n'était pas un très bon groupe de reprises. Il faut beaucoup de connaissances techniques et musicales pour reprendre des chansons connues. Et ce n'était pas notre cas. On a donc, naturellement, bifurqué vers la composition, en mettant de l'avant notre façon particulière d'envisager la musique. Autant dans les textes que dans la sonorité, on ne voulait pas refaire ce qui avait déjà été fait. On voulait trouver notre voix. Et la faire entendre.»
Le pari était bon. L'originale musique de Moriarty a fait mouche, le groupe a tourné un peu partout sur le globe. Après plusieurs années à avancer dans son sillon folk teinté de musiques du monde, la formation a osé un retour à ses premières amours. Fugitives, son plus récent disque, est tissé de reprises.
«Ce sont des morceaux qu'on jouait depuis longtemps sur scène. On avait le sentiment de les avoir faits nôtres, d'y avoir suffisamment mis notre touche pour les endisquer sans répéter ce que d'autres avaient fait avant nous.»
Moriarty parce que...
«On a choisi ce nom de groupe en référence au personnage de Dean Moriarty, du roman Sur la route, de Jack Kerouac. Quand on était plus jeunes, on s'échangeait des livres, on partageait nos coups de coeur littéraires. Et le roman de Kerouac nous avait tous marqués. Probablement parce que c'est un livre initiatique. Il évoque la découverte de la liberté et de la route dans l'Amérique un peu fantasmée des années 50, avec ce que ça veut dire de violence, de dureté. C'est quelque chose qui nous parlait, qui trouvait un écho en nous, d'autant plus qu'on a de la famille aux États-Unis. C'est un endroit qu'on a visité, où on a des racines. Alors Moriarty, ça allait de soi.»
VOUS VOULEZ Y ALLER?
Moriarty, Place de la Cité, Mercredi soir, 20h. En cas de pluie, le spectacle aura lieu au Théâtre Granada.