Les comédiens originaires de Sherbrooke Bernard Fortin et Hugo Dubé ont joué les fils de Monique Mercure dans Providence, un téléroman écrit par l'Estrienne Chantal Cadieux
Les comédiens originaires de Sherbrooke Bernard Fortin et Hugo Dubé ont joué les fils de Monique Mercure dans Providence, un téléroman écrit par l'Estrienne Chantal Cadieux

Monique Mercure, une femme généreuse et entière

L’autrice et scénariste Chantal Cadieux et le comédien Hugo Dubé ont côtoyé Monique Mercure pendant sept ans, une période pendant laquelle ils ont pu engranger de beaux souvenirs qui refont surface à l’annonce de son décès dimanche, à 89 ans.

Pour Chantal Cadieux, l’autrice derrière les téléromans Providence et Mémoire vive dans lesquels Monique Mercure a tenu des rôles d’importance, c’est un morceau de taille qui vient de quitter. Elle aura côtoyé Monique Mercure dans les dernières années de sa carrière.

« C’était une personne avec énormément d’expérience et qui était très encourageante. Elle aimait travailler avec les auteurs et les autrices. C’était alors un privilège de travailler avec une personne comme elle. Une crédibilité immense », souligne cette dernière en notant qu’elle a pris confiance auprès de Monique Mercure qui l’a aidée à s’améliorer pour avancer.

Parfois, Monique Mercure confiait à l’autrice qu’elle n’arrivait pas à apprendre une partie de son texte, car ça ne lui rentrait pas dans la tête. Chantal Cadieux lui proposait de modifier certaines lignes, mais elle s’entêtait à lui dire de ne rien changer.

« Non, tu l’as écrit comme ça. Tu as pensé et réfléchi à tout ça. Je vais l’apprendre, laisse-moi un peu de temps », imite Chantal Cadieux lorsqu’elle discutait avec la comédienne.

L’acteur Hugo Dubé, qui jouait le rôle de son fils dans Providence, considère quant à lui Monique Mercure comme une grande pionnière, au  même titre que Denise Filiatrault ou Lise Payette.

« Avant de côtoyer cette grande dame, je savais déjà que c’était une personne avec tout un pedigree au niveau de ce qu’elle était comme actrice, comme humaine et comme symbole », raconte Hugo Dubé.

Sa rigueur, un exemple pour tout le monde

« Les comédiens et les comédiennes étaient toujours meilleurs lorsqu’ils jouaient avec elle, car ils ressentaient tous une certaine pression d’être bons et à la hauteur », ajoute à la blague Chantal Cadieux à propos du CV impressionnant de Monique Mercure.

Chantal Cadieux et Hugo Dubé se rappellent la comédienne comme une personne avec beaucoup de rigueur, mais aussi un sens de l’humour extraordinaire.

« C’était une femme d’une grande rigueur, et c’est ce qui me plaisait beaucoup. Une personne qui n’avait pas de temps à perdre avec la médiocrité. C’est le genre d’humain qui me plaît. Si tu étais bien préparé, et si tu ajoutais ou contribuais à l’amélioration des choses, c’était quelqu’un qui devenait d’une très grande générosité », souligne Hugo Dubé à propos de la comédienne.

Elle était toujours prête et bien préparée au moment du tournage. Pour l’autrice et scénariste Chantal Cadieux, c’était un bel exemple pour les plus jeunes. «Certains acteurs se disent qu’ils n’ont pas besoin d’apprendre les textes puisqu’ils les diront dans leurs propres mots, mais ce n’est pas possible à la télévision.»

Monique Mercure était une passionnée de son métier et elle s’est donnée, témoignent  Hugo Dubé et Chantal Cadieux. Outre sa rigueur, la comédienne était une personne qui aimait la vie.

« Un sens de l’humour extraordinaire. Elle avait aussi un rire assez éclatant; je dirais que c’était comme une finale d’un feu d’artifice », souligne Hugo Dubé.

La confiance de Monique Mercure

« Ce n’est pas une personne qui s’ouvrait beaucoup, mais quand elle avait confiance c’était une personne entière, globale et totale. En même temps, elle avait une certaine délicatesse. Une certaine fragilité de béton. Ce sont les mots qui me viennent à l’esprit », conclut le comédien Hugo Dubé.

Malgré sa notoriété, son talent et son parcours, Monique Mercure était une femme impliquée. Chantal Cadieux estime qu’elle ne connaît pas encore la nature de toutes ses implications. Mais elle peut dire que c’était une femme généreuse qui voulait, encore aujourd’hui, léguer tout ce qu’elle savait.

« C’était quelqu’un de très proche et familier. En même temps, elle avait cette distance. Monique, on ne pouvait pas l’embrasser. Elle n’aimait pas ça. Souvent, elle voulait qu’on lui demande. Mais quand elle décidait qu’elle nous aimait, on ne sortait plus après de sa vie. Bref, c’était valorisant d’être choisie par une femme comme elle », mentionne Chantal Cadieux, choyée d’avoir côtoyé cette grande dame.