Le film allemand <em>Cleo </em>d'Erik Schmitt sera présenté en première canadienne au FCMS. 
Le film allemand <em>Cleo </em>d'Erik Schmitt sera présenté en première canadienne au FCMS. 

Moins d'une semaine avant le FCMS : les bons côtés du numérique

Le Festival cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS), dans sa nouvelle formule virtuelle, commence jeudi midi. Le virage numérique a demandé une grande adaptation, certes, mais l’équipe est fière de la programmation offerte.

« La veille du confinement, en mars, on a donné la conférence de presse pour annoncer la programmation qu’on avait préparée pendant un an », avance Catherine Viau, directrice de la programmation.

Mme Viau avait profité de l’occasion pour parler de l’importance de se réunir et d’être ensemble. « Le lendemain, on apprend que c’est chacun chez soi. J’étais vraiment dans le champ! » rigole-t-elle en y repensant.

« Au début, ça me faisait bien de la peine de devoir annuler. Toute l’équipe avait tellement travaillé fort! Mais quand Malika Bajjaje, directrice du FCMS, a eu l’idée de se revirer de bord et d’envisager le virage numérique, je me suis dit que cette crise serait une occasion de réfléchir à comment on peut conserver notre mission tout en amenant l’expérience et la réflexion plus loin », explique Mme Viau.

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De 100 à 10 films

Normalement, 100 films de différents horizons sont présentés au FCMS. Évidemment, en présenter autant sur le Web était impossible. Catherine Viau a donc dû diminuer sa sélection à seulement dix œuvres cinématographiques.

« Habituellement, pour faire la sélection, je visionne des centaines de films, j’en choisis 100, et je les chéris comme mes petits bébés », avoue la directrice de la programmation, qui a dû faire le deuil de tous ces films.

La sélection finale a été une tâche assez ardue.


« J’ai essayé de choisir des œuvres ayant une diversité de regard, qui amènent à réfléchir et qui permettent de poursuivre la conversation, avec les autres ou avec soi-même. »
Catherine Viau, directrice de la programmation

Plusieurs films reflètent des problématiques actuelles, comme les violences sexuelles et la brutalité policière (Les jeunes filles de Meru), les enjeux des mouvements de population (Paris Stalingrad) ou encore le droit des femmes autochtones (Nin E Tepueian – Mon cri).

Catherine Viau voulait également accorder la même importance aux longs métrages de fiction qu’aux documentaires. Le public est normalement plus attiré par les œuvres de fiction, mais c’est important d’amener les spectateurs ailleurs, ce que la télévision et les plateformes que l’on consomme tous les jours ne font pas nécessairement, croit-elle.

Le film d'animation pour enfants <em>Le Voyage du prince de </em>Jean-François Laguionie et Xavier Picard fait partie de la programmation jeunesse.

Les avantages du numérique

Outre les dix films présentés, le FCMS offre également quelques compléments numériques pour amener la pensée des cinéphiles plus loin, comme la conférence « L’importance de se raconter » et le Ciné-Moi virtuel sur le film Wild de Jean-Marc Vallée.

Évidemment, regarder un film seul à la maison ou bien dans une salle de cinéma entouré d’autres spectateurs sont deux expériences complètement différentes. Le Web a tout de même ses avantages. Ce que Mme Viau trouve intéressant avec le numérique, c’est la possibilité d’accompagner chaque film avec des activités de réflexion.

« Cette crise-là nous aura fait grandir dans la réflexion autour des films, pense Mme Viau. Si on peut développer ce volet davantage dans l’avenir, on aura amélioré l’ensemble de notre offre. »

En plus, le Web permet d’atteindre un auditoire qui n’aurait pas nécessairement eu les moyens d’assister au vrai festival.

« À partir du moment où on a essayé et appris de nouvelles choses, je pense que c’est un succès », conclut la directrice de la programmation.

Pour consulter la programmation : fcms.ca/programmation-en-ligne/