Michèle Plomer remporte le Prix littéraire France-Québec

Quelconque samedi d'automne, il y a deux semaines. Michèle Plomer noircissait du papier, au sous-sol de son domicile magogois, quand la sonnerie du téléphone l'a interrompue. «Mon interlocutrice parlait avec l'accent français. Comme mon conjoint est d'origine française, je croyais que je parlais à sa soeur ou sa tante. Jusqu'à ce que la dame prononce le nom du Prix littéraire France-Québec et que je réalise l'ampleur du coup de fil...»
Il ne s'agissait pas d'une parente par alliance mais bien d'une représentante de l'Association France-Québec, qui contactait l'écrivaine outremer pour lui annoncer qu'elle était la lauréate du prix annuel pour son deuxième roman, HKPQ. Soudainement, le banal samedi était devenu un jour de fête.
En raison du climat social tendu en France, l'annonce officielle en a été retardée jusqu'à lundi.
Assorti d'une bourse de 5000 euros, ce prix, qui vise à aider à la diffusion et à la connaissance en France des romans publiés au Québec, est attribué à la suite du vote d'un comité de 500 lecteurs, qui ont à choisir entre trois finalistes sélectionnés par un jury. Paru en février 2009 aux éditions Marchand de feuilles, HKPQ était en lice aux côtés de Maléficium, de Martine Desjardins, et du Rôdeur de la Paramount, de Pierre Fortin.
«Tous les prix sont agréables à recevoir, mais les prix du public sont particulièrement flatteurs. Je suis tellement choyée et tellement reconnaissante de tout ce qui m'arrive», confiait hier celle, qui enseigne l'anglais en Chine quelques mois par année.
Dans ce conte coloré, elle raconte d'ailleurs les aventures d'une jeune Québécoise qui déboule à Hong Kong pour le travail mais aussi pour gommer les souvenirs d'une relation conjugale malsaine, et qui se retrouve malgré elle mêlée à une sordide histoire de trafic poissonnier.