Le comédien et metteur en scène Matieu Gaumond est établi dans la région depuis trois ans. Homme de théâtre passionné, il travaille à la mise en lecture de différents textes au Centre d’interprétation de l’ardoise. La prochaine lecture théâtrale aura lieu le 17 août.

Matieu Gaumond : l’art dramatique tatoué sur le cœur

L’homme aux multiples réalisations est actuellement directeur artistique au Centre d’interprétation de l’ardoise de Richmond (CIA). « Je choisis les pièces qui seront présentées aux lectures théâtrales de l’ardoisier. Je choisis également les comédiens qui vont véhiculer le message de l’auteur. Naturellement, je fais des choix très personnels selon mes goûts. »

M. Gaumond est arrivé depuis trois ans dans la région. « Je suis venu en Estrie pour ma retraite, car j’ai beaucoup d’amis ici. J’ai eu envie de créer un théâtre et le président du Centre, Pierre Bail, a aimé l’idée. Nous avons décidé de créer des représentations au Musée de l’ardoise. C’est un projet qui a toujours grandi. On a un public qui aime voir des pièces de théâtre », souligne-t-il.

Matieu Gaumond a joué à plusieurs endroits, à travers le pays et de l’autre côté de l’Atlantique. « La pièce Comédie policière m’a marqué. C’était tellement merveilleux, car le comédien principal interprétait sept personnages qui visitaient un seul personnage féminin. Les gens devaient trouver le meurtrier. » Il a également mis en scène des pièces au Théâtre du Trident à Québec.

En plus de donner le cours d’interprétation au Conservatoire d’art dramatique de Québec pendant 26 ans, il a également étudié à ce même endroit de 1970 à 1973. Il a d’ailleurs remporté le prix Jean Valcourt qui lui a permis de voyager pendant un an et d’étudier dans différents théâtres européens. Il s’est notamment rendu en Italie, en France, en Belgique et en Grèce. « Enseigner à cette école prestigieuse représente une finalité. Je suis passé par cette école. J’ai toujours eu le goût de diriger des comédiens, même si j’ai fait un cours pour en devenir un. Par contre, j’ai tout de suite eu le goût de la mise en scène. J’aime tellement les acteurs. Je veux les soutenir », souligne-t-il.

Le Conservatoire d’art dramatique de Québec lui a apporté beaucoup en tant qu’enseignant. « C’est très nourrissant d’être avec des gens qui ont déjà un talent certain. On peut faire grandir leur confiance et les amener à se dépasser en leur proposant des personnages très forts qui les surprennent au départ. C’est une grande satisfaction d’avoir accompagné plusieurs comédiens pendant leur parcours. »

L’appel de la mise en scène

Le travail de metteur en scène n’a pas de secrets pour l’artiste. « J’ai toujours su que je voulais faire ce métier. Je regardais la télévision quand j’étais plus jeune et je disais aux comédiens quoi faire à travers l’écran. Je leur donnais déjà des indications. J’étais attiré par le jeu des comédiens. J’ai toujours su que je ferais ce métier. » Il est important pour l’homme de soutenir les comédiens. « C’est primordial d’accompagner les acteurs. Ils ont tellement besoin d’une direction. Ils doivent vivre entièrement la situation dramatique. »

M. Gaumond a également fondé le Théâtre du Café Rimbaud et le Théâtre en feuilles. « Je voulais exploiter le plus possible mon désir de faire de la mise en scène. J’ai créé des théâtres qui ont très bien fonctionné. On n’est parti de rien avec le Théâtre du Café Rimbaud et ç’a fait boule de neige. »

Selon M. Gaumond, le soutien des différents paliers administratifs comme les MRC est primordial pour la survie de l’art et de la culture. « On a besoin de soutien pour assurer une pérennité culturelle en région. C’est ce qu’il y a de plus vivant. Il est important de retrouver de la culture partout. C’est nécessaire de développer un théâtre de grande qualité en région. »

Matieu Gaumond est très fier du travail accompli au Centre depuis son arrivée. « Les gens ont bien accueilli cette nouvelle proposition. Le bouche-à-oreille se fait de plus en plus. C’est drôle à dire, mais c’est comme si j’avais créé un besoin. Les gens ont besoin de culture. Ils reviennent et plusieurs personnes s’ajoutent de semaine en semaine », mentionne-t-il.

Jusqu’à maintenant, M. Gaumond a participé à une dizaine de mises en lecture. « J’ai comme objectif de continuer les lectures au Centre. J’aimerais développer des tournées. Je trouve que le Musée de l’ardoise est important. Il faut qu’il soit connu et reconnu. »

Le Centre d’interprétation de l’ardoise présentera le 17 août prochain la pièce Zoo Story d’Edward Albee. Les comédiens Alexis Gaumond et Richard Letendre porteront le texte sur scène.